CHAPITRE VIII
il Y arrivera vingt-six heures après la réception de la présente.
Gomme des personnes qui ne sont pas sans connaître le service du roi m'ont donné à entendre que son équipement d'officier sera assez coûteux, j'ai cru qu'il était de toute justice de vous tranquilliser, monsieur, quant à votre responsabilité sur ce chapitre ; en conséquence de quoi , je joins sous ce pli la moitié d'un billet de banque d'Angleterre, valeur dix livres sterling, n. 3,742, dont le reste vous sera envoyé par voie sûre au moyen d'un timbre d'affranchissement qu'on m'a promis pour aprèsdemain. Je vous prie de faire les achats utiles, et d'appliquer le surplus , s'il y en a un , soit au paiement de sa nourriture, soit à toute autre dépense qui vous semblera sage ou convenable.
Il est en même temps bon de vous informer que Sholto avait dix schellings dans sa poche lorsqu'il a quitté Glasgow, et je ne doute pas que vous n'ayez soin de lui demander s'il en a fait un judicieux emploi , car la somme est un peu forte pour être mise à la discrétion d'un jeune homme âgé seulement de quatorze ans cinq mois. Je mentionne son âge, car Sholto est si grand que sa taille pourrait vous tromper et vous induire à compter sur sa prudence dans des affaires d'une nature aussi sérieuse. Si par hasard il avait besoin qu'on ajoutât quelque chose à sa paie, ({u'on dit être parfaitement suflisante pour tous es officiers du roi, je vous prie de croire que toute
ti'aite de vous , à dix jours de vue , et du montant de cinq livres sterling anglaises, sera honorablement acceptée par la maison Monteith , Mac Killop et C'% de Glasgow. Je suis, monsieur, avec mille remerciments pour votre bonté et beaucoup de considération, votre très obéissant , Walter Moivteith. La lettre apportée à bord par Mac Foy en personne avait pour but de constater son identité. Pendant que le capitaine la lisait , Mac Foy regardait autour de lui et ouvrait de grands yeux étonnés comme un cerf sauvage. Le capitaine lui assura qu'il était le bien-venu sur la frégate, lui adressa une ou deux questions , le présenta au premier lieutenant , et retourna à terre. Le premier lieutenant minvita à diner dans la chambre aux armes; je crus qu'il était content de moi parce que j'avais retrouvé les matelots , mais quand le capitaine redescendit dans sa chaloupe, il honora ^L ÎNIac Foy de la même invitation ; et voici Tentretien qui eut lieu pendant qu'on était à table.
— Eh bien ! M. Mac Foy, vous avez fait un long vovage; je parie que vous en étiez à votre coup d'essai.
— Vraiment oui , monsieur, répliqua INÎac Foy ; et les vexations ne mont pas manqué. Si j'eusse prêté foi à tout ce qu'on me chanUiit chemin faisant, ma bourse eût été bientôt vide. Six pence par-ci , six pence par-là , sLx pence partout ! Je ne me doutais pas de semblables extorsions.