‹ Pierre Simple (volume 3)Chapitre 24 sur 219 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

mis dans la marmite. Si vous l'aimez mieux, je demanderai sa permission pour que vous mangiez avec nous. De cette façon, vous ne serez pas sous la griffe des aspirants^ qui ne sont qu'une mauvaise engeance , et ne vous donneraient que de pervers conseils , que de funestes exemples , et vous aurez l'avantage d'être en bonne société, car madame Trotter a vécu dans la meilleure d'Angleterre. Je vous fais cette offre parce que je désire obliger le premier lieutenant, qui parait s'intéresser à vous; autrement je ne me soucie guère qu'on vienne troubler mon bonbeur domestique.

Je répondis que j'étais bien reconnaissant d'une si grande bonté, et que si je ne devais pas gêner madame Trotter, j'accepterais avec plaisir la proposition qui m'était faite. J'avais à peine eu le temps de remercier, quand j ^aperçus à l'échelle au-dessus de nous une paire de mollets enfermés dans des bas de coton noir , et il se trouva qu'ils appartenaient à madame Trotter, qui descendait avec un plein filet de pommes-de-terre fumantes.

— Sur ma parole, madame Trotter, il faut que vous sachiez avoir les jambes fort bien, sans quoi vous n'oseriez pas les montrer comme vous l'avez fait, à M. Simple, jeune gentilhomme que j'ai à vous présenter, et qui , avec votre permission , sera notre commensal.

— Mon cher Trotter, quelle cruauté à vous de ne pas m'avoit prévenue ! Je croyais qu'il n'v avait

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