‹ Pierre Simple (volume 3)Chapitre 194 sur 219 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

il avait de bonnes raisons pour désirer ne pas se brouiller avec le capitaine, il consentit sur-lechamp. Nous nous rencontrâmes tandis qu'il allait faire Tautopsie de l'animal , et je le mis dans le secret. — Bien , bien , rëpliqua-t-il , c'est encore un pas vers Taccomplissement de nos désirs. Le docteur retourna auprès du capitaine et lui déclara que sans aucun doute , le cochon avait la gale , maladie qui était fort fréquente à bord des vaisseaux , surtout dans les contrées chaudes où tous le^ cochons devenaient galeux, puissante raison pour qu'ils y fussent si malsains. Le capitaine manda le premier lieutenant, et avec un profond soupir, le pria de faire jeter le cochon à la mer; mais le premier lieutenant, qui savait par O'Brien le mot de l'énigme , commanda au sous-maitre d'équipage d'exécuter l'ordre du capitaine comme il devait le faire. — Oui, oui, monsieur, répliqua l'homme en touchant son chapeau , et il descendit le cochon dans notre poste où nous le découpâmes. On en sala une moitié, mais on mangea l'autre, qui fut finie avant que nous n'arrivassions à Plymouth. Nous n'y arrivâmes en effet que six jours après notre départ de Spithead. Partie du convoi était rassemblée , mais il n'était pas encore venu d'ordre pour nous; et à mon extrême joie, le Diomède, qui revenait des petites iles occidentales rentra au port le jour suivant. J'obtins la permission daller à bord avec O'Brien , et nous eûmes la joie de nous retrouver parmi nos anciens camarades. M. Falcon,

le premier lieutenant , descendit dans la cabine annoncer au capitaine Savage que nous étions sur le tillaC; et celui-ci le pria de nous amener prés de lui. Il nous fit un accueil des plus tendres et nous félicita beaucoup de la manière dont nous avions effectué notre évasion. Lorsque nous sortîmes de la cabine , je trouvai M. Glousse qui nous attendait en debors.

— Mon cher M. Simple, jetez l'ancre pour moi, car je suis enchanté de vous voir. Je désirerais un long entretien avec vous.

— Ce serait de tout mon cœur, M. Glousse , mais j'ai peur que nous n'ayons pas le temps. Je dine chez le capitaine Savage aujourd'hui , et dans une heure il faudra être à table.

— Alors , un mot seulement , M. Simple. J'ai examiné votre frégate , qu'elle est belle ! et puis , beaucoup plus grande que le Diomède.

— Ajoutez qu'elle marche aussi bien , répliquaije. Je crois que nous jaugeons deux cents tonneaux de plus. Pour se faire une idée de sa taille , il faut être sur ses ponts.

— J'aimerais en devenir contre-maitre, M. Simple ; du moins , avec le capitaine Savage , car je ne veux pas me séparer de lui . Je causai encore quelque temps avec M. Glousse, mais je fus obligé de me partager entre lui et d autres personnes de l'équipage qui vinrent nous interrompre. Nous fimes un charmant diner avec notre ancien capitaine à qui

Page 1