‹ Pierre Simple (volume 3)Chapitre 8 sur 219 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

ti'ois sauts il eut franchi Tescalicr, et entrant au salon ; — lié bien , Nancy , mon amour , dit-il à sa femme^ comment allez-vous ? Donnez-moi un baiser, ma petite vieille, et il lui présenta la joue. J'ai faim comme un chasseur. Et vous, M. Simple, vous portez-vous bien? Je me flatte que vous avez passé agréablement la matinée. Il faut que je me lave les mains et que je change de bottes, mon amour. Je ne puis pas me mettre à table avec vous, sale comme je le suis. Mais encore un coup, Nancy, la santé est-elle bonne?

— Je suis contente que vous soyez en appétit, mon cher; j'ai à vous donner un si succulent diner ! répliqua la femme, ivre de joie. Jemima, dépêchezvous et servez; M. Handycock a si faim î

— Oui, madame, répondit la cuisinière. Et madame Handycock suivit son époux dans sa chambre à coucher qui était au même étage, pour Taider à sa toilette.

— Par Jupiter, Nancy, les taureaux ont été joliment étrillés! dit M. Handycock, comme nous nous mettions à table.

Oh ! que j'en suis bien aise ! s'écria sa moitié le sourire sur les lèvres; et je crois qu'elle l'était, mais je ne comprenais pas pourquoi.

— Monsieur Simple, reprit-il, voulez-vous me permettre de vous offrir un peu de poisson ?

— Si vous ne devez pas tout manger vous-même, monsieur, répondis-je poliment.

Madame Handycoek fronça les sourcils et remua la tête de mon côié, pendant que son mari me servait. — Ma tourterelle, ce petit morceau?

Nous eûmes, elle et moi, notre part ce jour-là, et je ne vis jamais homme plus poli que M. Handfcock. Il plaisanta avec sa femme, m'engagea deux ou trois fois à boire du vin avec lui , parla de mon grandpère, et, bref, nous passâmes une charmante soirée.

Le matin suivant , toutes mes hardes arrivèrent ; mais M. Handycoek, qui continuait à être de bonne humeur, se récria qu'il ne souffrirait point que je voyageasse de nuit, et voulut que, couchant encore ce soir- là sous ^on toit, je ne partisse que dans la matinée du lendemain. Ce fut ce que je fis à six heures , et il n en était pas huit quand nous arrivâmes devant l'auberge de l'Eléphant et du château où l'on s'arrêta dix à douze minutes. J'étais à considérer l'enseigne qui représentait cet animal avec un château sur le dos , et prenant celui d' Alnwick , que j'avais vu, comme point de comparaison pour me faire une idée de la grandeur et du poids de celui qu'il portait, je tendais mon imagination pour concevoir la merveilleuse force de l" éléphant, lorsque je remarquai un nombreux rassemblement à l'encoignure de l'auberge, et demandant à un monsieur qui était assis à mon côté dans un manteau écossais s'il ne se passait pas quelque chose de bien extraordinaire pour amasser tant de monde : ^— Ma foi non, me répondit-il, car ce n'est qu'un matelot pris devin.

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