‹ Pierre Simple (volume 2)Chapitre 53 sur 250 · CHAPITRE XXXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVI

— Souhaiter un petit bonjour, et savoir comment on va.

— iVlors , répliqua-t-il , je vous dirai que nous allons tous fort bien ; mais n'êtes-vous pas honteux, révérend Mac Grath , de venir chercher ici à m' enlever mes pratiques, quand vous savez que c'est moi qui confesse toute la maison ?

— Oh! n'ayez pas peur; je voulais simplement savoir de quoi la dame était accouchée.

— D'un enfant, parbleu !

— En vérité? Grand merci delà communication j mais, je vous prie, de quoi est accouchée Marie Sullivan ?

— D'un enfant aussi ; et maintenant que vous savez tout, bien le bonsoir, révérend Mac Grath. Sur ce, le vilain brutal m'a jeté la porte au nez.

— Qui donc a volé un cheval? lui criai-je; mais il ne m'entendit pas, ce qui est dommage.

Vous voyez, mon cher garçon, que j'ai du moins découvert quelque chose, si je n'ai jîu découvrir tout ce que je désirais, et je prouverai au révérend O'Toole qu'il n'est pas de force à lutter avec le révérend Mac Grath. Mais ce que je découvrirai encore ne pourra vous être transmis que dans une autre lettre , car il ne m'est pas possible de vous le dire dans la présente, l.ps pommes-dc-terre s'annoncent bien ; mais, le savez-vous? il ne pousse pas d'habits sur les arbres dans notre vieille h'iande , et si la moitié d'un trimestre de votre paie , ou quelque argent de vos

parts de prises pouvait venir jusqu'ici , la somme ne contribuerait pas peu à rendre plus respectable l'air de la famille. Ma soutane devient trop modeste pour un curé de paroisse ; non que je m'en chagrine beaucoup, mais le révérend O'Toole, l'animal , en avait une toute neuve sur le dos; non que je croie qu'il l'ait honnêtement gagnée , comme moi la mienne, mais , peu importe comment on se la procure , une robe neuve a toujours meilleure mine qu'une vieille, sans contredit. — Voilà tout ce que vous apprendrez, pour le moment, de votre sincère ami et pieux confesseur. Urtagii Mac Grath.

— Vous voyez à présent, Pierre , me dit O'Brien quand j'eus achevé de lire la lettre, que j'avais raison de soupçonner votre oncle d'être passé en h^lande avec de mauvais desseins. Les enfants, sont-ils deux p-arcons ou deux filles ? ou bien celui de votre oncle est-il un garçon et l'autre une fille? on ne peut le savoir pour le moment. Si un échange a été nécessaire, il est fait, soyez-en sûr; mais j'écrirai encore au révérend Mac Grath, et j'insisterai pour qu'à tout prix il découvre la vérité. Avez-vous une letti'c de votre père?

— Malheureusement non. J'en aurais désiré une de lui, car il n'eût pas manqué de me mettre au courant.

— Bah! oubliez cette affaire, il ne servirait;! rien d'y rêver. De retour en Angleterre, nous aviserons au meilleur parti à prendre ; d'ici là , remeitons-

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