‹ Pierre Simple (volume 3)Chapitre 12 sur 219 · CHAPITRE ÎII · texte numérisé non relu

CHAPITRE ÎII

J'apprends aux Poteaux-Bleus des choses qui me font pâlir. — Je n'ai autour de moi que des cerveaux brûlés, et bientôt mon propre cerreau s'échauffe ; il finit par s'échauffer au point que j'en perds la raison. — Je vais présenter mes respects à mon capitaine, et je m'aperçois que j'avais eu le plaisir de le rencontrer déjà. — ■ On ne sort pas plus tôt d'une ornière qu'on en trouve une autre devant soi.

Quand nous arrivâmes, je demandai au conducteur quelle était la meilleure auberge. Il me répondit que c'était celle des Poteaux-Bleus, où les aspirants de marine laissaient leurs malles, prenaient leur thé, portaient leurs toasts , et oubliaient quelquefois de payer leurs dépenses. Comme il riait en me parlant ainsi, je crus qu'il plaisantait avec moi, mais il me montra deux grands poteaux bleus à la porte d'après le bureau de la diligence, et me répéta que tous les aspirants fréquentaient cet hôtel. Il me pria alors de ne pas oublier le conducteur, phrase dont j'avais fini par découvrir que le véritable sens était de ne pas oublier de lui donner un schelling. Je le lui don-

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