‹ Pierre Simple (volume 3)Chapitre 75 sur 219 · CHAPITRE XllI. 1 i · texte numérisé non relu

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temps, il se serait lancé sur le rivage avant moi. Il me sembla avoir excellé d'adresse dans cette affaire; néanmoins je ne fus jamais plus insensé de ma vie, car je n'avais nul besoin de me tant presser d'aller à terre, et le premier lieutenant ne me pardonna jamais d'en avoir appelé au capitaine..., mais plus tard nous reviendrons sur ce cliapitre là. La permission de quitter le navire me fut enfin accordée du bout des dents, et je partis comme une bombe. Dans l'excès de ma précipitation , je louai une charrette pour me faire mener chez mon [)ère. — Est-ce O'Brien de Ballyhinch que vous voulez dire? me demanda le marmot qui conduisait le cheval. — Sans doute, répondis-je; et comment se porte-t-il? comment va toute la noble famille des O'Brien? — Pas mal ; sauf pourtant le jeune Tim qui, l'autre soir à la foire a attrapé une petite contusion à la tète , et qui garde maintenant la maison et le lit sans être en état de boire ni de mangrer ; mais les médecins ont bien espoir de le guérir, car tous les O'Brien sont connus pour avoir la caboche dure. — Que prétendez-vous dire par là, insolent! Mais ce pauvre Tim, comment a-t-il fait son compte? Est-ce qu'on s'est battu à la foire? — Battu? pas précisément; un peu de tapage, trois morts, et voilà tout. — Ah! çà,mais gredin, pourquoi ne suis-tu pas la route qui est devant toi? m'écriai-je en voyant qu'il détournait à gauche. — J'ai mes raisons, votre honneur, me répondit-il ; je me suis fait une règle de ne plus passer

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près du château; j'ai perdu un ami de ce côte là, et quand j'y passe, son souvenir me rend triste. — Comment la chose est-elle donc arrivée ? — Par pur accident, votre honneur; on y a pendu mon pauvre frère Patrice, parce cpi'il ne savait pas trop bien Tarithmétique. — Alors il aurait du aller à une meilleure école. — Oui, j'ai idée que celle où il a fait son éducation n'était pas excellente, répliqua-t-il avec un soupir. Il était marchand de bestiaux, votre honneur, et un jour , d'une façon ou d'une autre , il se trouva avoir une vache de trop ; le tout pour ne pas savoir compter , votre honneur. Maudit soit son maitre d'école ! — Tout cela peut être vrai, et puisse l'âme de ton frère reposer tranquille! mais je ne vois pas pourquoi, même par un tel motif, vous me feriez faire un détour de deux milles lorsque je suis si pressé? — Est-ce que votre honneur se presse tant d'arriver chez lui ? Je me figure qu'on y mettra moins d'empressement à vous voir. — D'abord, qui vous a dit que je me nomme O'Brien, animal? Ensuite, osez-vous dire que mes parents ne m'accueilleront pas avec joie? — Excusez, votre honneur, c'était une idée à moi ; mais n'en parlons plus. Tout ce que je sais , c'est que le révérend Mac Grath , qui me donne l'absolution, m'a dit l'autre jour que je devrais bien lui régler son petit compte et non foire des dettes, puis me sauver comme Terence O'Brien, qui s'en était allé sur mer sans payer ni ses chemises ni ses souliers, ni ses bas, ni le reste, et qui terminerait

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