CHAPITRE M
au point de vous l)atlre quand c'est utile à voire santé.
— Je me flatte répondis-je , de ne pas être un ingrat et de vous avoir infuiiment de reconnaissance ; mais je souhaite n'avoir plus besoin de vos preuves d'intérêt.
— De preuves si frappantes , n'est-ce pas Pierre ? mais permettez-moi de vous dire que ces preuves étaient sincères , car tout le temps que vous fûtes malade j'ai mangé votre lard et bu votre grog; or, on n'a jamais trop de grog dans la baie de Biscaye. Mais à présent que je vous ai guéri, vous allez mettre tout cela dans votre petite corbeille à pain ; je n'y gagne donc pas , et vous pouvez être convaincu , je crois, que jamais de votre vie vous n'avez vu et ne verrez deux plus beaux exemples de désintéressement. N'importe, vous vous portez bien, qii'il n'en soit plus question.
Je tins ma langue et je déjeunai de fort bon appétit. A dater de ce jour, je recommençai mon service, et je fus mis du même quart qu'O'Brien , qui avait parlé en conséquence au premier lieutenant, et lui avait dit qu'il se chargeait de moi.