‹ Pierre Simple (volume 3)Chapitre 76 sur 219 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

ses jours à une potence^ aussi sur que St-Patricc (inversa le LifFeyà la nage avec sa tête sous le bras. — IMalheur au révérend Mac Grath! m'écriai-je. Que le diable me brûle, mais je me vengerai de lui !

Ainsi causant , nous arrivâmes à la porte de la maison de mon père; je payai la voiture, et j'entrai. Il y avait là mon père et ma mère, tous mes frères et toutes mes sœurs , excepté Tim qui , effectivement, était au lit et qui mourut le lendemain, et cette brute de révérend Mac Gratli par dessus le marcbé. Quand ma mère me vit, elle accourut à moi et m'embrassa en me mouillant le visage de ses larmes , puis elle essuya ses yeux et alla se rasseoir ; mais , du reste , personne ne me soubaita le bonjour , personne ne m'ouvrit la boucbe. — Assurément, pensai-je, il y a ici quelque petite erreur; mais je ne soufflai mot. A la fin ils retrouvèrent tous l'usage de la parole pour me lancer un reprocbe. Ce fut mon père qui commença . — N'ètes-vous pas honteux, Terence O'Brien ? s'écria-t-il . — N'ètes-vous pas honteux, Terence O'Brien? s'écria le révérend Mac Grath. — N'ètesvous pas honteux , Terence O'Brien ? s'écrièrent en chœur tous mes frères et toutes mes sœurs , tandis que ma pauvre mère mit son tablier sur ses yeux et garda le silence. — Du diable si je suis aucunement honteux de moi-même , mais je le suis certes pour vous , répondis-je, qui me traitez de cette manière. Que signifient et votre accueil et vos discours ? — N'a-t-on pas saisi mes deux vaches pour payer votre

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trousseau, pendaid? cria mon père. — N'a-t-on pas Sitisi le foin pour payer vos souliers et vos bas? cria le révérend Mac Grath. — N'a-t-on pas saisi le cochon pour paver votre "vilain chapeau? cria l'ainée de mes sœurs. — N'a-t-on pas saisi mes poules pour payer votre poignard? cria la plus jeune. — Et aussi tous les meilleurs de nos meubles pour payer vos chemises blanches et vos cravates noires? cria Mordock mon frère. — Et depuis ce temps ne mouronsnous pas de faim? crièrent-ils tous. Oh! oh! fit ma mère. — Ils ont le diable au corps, dis-je, quand ils eurent tous fini ; assurément je suis fâché de vos peines, mais à moi n'en est pas la faute. Mon père, n'estce pas vous qui m'avez fait marin? — Oui, pendard; mais ne promites-vous pas, ou, ce qui est une seule et même chose, ne promis-je pas pour vous que sur l'argent de vos prises vous solderiez tous les mémoires? Et où est cet argent? Répondez, où est-il, Terence O'Brien ? — Où il est ! mon père, je vais vous le dire; il est aux cent prochaines fêtes de Noël. . . avenir, mais pas encoi'e venu. — Parlez-lui, révérend Mac Grath, dit mon père. — N'est-ce point un mensonge, Terence O'Brien, que vous débitez là à l'auteur de vos jours ? me demanda le révérend Mac Grath. — Non, mais la vérité toute pure, mon révérend; et s'il vous plaisait de mourir demain, du diable si j'aurais un sclielling à mettre dans votre tombe pour vous porter bonheur, sauf ces trois ou quatre ci que vous pouvez partager entre vous ; et je les jetai sur le carreau.

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