CHAPITRE XXX
der le flanc de la frégate , O'Brien était sni* le pont , et elle s'avança vers kii de Tair le plus important du monde.
— Comment être la santé, monsieur ? moi très heureuse de voir vous revenu, dit-elle à O'Brien.
— Merci , madame , ma santé est fort bonne, ré pliqua O'Brien , et j'espère qu'elle le sera encore quand je repartirai ; mais comme c'est la première fois que je mets le pied dans ces parages , je doute que nous soyons de vieilles connaissances.
— Vous n'êtes jamais venu ici , bon Dieu ! moi croire cependant reconnaître vous; moi croire me rappeler votre belle figure ; moi être lady Rodney , monsieur.... Ah! picanninny buccra! s'écria-t-elle en se tournant vers moi , comment vous aller ? Moi espérer avoir l'honneur de blanchir vous, monsieur, dit-elle encore à O'Brien en lui faisant la révérence.
— Combien faites-vous payer en cet endroit?
— Tout au même prix. Un hit par pièce.
— Qu'appelez-vous vni biO demandai-je.
— Un bit, gentil Massa ! quoi nous appeler un bit ? Nous compter quatre bits dans un pictareen.
Notre pont fut alors honoré de la présence de plusieurs officiers de terre et de différents colons qui vinrent apprendre les nouvelles. Les uns nous invitaient à dîner, les autres à aller les voir, et comme ils partaient, M. Falcon revint à bord. Il annonça à O'Brien et aux autres officiers que l'amiral et l'escadre étaient attendus sous peu de jours, et que nous
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resterions flans la baie de Carlisle, pour commencer immédiatement le radoub de la frégate.
Mais, quoique nos frayeurs au sujet de la fièvre jaune fussent considérablement diminuées, nous avions sans cesse l'esprit obsédé par le souvenir que notre pauvre capitaine gisait sans vie dans la cabine. Les charpentiers veillèrent toute la nuit pour confectionner sa bière ; car il devait être enterré le lendemain. Sous ces régions , on ne laisse jamais plus de quelques heures les corps sans sépulture, tant la putréfaction y est rapide. Le matin suivant, les matelots se levèrent à la pointe du jour, lavèrent les ponts, et mirent le vaisseau en ordre ; ils travaillaient de bon cœur , et cependant avec un respectueux silence, qui indiquait leur émotion. Jamais les ponts ne furent mieux nettoyés , jamais les cordages ne furent relevés plus soigneusement; les hamacs furent arrimés dans leurs blanches couvertures, les vergues sévèrement carrées , et les moindres ficelles nouées de près. A huit heures , le pavillon national fut hissé à mi-màt. Les hommes reçurent ensuite Tordre de descendre déjeuner et faire leur toilette. Pendant qu'ils déjeunaient, tous les officiers se rendirent dans la cabine pour jeter un dernier regard d'adieu à notre brave capitaine. Il paraissait avoir expiré sans souffrance, et sur son visage régnait une belle sérénité ; mais on y remarquait déjà un changement, et nous sentîmes la nécessité de l'ensevelir si tôt. Nous le vîmes placer dans son cercueil , et alors nous