‹ Pierre Simple (volume 2)Chapitre 8 sur 250 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

mcliorer l'atmosphère. La chaleur , par la même raison , était horrible , et les dames ne pouvaient cesser une minute de se bouchonner la figure. Aussi, recommanderai-je un bal de dignité à tout fashionable corpulent cpii désireivi it perdre trente ou qiialante livres de graisse. On annonça le souper sur ces entrefaites, et comme j avais eu Thonneur de danser la dernière contredanse avec miss Minerve, naturellement j eus le plaisir de lui donner le bras pour la menei' à table. Mon destin voulut que je me trouvasse placé en face d'un superbe dindon , et je demandai à ma voisine si elle me permettrait de lui servir un morceau de l'estomac. Elle me regarda avec indignation , puis : — Maudite soit votre impudence, monsieur! s'écria-t-elle, où donc avez-vous pris vos manières? J'accepterai , s'il vous plait, un peu du sein de ce dindon, monsieur; mais pai'ler d'estomac à une dame, monsieur, c'est réellement horrible ! Je commis deux ou trois autres monstrueuses bêtises avant la fin du souper : mais je dois dire que de ma vie je n'avais assisté à plus beau festin. Quand l'appétit des convives fut rassasié: — Silence, messieuis et mesdames ! s'écria M. Apollon Johnson, je vais, avec la permission de notre aimable hôtesse, proposer un toast Messieurs et mesdames, vous le savez tous, ou si vous ne le savez pas, je vous l'apprendrai : il n'est rien au monde qui se puisse comparer à la liarbade. Que tout le monde combatte contre 1 Angleterre, T Anglefeiic ne (lem-

blera jamais, non ! jamais le roi George ne tremblera tantquelalîarbade leur restera fidèle. Le Barbadien versera pour le roi George jusquii la dernière goutte de son sang. Jamais on n'a vu fuir le Barbadien; et vous savez tous comment ces Français de Sr^inie- Lucie abandonnèrent Morne-Fortuné , quand ils apprirent que les Barbadiens marchaient comme volontaires contre lui. J'espère n'offenser personne de l'aimable société ici présente , mais je suis fâché de dire que les Anglais deviennent trop jaloux des Barbadiens. Les Barbadiens, messieurs et mesdames, n'ont qu'un seul défaut, celui d'être réellement trop braves. Je propose de boire à l'île de la Barbade. D'universelles acclamations suivirent ce discours vraiment modeste , et le toast fut porté avec enthousiasme ; les dames étaient enchantées de l'éloquence de M. Apollon et de l'ascendant qu'il avait su prendre sur la compagnie.

0 Brien se leva alors, et adressa aux convives l'allocution suivant : —

Mesdames et messieurs, M. Apollon a mieux parlé qu'aucun des plus savants perroquets que j'aie jamais entendus dans ce pays ; mais comme il n'a jugé convenable que de boire en bloc à l'île de la Barbade, je veux préciser un peu plus que lui. Je souhaite avec lui la meilleure santé à l'île ; mais il y a un charme sans lequel l'île serait un désert, et ce charme, c'est la société des charmantes filles qui jious en tourent et qui prennent nos cœurs d'assaut.... Ici

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