‹ Pierre Simple (volume 3)Chapitre 17 sur 219 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

question est bien simple : voulez-vous ou ne voulezvous pas vous battre ?

— L'affaire ne peut-elle s'arranger autrement? interrompit un autre. M. Vert-bouteille ne se rétractera-t-il pas?

— ]\Ion nom est Simple , monsieur, et non Vertbouteille , rëpondis-je à l'interrupteur. Maintenant, comme il a été dit un mensonge, je ne veux pas me rétracter.

— Alors, que les choses aillent leur train ! dit mon adversaire. Robinson , vous me ferez le plaisir d'être mon témoin.

— C'est assez désagréable, répliqua celui-ci , vous êtes si bon tireur ; mais , puisque vous m'en priez , je ne vous refuserai pas. M. Simple n"a, je crois, aucun ami parmi nous.

— Si fait, il y en a un, dit un autre aspirant. Cest un garçon chatouilleux, et je lui servirai de second.

Il fut alors convenu que nous nous battrions au pistolet le matin suivant. Je pensai, officier et gentilhomme que j'étais, ne pouvoir refuser sans honte, mais je fus bien malheureux. Il n'y avait pas trois jours que j'étais devenu mon maître, et après m'être déjà grisé , j'allais maintenant me battre en duel. Je montai à ma chambre , j'écrivis à ma mère une longue lettre où j'enfermai une boucle de mes cheveux, je versai quelques larmes à l'idée du chagrin, de l'immense chagrin qu'elle éprouverait si j'étais

tué , et empruntant du garçon une Bible, je la lus pendant le reste du jour.

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