‹ Pierre Simple (volume 3)Chapitre 109 sur 219 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

— Oui , monsieur, répondit le contre-maitre qui grimpa immédiatement aux agrès.

— Et vous , M. Simple , veillez à ce que les matelots efFacent les taches du ffaillard d'arrière.

— Oui, monsieur, répondis-je; et notre conversation fut ainsi interrompue.

Le temps changea pendant la nuit, et nous eûmes, six ou sept jours de suite , des pluies et des vents défavorables qui ne permirent pas d'achever le reste de 1 histoire du contre-maitre. Nous rejoignîmes la flotte à la hauteur de Toulon , nous accostâmes le vaisseau de l'amiral , et notre capitaine alla à bord lui présenter ses respects. Quand il revint , nous apprîmes, par l'intermédiaire du premier lieutenant, que nous resterions avec la flotte jusqu'à l'arrivée d'une autre frégate qui était attendue sous une quinzaine , et qu'alors l'amiral avait promis de nous envoyer en croisière. Deux jours après avoir rejoint, nous eûmes l'ordre de faire partie de l'escadre qui surveillait la côte , et qui se composait de deux vais- Seaux de ligne et de quatre frégates. La flotte française avait coutume de sortir de la rade et de manœuvrer à portée des batteries du rivage ; ou si elle s'éloignait davantage, elle prenait grand soin d'avoir un vent favorable pour rentrer dans le port. Nous étions demeurés prés de la côte environ une semaine, nous approchant chaque jour de la rade, y comptant la flotte française pour voir si aucun navire ne s'en était détaché, et le faisant savoir à l'amiral au moyen

fi'uu signal, loisquiin beau matin nous vîmes la totalité des vaisseaux français hisser leurs voiles de perroquet , lever lancre en moins dune heure et sortir du port. jSous étions jour et nuit préparés au combat , et même souvent , nous échangions un ou deux boulets avec les batteries quand nous allions en reconnaissance ; mais l'escadre d'observation ne pouvait évidemment lutter avec toute la flotte française, car la nôtre était à une douzaine de milles au large. Néanmoins , le capitaine du vaisseau de ligne qui nous commandait mit en panne , comme par défi, dans l'espoir d'attirer l'ennemi plus avant. Ce n'était pas facile à faire , car les Français ne se dissimulaient pas qu'une bouffée de vent pouvait les mettre dans l'impossibilité de refuser une action, et autant nous désirions en venir là , autant ils cherchaient à l'éviter. Quand je dis nous , je parle des Anglais, et non de moi-même, car je dois en convenir, je ne souhaitais nullement qu'on se l)attit. Je n'avais pas précisément peur, mais j éprouvais , au bruit du canon , une sensation désagréable que je n'avais pas encore pu vaincre. Cependant , quatre frégates françaises firent voile vers nous, et arrivées à une distance de quatre milles , jetèrent l'ancre. Trois ou quatre vaisseaux de ligne les avaient suivies comme pour les soutenir. N importe ! notre capitaine demanda par un signal la permission, qui lui fut accordée , d envoyer à la rencontre de l'ennemi , le Diomède et une autre frégate : toutes nos

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