CHAPITRE IL
Je suis équipé du jour au lendemain. — Heureusement pour moi, ce jourci, M. Handycock est curs, cl je fais un fort bon dîner. — Je pars pour PoTismouth. — Je rencontre aux der/iières places de la diligence un iiommc qui, à bord d'un \ai33eau, n'en occupe pas une des premières. — Il csi méconnaissable à force d'avoir I)u, mais ce n'est pas !e seul mécompte qui m'arrive duns le cours de mon voyage.
Le matin suivant, M. Handycock parut être d'un
peu moins mauvaise humeur. Il envoya quérir un de ces marchands-lingers qui , lorsqu'un cadet de famille s'engage, Téquipent du jour au lendemain, commanda les différentes pièces de mon trousseau, et insista pour que le tout fût livré dans les vingtquatre heures, sans quoi nous ne prendrions rien ; car, ajouta-t-il, ma place était déjà retenue à la diligence de Portsmouth.
— En vérité, monsieur, observa le marchand; j'ai peur que dans un si bref délai...
— Vos annonces portent « du jour au lendemain, interrompit M. Ilandycock avec la confiance et l'autorité d'un homme qui peut en prendre un autre dans ses propres filets. Si vous ne voulez pas vous charger de cette fourniture, nous irons ailleurs.
Ainsi forcé de se taire, notre homme promit mon équipemc'it pour le lendemain, me prit mesure et s'éloigna. Bientôt après, M. Handycock quitta aussi la maison.
Grace à mon grand-père et à mon perroquet, grace aux calculs de mon hôtesse relativement aux sommes que son mari avait pu perdre la veille, grace enfin à ses allées et venues continuelles du salon au palier et à ses conversations avec la cuisinière, le temps ne me parut pas trop long jusqu'à ce que quatre heures sonnassent. Alors, comme la veille, madame Handycock cria, la cuisinière cria, le perroquet cria, et le maître de la maison frappa à la porte. On lui alla ouvrir, mais ce ne fut pas moi. En