‹ Pierre SimpleChapitre 3 sur 25 · II · texte numérisé non relu

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vais caractère, mais il était excessivement vif. Il employait quelquefois des termes peu convenables en parlant aux officiers, et toujours en s'adressanlaux midshipmen. Cependant, à tout prendre, il était assez aimé; mais on n'avait pas pour lui le respect auquel lui donnait droit son grade de premier lieutenant. Il est juste de dire qu'il ne faisait pas plus de cérémonie avec le capitaine qu'avec ses inférieurs, et la manière dont il contredisait ses mensonges, et dont il faisait voir qu'il n'en croyait rien, jetait quelquefois du froid entre eux.

Le lendemain de notre départ de la baie de Carlisle, le capitaine m'invita à dîner. Le dîner fut servi sur des plats argentés qui faisaient grand étalage, mais qui ne contenaient pas grand'chose. — Celte vaisselle d'argent, dit le capitaine, m'a été offerte par des armateurs dont j'ai sauvé les bâtiments au moment où ils allaient être pris par les Danois, tandis que je croisais à la hauteur d' Héligoland.

— Quel maudit menteur est donc votre intendant! dit M. Phillott; il m'a dit que vous aviez acheté ces plats à Portsmouth.

— Comment avez-vous pu faire un mensonge si infernal? s'écria le capitaine, en s'adressant à son intendant qui était derrière sa chaise.

— M. Phillott m'a malentendu, monsieur, ré-

pondit l'intendant; je lui ai seulement dit que je le croyais.

— Eh bien , monsieur l'intendant , reprit M. Phillott, jeveux êtredamné^ si vous n'êtes pas

un aussi grand menteur que votre il allait dire

« votre maître », mais il se retint à temps, et dit : que votre père l'était avant vous.

Le capitaine changea de conversation en me demandant si je voulais une tranche de jambon. . > — Vrai jambon de Westphalie, monsieur Simple, dit-il, j'en reçois tous les ans deux envois du comte de Froningsken, mon intime ami, qui possède des domaines immenses dans les montagnes du Hartz.

— Et comment diable peuvent-ils vous arriver, capitaine? demanda le premier lieutenant.

— Il y a des moyens pour tout, monsieur Phillott, et le premier consul n'est pas aussi diable qu'on le fait noir. 11 laissa passer le premier envoi qui me fut fait, et y joignit même une lettre fort honnête, écrite de sa propre main, que je vous montrerai quelque jour. Je lui répondis en lui envoyant en retour deux fromages de Chester par un contrebandier; et depuis ce temps mes jambons me sont toujours arrivés sans aucune difficulté. — Avez-vous jamais goûté du jambon de Westphalie, monsieur Simple?

— Oui, capitaine; j'en ai goûté une fois chez lord Privilège.

— Lord Privilège! oh! oh! c'est mon cousin au cinquième degré.

— Vraiment, monsieur.

— En ce cas, capitaine Kearney, dil le premier lieutenant, permettez-moi de vous présenter un de vos parents. M, Simple est petit-fils de lord Privilège.

— Est-il possible? Tout ce que je puis dire, monsieur Simple, c'est que je suis très charmé de vous avoir au nombre de mes officiers, et que j'aurai toujours pour vous toutes les attentions possibles.

La parenté du capitaine Kearney avec ma famille n'était qu'un mensonge; mais l'ayant une fois fait, il ne pouvait le rétracter. Ce ne fut pas un malheur pour moi ; car depuis ce moment , il eut pour moi toutes sortes de bontés, et m'appela toujours son cousin.

Lorsque le capitaine eut fini de parler, le premier lieutenant me regarda en souriant , et me fit un clin d'œil qui semblait dire : vous ne vous en trouverez pas plus mal ; et la conversation changea de sujet. Le capitaine nous conta des anecdotes véritablement merveilleuses. Il nous dit entre autres choses, que, dans un combat naval, il aurait certainement tué le capitaine français.

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mais qu'à l'instant où il Je couchait en joue, une balle avait emporté la pierre de son fusil. — Événement étonnant! ajouta-t-il.

— J'enpuisciter un qui l'est encore davantage, dit le premier lieutenant. Dans une action à laquelle j'étais présent, un coup de canon chargé à mitraille emporta le favori de la joue gauche du second lieutenant , sans lui effleurer la peau ; et comme il avait tourné la tête pour voir ce qui venait d'arriver, un second coup lui fit la même opération du côté droit. C'est ce que j'appelle deux bons coups de rasoirs.

— Oui, dit le capitaine Kearney, l'anecdote est fort bonne, il n'y manque que d'être vraie. Je vous demande pardon , monsieur Phillott , mais vous aimez un peu trop à vous écarter de la vérité dans vos plaisanteries. Ce n'est pas pour moi que je le dis; mais c'est donner un mauvais exemple aux jeunes gens , et notamment à mon jeune parent que voici.

— Capitaine Kearney, répliqua le premier lieutenant ayant peine à ne point éclater de rire, savez-vousce que le pot dit à la marmite?

— Non, monsieur, répondit le capitaine, avec un air de dignité offensée; et se tournant vers moi : — Mon jeune cousin, dit-il, voulez-vous boire un verre de vin avec moi?

Je crus quelques instants que cette petite aller-

cation avait dégoûté le capitaine de faire de nouveaux mensonges; mais il retomba bientôt dans son péché favori. Le premier lieutenant ayant dit qu'il serait à propos de laisser entrer l'eau dans le vaisseau tous les malins, et de la pomper ensiiite , afin de ne pas être exposé à la mauvaise odeur de l'eau qui croupit à fond de cale , le capitaine répondit qu'il y avait des odeurs plus dangereuses que celle de l'eau croupie. — Que penseriez-vous, dit-il , si je vous disais que tout un équipage fut sur le point d'être empoisonné par l'odeur de l'essence de roses? Cela m'arrivasur la Méditerranée. Je croisais à la hauteur de Smyrne, cherchant à intercepter un bâtiment français ayant à bord un pacha qu'il conduisait en France comme ambassadeur. Je savais que ce serait une bonne prise, et je guettais ce navire avec grand soin. Un matin que j'étais sur le gaillard d'arrière, à l'instant où le jour allait paraître, je sentis une odeur que je reconnus pour être celle de l'essence de roses. Le vent augmenta et l'odeur devint encore plus forte. Ce ne fut pourtant qu'une heure après que nous aperçûmes une voile. C'était précisément le navire que nous cherchions, et qui était au moins à trois milles do nous. Je fis déployer toutes mes voiles pour lui donner la chasse,, et nous eûmes quelque peine à l'atteindre , car il était bon voilier. Cependant , avant midi , j'étais

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en possession du bâtiment, du pacha et de son harem. Ace sujet je pourrais vous raconter une bonne histoire sur les dames turques. Ce fut une excellente prise, et nous trouvâmes à bord un tonneau d'essence de roses.

— Un tonneau d'essence de roses! s'écria le premier lieutenant.

— Oui, un tonneau; — peut-être pas tout à fait aussi grand que les nôtres, car les Turcs ont des mesures et des poids différents. Je lis passer sur mon bord ce qu'il y avait de plus précieux dans la cargaison, vingt mille sequins, des tapis , des châles , et le tonneau d'essence de roses, que nous avions senti à plus de trois milles de distance. Malheureusement, quand on voulut le descendre dans la cale , on avait mal attaché la corde; elle glissa, le tonneau tomba et se brisa. Vous ne pouvez vous faire une idée de la scène qui suivit : mon premier lieutenant et une grande partie des hommes de mon équipage qui se trouvaient sur le pont, furent renversés parla force de l'odeur; tous ceux qui étaient à travailler à fond de cale perdirent connaissance, et quand on Jes eut remontés sur le tillac, il se passa plusieurs heures avant qu'ils eussent repris l'usage de leurs sens. Nous purifiâmes le navire à plusieurs reprises; mais l'odeur rcslait toujours, et elle était si forte que j'avais quarante hommes malades quand nous

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arrivâmes à Malte. Là on enfuma le navire, on le tint ensuite sous l'eau pendant trois semaines, et l'odeur resta encore, quoiqu'elle fût alors plus supportable. Le vaisseau fut renvoyé en Angleterre , l'amirauté déclara qu'il ne pouvait plus servir et le fit mettre en vente, mais pas un armateur ne voulut l'acheter. Enfin on le dépeça, et les bois en furent achetés par des menuisiers et des tourneurs qui en firent de petits meubles de fantaisie qui se vendirent très cher, à cause de l'odeur d'essence de roses qu'ils conservaient.

?>' En ce moment, l'officier qui était de quart entra dans la cabine, pour dire au capitaine qu'il y avait un énorme requin près du navire, et lui demander s'il voulait permettre aux officiers de le harponner.

— De tout mon cœur, répondit le capitaine, je déteste les requins autant que le diable. J'ai vu l'instant où un de ces monstres allait me faire perdre quatorze mille livres sterling.

— Puis-je vous demander de quelle manière , capitaine ? demanda M. Phillott d'un air grave; je serais curieux de le savoir.

— L'histoire est toute simple. J'avais à Malte une parente dont je n'avais jamais entendu parler , et avec laquelle le hasard me fit faire connaissance. C'était une vieille fille, âgée de plus de soixante ans, et qui avait passé presque toute sa

vie dans cette île. Un jour que je passais dans Strada Reale, je vis un grand baboin, appartenant à quelque habitant de cette rue, qui tirait par la queue un petit chien; une vieille dame, à qui il appartenait , poussait de grands cris, et elle s'avança pour reprendre son chien; mais le singe, sans lâcher prise, la saisit aussi par ses jupons. J'avais une canne à la main ; je lui en donnai un tel coup, qu'il s'enfuit en criant, et me laissa en possession du petit chien, que je ramassai et que je présentai à sa maîtresse. La vieille dame tremblait de tous ses membres, et je lui offris le bras pour la reconduire chez elle. Elle m'invita à entrer; elle était fort bien logée, et quand nous fûmes assis, nous commençâmes une conversation. Elle m'apprit qu'elle se nommait Kearney ; je lui dis que c'était aussi mon nom, et nous reconnûmes que nous étions parents. Elle en fut enchantée, et me pria de considérer sa maison comme la mienne tant que je resterais à Malte. J'y restai deux ans , et pendant ce temps , elle me fit entendre assez clairement que son intention était de me laisser tous ses biens. Enfin je reçus ordre de retourner en Angleterre. Ne me souciant pas de la perdre de vue, je lui proposai de m'y accompagner, et elle y consentit. Une quinzaine de jours avant notre départ, elle eut une indisposition assez grave , elle lit un testament par lequel elle

m'institua son seul et unique héritier. Cependant elle recouvra promptement la santé, et ne perdit rien de son embonpoint.

Enfin le jour du départ arriva. Je lui cédai ma cabine, et je partageai celle de mon premier lieutenant. Comme la vieille dame était folle de son petit chien , je m'étais chargé , pour lui faire la cour, de le baigner deux fois par semaine, mais cela finit par m'ennuyer , et je laissai ce soin à mon contre-maître , drôle indolent et paresseux. Pour simplifier l'opération, il avait coutume, sans que je le susse, d'attacher le petit animal à une ficelle et de le jeter à la mer, où il le laissait se baigner une ou deux minutes. Pendant un calme que nous éprouvâmes devant Ceuta , il arriva que pendant que le pauvre chien prenait son bain, un requin parut tout à coup et n'en fit qu'une bouchée. Mon contre-maître m'en rendit compte comme d'un événement fort peu important, mais j'en jugeai tout diftéremment; j'annonçai cette nouvelle à miss Kearney avec tous les ménagements possibles, et j'eus soin d'ajouter que j'avais fait mettre le coupable aux fers, et que je le ferais passer par les verges. Elle se livra à des transports de fureur dont je n'aurais pas cru une femme capable.Elle me dit que c'était ma faute, que j'étais jaloux de l'alfection qu'elle avait pour son chien , et que je l'avais fait jeter au maudit requin de

gaîté de cœur. Enfin elle vomit un tel torrent d'injures^ que, pour ne plus les entendre, je remontai sur le pont. Elle m'y suivit presque aussitôt, tenant son testament à la main, et jetant sur moi un regard courroucé, elle me dit que puisqu'un requin avait dévoré son chien, il pouvait aussi avoir son testament : et à ces mots elle le jeta dans la mer. Je lui dis qu'elle recouvrerait son sang-froid le lendemain, et qu'elle ferait un autre testament. — Jamais! s'écria-t-elle; je prends. le ciel à témoin que jamais je n'en ferai d'autre. Peu m'importe qui possédera ma fortune après moi. Cène sera pas vous, capitaine Kearney. — Je savais que la vieille dame était entêtée , et j'étais sûr qu'elle tiendrait sa parole; je ne songeai donc plus qu'à me mettre en possession du testament que je voyais flotter à quelques toises de distance sur la surface de la mer, qui était lisse comme un miroir. Mon plan fut formé en un instant. Je fis monter tout l'équipage sur le pont , et me tournant vers miss Kearney, je lui dis que c'était l'heure où tous mes gens allaient se baigner, et qu'à moins que ce spectacle ne piquât sa curiosité, elle ferait bien de se retirer dans la cabine. Elle me lança un regard d'indignation, et s'en alla aussitôt. Dès qu'elle fut partie je montai sur une barque , et j'allai ramasser le testament, manœuvre dont elle ne se douta jamais. Pendant tout

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le reste du voyage, nous ne finies que nous quereller ; lous les jours elle me reprochait la mort de son chien, et jamais mère n'a tant regretté la perte d'un fils unique. Nous essuyâmes une forte tempête dont elle souffrit beaucoup. Elle tomba malade en arrivant à Plymouth, et elle fut enlevée quinze jours après. Elle avait tenu sa parole et n'avait pas fait d'autre testament ; je fus donc son héritier, grâce à celui que j'avais sauvé du naufrage.

Comme personne ne pouvait si dire ce que nous venions d'entendre était une histoire ou une fable, nous le félicitâmes de sa bonne fortune, et quelques instants après nous sortîmes de la cabine. Quand je fus sur le pont, je vis que le requin avait été harponné, et qu'on travaillait à le monter sur le tillac. Tous les officiers étaient en mouvement , s'appelaient les uns les autres , et donnaient des ordres aux marins. Il est certain que la discipline était un peu troublée sur le gaillard d'arrière ; mais le capitaine ayant permis la cause, le premier lieutenant devait excuser l'effet. M, Phillott, qui était monté sur le pont en même temps que moi, pensa différemment. Avec le style grossier qui lui était ordinaire, il se mit à apostropher tour à tour tous les officiers , et il commença par s'adresser à l'officier des soldais de marine.

— M. Westley, je vous prie de ne pas monter sur les hamacs. Descendez-en sur-le-champ, monsieur ! si un de vos soldais en faisait autant, je le priverais de grog pour un mois, et je ne vois pas pourquoi vous leur donnez un mauvais exemple. Vous avez habité trop longtemps les casernes, monsieur! beaucoup trop longtemps. — M. Williams, M. Moore, tous deux aussi sur les hamacs ! montez tous deux au haut du petit hunier; à l'instant, messieurs ! — Et vous, jeune homme, qui cherchez à vous esquiver, montez à cheval sur la grande vergue et faites-moi savoir quand vous serez arrivé à Londres. — En vérité, le service va de mal en pis ! On ne saitde quelle étoffe les officiers sont faits aujourd'hui. — Gela n'est pas étonnant quand des lieutenants donnent l'exemple.

Cette dernière remarque ne pouvait s'appliquer qu'à O'Brien , qui était debout, occupé à donner des ordres, sur la barque du gaillard d'arrière, quand M. Phillolt avait troublé l'amusement général. 11 sauta sur-le-champ hors de la barque, s'avança vers le premier lieutenant, et lui dit : — M. Phillolt, le capitaine nous a permis de harponner le requin, et ce n'est pas en se promenant sur le gaillard d'arrière qu'on peut monter un requin sur le tillac. En ce qui me concerne, quand le capitaine est à bord , ce n'est qu'envers lui que je me crois responsable de ma conduite. Si

VOUS avez des plaintes à faire contre moi, adressezles-lui; mais si vous prétendez vous servir , en me parlant, des mêmes termes que vous employez à l'égard des autres , vous m'en répondrez vousmême, monsieur. Je suis officier et gentilhomme, et j'entends être traité comme tel. Permettezmoi aussi de vous dire que je crois le gaillard d'arrière plus déshonoré par des propos grossiers que par la conduite d'un officier qui monte un moment sur les hamacs.

Les joues du premier lieutenant devinrent pourpres , car il ne s'était jamais trouvé en contact de cette manière avec O'Brien. — Fort bien , monsieur O'Brien, dit-il, vous répondrez de votre conduite au capitaine ; car je lui en ferai bien certainement mon rapport.

— Je vous en épargnerai la peine, monsieur ; voici le capitaine Kearney , et je le lui ferai moimême.

Et dès que le capitaine eut mis le pied sur le gaillard d'arrière, il s'avança vers lui, et lui conta tout ce qui venait de se passer.

— Eh bien ! monsieur, dit le capitaine au premier lieutenant , de quoi vous plaignez-vous ?

— Du langage de M. O'Brien, monsieur. Doiton me parler ainsi sur le gaillard d'arrière?

— Réellement, monsieur Phillotl, jenevoisrien qui ne soit correct dans tout ce qu'a dit M. O'Brien.

C'est moi qui commande ici ; et si un officier , qui est d'un rang presque égal au vôtre , se compromet, ce n'est pas à vous qu'il appartient d'en faire justice. Le fait est^ monsieur Phillott , que votre langage n'est pas celui que je désirerais entendre dans la bouche de mon premier lieutenant. J'ai entendu , en venant ici , tout ce qui s'était passé, et je pense que vous avez manqué de respect à votre officier supérieur, — à moi, monsieur. J'ai permis qu'on harponnât le requin, et en accordant celte permission, c'était autoriser ces petites déviations à la discipline ordinaire, qui en étaient la suite indispensable. Vous avez jugé à propos de révoquer, autant qu'il était en vous, la permission que j'avais accordée; vous avez puni des jeunes gensqui n'avaient commis d'autre faute que d'en profiter, et vous leur avez parlé en termes que vous n'auriez pas dû vous permettre. Faites-moi le plaisir, monsieur, de les rappeler du poste que vous leur avez assigné, et de veiller davantage sur vous-même à l'avenir. Je soutiendrai toujours votre autorité, quand vous en userez avec sagesse ; et je suis fâché que vous m'ayez mis dans la nécessité de l'affaiblir en ce moment.

Cette réprimande était assez sévère, et M. Phillott descendit dans sa cabine , après avoir rappelé les midshipmen qu'il avait perchés sur les mâts el les vergues. Dès qu'il fut parti, chacun monta

de nouveau sur les hamacs 5 le requin fut hissé sur le tillac, on le dépeça, et toutes les poêles àfriredela frégate furent mises en réquisition. Nous fûmes enchantés delà conduite du capitaine Kearney en cette occasion. — Il est réellement aussi brave homme que bon officier, dit O'Brien ; quel dommage qu'il aime tant à mentir! — Je dois aussi rendrejusticeàM. Phillott, en disant qu'il ne conserva aucune rancune contre personne de ce qui s'était passé en cette circonstance, et qu'il nous traita tous commeauparavant. Ce n'est pas peu dire à sa louange , quand on réfléchit combien il est facile à un premier lieutenant de trouver des occasions pour tourmenter ses subordonnés, et même pour les punir.

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