‹ Pierre Simple (volume 2)Chapitre 63 sur 250 · CHAPITRE XXXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIII

— Bien, bien, si le temps devient pire

■ — 11 est impossible qu'il le devienne, interrompit O'Brien. Le vent ne peut souffler plus fort.

— En vérité ? Eh bien , alors, répliqua le capitaine, vous m'avertirez quand il se calmera.

Une autre circonstance du même genre arriva pendant le quart de diane. M. Phillolt descendit et annonça à M. Horton que plusieurs bâtiments du convoi étaient liois de vue à l'arriére. — Faut-il , pour les attendre, courir quelques bordées, capitaine ?

— Oh non, répondit-il , cette manœuvre serait si fatigante ! Seulement prévenez-moi si vous perdez de vue d'autres bâtiments.

Quel({ue temps s'écoula , et le premier lieutenant revint lui annoncer qu'ils étaient tous hors de vue.

— Fort bien. Alors , dés que vous les reverrez, vous viendrez me le dire.

Il n'était pas très probable qu'on les revît, car nous filions douze nœuds à l'heure , et nous nous éloignions du convoi avec toute la vitesse possible ; mais le eapitaine ne bougea que quand il crut qu^il était temps de quitter son hamac pour déjeuner. Aussi, ne revimes-nouspas un des bâtiments que nous avions ordre d'escorter ; mais, courant toujours vent arrière, nous jetâmes l'ancie, au bout d'une t(uinzaine, dans la rade de Plymouth. Avant même que les voiles ne fussent carguées, on fit la paie de la fn'gate , et on nous annonça qu'il y aurait un re-

nouvellement intégral dans le personnel de ses officiers. Dés lors , chacun eut à se pourvoir. Je reçus bientôt de mon père , une lettre où il me félicitait de la manière honorable dont le capitaine Kearney m'avait nommé dans ses dépêches, et m'engageait à me rendre le plus tôt possible près de lui. L'amiral du port consentit à m'inscrire sur le rôle du vaisseau de garde , pour que mon temps ne cessât point de courir , et m'accorda en outre deux mois de congé. Je fis donc mes adieux à mes camarades, je serrai la main dO'Brien, qui se proposait de faire un voyage en Irlande avant de demander du service dans un autre vaisseau, et, ma paie dans ma poche, je montai dans la diligence qui devait me conduire vers mes parents. Trois jours après, je me retrouvai dans les bras de ma mère chérie, et l'accueil que me fit mon père ne fut pas moins chaud que celui des autres membres de ma famille. Maintenant que me voilà rentré sous le toit paternel, il faut que j'instruise le lecteur des événements qui avaient eu lieu pendant mon absence. Ma sœur ainée, Lucie, avait épousé un oflicier de l'armée , un certain capitaine Fielding ; le régiment de son mari venant à être envoyé aux Indes , elle l'y avait accompagnée , et peu avant mon retour on avait reçu d'eux une lettre où ils annonçaient leur heureuse arrivée à Ceylan. iSla seconde sœur Marie , qui était fort belle et qui comptait de nombreux admirateurs, mais qui avait eu depuis son enfance une santé extrêmement déli-

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