‹ Pierre Simple (volume 3)Chapitre 41 sur 219 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

me répondit que c'était un ordre de mérite qu'on leur avait donné pour s'être bien conduits.

J'allais et venais toujours en proie à un violent désespoir , lorsque tournant un angle , j'aperçus , à mon extrême satisfaction, mes deux hommes qui portèrent la main à leur chapeau et me dirent qu'ils m'avaient cherché. Je pensai bien que c'était un mensonge, mais j'étais si charmé de les tenir, que sans leur adresser un mot de réprimande je les emmenai vers la chaloupe qui nous avait attendu quelque temps. O'Brien , le deuxième contre-maître, m'appela un jobard , terme dont je ne connaissais pas encore la signification. Quand nous arrivâmes à bprd , le premier lieutenant demanda à O'Brien pourquoi il était resté si long-temps. Il répondit que deux de nos hommes avaient quitté la chaloupe, mais que je les avais repris. M. Falcon parut content de moi , et déclara , comme il l'avait déjà fait , que je n'étais pas un imbécile. Je descendis donc enchanté de ma bonne fortune et très reconnaissant à O'Brien de n'avoir pas dit toute la vérité. Après mètre débarrassé de mon poignard et de mon chapeau , je voulus prendre mon mouchoir dans ma poche, mais je ne ly trouvai plus. Suivant toute probabilité , il m'avait été pris par les hommes en jaquettes grises, que dans la conversation avec mes camarades j appris être des filous condamnés aux tra\ aux publics pour leur dextérité à introduire la main dans la poche des gens.

Un jour ou deux après , il nous arriva un nouveau camarade nommé Mac Foy. J'étais sur le gaillard d'arrière quand il monta à bord et remit une lettre au capitaine en lui demandant au préalable s'il s'appelait le capitaine Savage. C'était un jeune homme à joues vermeilles , haut d'environ six pieds, avec des cheveux roux, cependant d'un physique agréable. Comme il ne resta dans la marine que fort peu de temps, je vais tout de suite raconter à son sujet des choses que j'ai seulement apprises plus tard. ZSotre capitaine avait consenti à le recevoir sur son navire pour obliger un de ses confrères qui s'était retiré du service et qui demeurait dans les Higlilands de l'Ecosse. Le premier avis que M. Savage avait reçu de l'arrivée de 31. Mac Foy était par une lettre à lui écrite par l'oncle du jeune homme. Il l'avait trouvée si amusante qu'il l'avait donnée à lire au premier lieutenant , et voici quel en était le contenu : Glasgow, 25 avril 18...

Monsieur ,

Notre très digne et mutuel ami , le capitaine Mac Alpine, m'a communiqué, par lettre datée du 14 courant, vos bonnes intentions en ce qui concerne mon neveu Sholto 3Iac Foy; et d'abord, je vous prie, monsieur, d'en agréer mes sincères remercîments. Je prends la plume afm de vous instruire qu'il est maintenant en route pour se rendre à bord de votre vaisseau , le Diomède, et que. Dieu aidant,

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