CHAPITRE XILX
Nous étions à enviix)n quarante milles du port, quand nous aperçûmes une frégate. Nous finies le signal privé, et elle arbora le pavillon suédois, et manœuvra pour s'approcher de nous.
Quand nous en fûmes à deux milles, elle ferla ses voiles de perroquet, et ne laissa déployées que ses basses voiles. Nous en fîmes autant. Nous n'en élions pins qu'à deux câbles de distance^ quand le capitaine Hawkins me donna ordre de prendre une barque^ de me rendre à bord de cette frégate, de demander quel était son nom, et quel officier la commandait, et de lui offrir tous les services dont le capitaine pouvait avoir besoin. C'était l'usage ordinaire , et je partis pour exécuter mes ordres. Quand je fus à bord de la frégate, je demandai en français si quelque oficier parlait cette langue, et le premier lieutenant s'avança en me
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saluant. Je lui dis que j'étais chargé de m'informer du nom du vaisseau, de celui du capitaine , afin de les inscrire sur notre registre de loch, et d'offrir tous les services qui pourraient être en notre pouvoir. Cet officier me répondit que le capitaine était sur le gaillard d'arrière; maiss'étant retourné, il ne l'y vit plus, et on lui dit que le capitaine venait de descendre dans sa cabine. — Je vais l'informer de votre message, me dit-il, je ne croyais pas qu'il eût quitté le pont, car il venait à peine d'y monter. J'échangeai quelques compliments avec les autres officiers , qui me parurent polis et bien élevés, et le premier lieutenant vint me dire que le capitaine me priait de descendre dans sa cabine. Je l'y suivis, il m'en ouvrit la porte, m'annonça, et se retira. Je regardai le capitaine, qui était assis devant une table. C'était un homme d'un certain âge, mais vigoureux et bien fait, ayant de grosses moustaches. Il me sembla que ses traits ne m'étaient pas inconnus; mais je ne pouvais me rappeler où je l'avais vu. Sa physionomie m'était certainement familière , mais comme j'avais appris des officiers i\ue le capitaine se nommait le comte Shuckson, et que je n'avais jamais entendu prononcer ce nom, je crus que ce devait être une méprise de mon imagination. Je commençai à lui adresser la parole, mais il m'interrompit dès les premiers mots.