‹ Pierrefonds-les-Ruines et Pierrefonds-les-BainsChapitre 3 sur 7 · UD · texte numérisé non relu

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que l'incendie ne pouvait être attribué qu'à une cause fortuite; mais le duc d'Orléans n'en voulut rien croire,

et au mois de décembre 1413, les clés du château furent

; |i, remises à Gosselin-Dubos , bailli de Sens, commissaire

1 royal , qui en prit possession. On s'efforça de réparer les

i i 1] ravages occasionnés par les flammes , sans parvenir cependant k donner aux parties endommagées leur ma-

gnificence première.

Le gouvernement de Pierrefonds fut rendu à Bos-

quiaux. En 1417, Hector de Saveuze s'empara de Com-

piôgne , et quelques-uns de ses partisans poussèrent la hardiesse jusqu'à s'avancer aux portes du château de

Pierrefonds. Bosquiaux, le premier capitaine de son temps, comme l'appelle l'historien du duché de Valois ,

ne prit pas d'abord au sérieux leurs attaques, mais enfin

se décidant à en tirer profit, il se mit à leur poursuite

et parvint même, par un heureux coup de main, â s'emparer de Compiégne.

C'était un temps de troubles et de calamités. Bosquiaux servait noblement son parti : par son courage , par son intelligence, il fut d'un très-grand secours, et parvint- à préserver une portion considérable du Yalois des incursions ennemies. Mais Thiver de 1420 fut trésrude; les garnisons de Compiégne et de Pierrefonds étaient épuisées, et quand Henri, roi d'Angleterre, se présenta devant le cbâteau de Pierrefonds , son vaillant capitaine, qui manquait de vivres et de munitions de guerre , ne put faire autrement que de capituler. Il lui fut permis de se retirer avec sa troupe au château de Choisy-au-Bac.

Le chfiteau de Pierrefonds fut confié alors à Henri de La Tour ; Charles VII ne le recouvra qu'en juillet 1429, avec plusieurs autres, après avoir été sacré à Reims. Peu après , le général anglais Hungtington , qui avait repris Verberie, Longueil , Gournay, etc., se porta devant Pierrefonds, mais il n'osa entreprendre le siège, tant la place lui parut importante.

Le château de Pierrefonds fut réparé aux frais et par es soins de Louis XII , qui en remit le commandement à Nicolas de Bonnery , grand-maître des eaux et forêts du Valois.

En 1588 , le château fut occupé par les Ligueurs , le commandant Nicolas Esmangard s' étant retiré avant l'attaque. Pendant les années 1 591 et 1 592 , Henri IV voulut réduire les forteresses de la Ferté-Milon et de Pierrefonds , et dés le mois de mars 1591 , le duc d'Epernon fut en-

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voyé à cet effet dans le Valois, Antoine de Saint-Chamant commandait pour la Ligue à la Ferté-Milon ; il avait placé, à Pierrefonds, comme lieutenant, le fameux Rieux, petit- fis d*un maréchal ferrant de Rethondes. Le duc d'Epernon marcha avec confiance sur Pierrefonds , croyant avoir à faire à un ennemi ordinaire. Il reconnut bientôt son erreur. Rieux ne manquait pas de qualités militaires ; il avait de l'intelligence ; il était audacieux et entreprenant. Né dans une condition obscure, il avait pu cependant trouver un emploi dans les vivres de Tarmée et faire quelques économies. Pour satisfaire ses goûts, il s*était appliqué au métier des armes, et devint partisan. Il offrit à la Ligue ses services qui furent acceptés d'autant mieux, qu'il ne demandait ni argent, ni soldats. Il lui suffisait d'exercer ses talents sur les royalistes et sur leurs terres , avec l'aide de vauriens qu'il entendait recrutera sa façon.

La satire Ménippée (1) lui fait jouer un rôle important. Rieux est représenté comme le chef de la noblesse militaire, dans une assemblée générale de la Ligue, et on lui attribue des paroles qui le dépeignent parfaitement.

Le discours qu on lui prête , est précédé de quelques remarques sur sa personne. On l'appelle M. de Rieux, le

(1) La satire Ménippée fut écrite pour tourner en dérision les partisans de la Ligue auxquels on prêle dans l'ouvrage des discours souvent exagérés. La personne du roi d'Espagne, le légat du pape et quelques évéques ennemis de Henri IV n'y sont pas ménagés. En France , on rit de tout, et toujours Parme du ridicule fut puissante ; la satire Ménippée vint en aide au parti du roi.

jeune, pour le distinguer de l'illustre maréchal de Rieux. Il est nommé seigneur, comte et gardien de Pierrefonds,' et on le place sur un beau siège en qualité de chef et président de la noblesse. Comme le roi d'Espagne était l'un des principaux chefs de la Ligue , on donne à Rieux le costume espagnol ; enfin, on lui fait porter deux ou trois fois la main à la gorge et au cou , par pressentiment du supplice de la corde qui devait si bien terminer sa carrière. Après toutes ces précautions oratoires, Rieux prend la parole en ces termes :

« Messieurs, je ne sais trop pourquoi l'on m'a député » pour porter la parole en si bonne compagnie au nom » de toute la noblesse de notre parti. Il faut bien qu'il » y ait quelque chose de divin en la sainte f/mo^î, puisque » par sou moyen je suis devenu de malotru, commissaire » d'artillerie, gentilhomme et gouverneur d'une belle » forteresse (Pierrefonds), Mon avancement n'est pas » encore à son terme : j'ai l'espérance de m'égaler aux » plus grands Seigneurs , en montant plusieurs degrés, » à reculons ou autrement, pour arriver au comble de » la fortune et au terme d'une vie glorieuse (1). J'ai » bien sujet de vous imiter, M. le lieutenant, puisque » tous les pauvres prêtres, moines, gens de biens et » dévots catholiques , vous comblent de félicitations , et » vous apportent des chandelles comme à un saint » Machabée du temps passé. C'est pourquoi je me donne » au plus vite des diables , que si aucun de mon gou- » vernement s'ingère à parler de paix, je le courrai

(1) Allusion à la potence.

s comme un loup gris ; vive la guerre î Je vois certains » nobles , qui parlent de conserver la Pieligion, et F Etat » tout ensemble. Us disent que les Espagnols perdront à » la fin l'un et l'autre, si on les laisse faire : quant à « moi je n'entends point ce langage. Pourvu que je lève » toujours les tailles et qu'on me paye bien mes appoin- » tements, peu m'importe que deviendra le Pape et sa » femme. J'ai des intelligences dans Noyon. Si je viens à » bout de le prendre, je serai Evêque de la ville et des » champs. Cependant je courrai la vache et le manan; et )> il n'y aura paysan, laboureur ni marchand autour de » moi , dix lieues à la ronde , qui ne me paye taille ou ï) rançon.

j) J'ai de jolies inventions pour les mettre à la raison. » Je leur donne le frontal de cordes bées en cordelières : B Je les pends sous les aisselles : je leur chauffe les » pieds d'une pelle rouge : je les mets aux fers et aux » ceps : je les enferme en un four, ou en un coffre perce » que je mets dans l'eau : je les pends en chapons rôtis : » je leur donne les étrivières : je les sale : je les fais i> jeûner, je les attache étendus dans un van : bref, R j'ai raille gentils moyens, tours de souplesse et inven- » tions, pour tirer la quintessence de leurs bourses, « et avoir leur substance pour les rendre bélîtres , » à jamais, eux et leur race.

» Qu'on ne me parle ni de point d'honneur ni de » naissance... je me mets peu en peine de pancartes et » de titres, ni des armoiries timbrées et non timbrées. >> Je veux être vilain de quatre races , pourvu que je » reçoive toujours les tailles ?ans rendre compte.... Je

» nm point lu les histoires, mais j'ai ouï conter a ma *» grand'mère, lorsqu'elle portait son beurre au marché, » qu'il y avait eu anciennement un Gaston de Foix, un ^ comte de Dunois, un Lahyre, un Poton de Sain- » trailles, un capitaine Bavard, qui avaient fait rage » pour ce point d'honneur : j'en suis fort aise ; et quant » à moi j'ai bon fusil, bon pistolet, bonne épée, et il » n'y a ni sergent , ni prévôt des maréchaux , qui m'ose « ajourner. La justice n'a pas de droit sur les gentils- » hommes comme moi. Je prendrai la vache et les pou- » les de mon voisin , quand il me plaira ; je dépouillerai » ses terres , sans qu'il ose en grommeler. Je ne souf- » frirai point que mes sujets paient taille sinon à moi : » qu'avons-nous besoin que ces financiers s'engraissent » de la substance du peuple? par la morbleu, si je » trouve sergent, receveur, homme de justice, faisant » exploit sur mes terres , je lui ferai manger son par- » chemin,

)> Sommes-nous pas libres? M. le lieutenant et M. le » légat ne nous ont-iis pas permis de tout faire, de » prendre tout le bien des politiques, de tuer et assas- » siner parents, amis, voisins, père, mère, frère, » sœur, pourvu que nous y faisions nos affiiires, sans » jamais parler de paix ni de trêve...

» S'il faut élire un roi , je vous prie, Messieurs, de » ne pas oublier mes mérites : il s'en est fait de pis que » moi. Les Lydiens, dit-on , en firent un qui menait la » charrue ; les Flamands firent un duc qui était bras- » seur de bière ; les Normands, un cuisinier ; les Pa- « risiens , un écorcheur ; je suis plus que tous ces gens -

» mon père était maréchal en France,... Si jamais vous

» me choisissez, je vous laisserai faire tout ce que vous » voudrez. Je supprimerai tous sergents, procureurs, » conseillers , commissaires ; on ne parlera plus d'a- » journements, saisies, exploits, criées, exécutoires » ni même de payer ses dettes : vous serez tous comme » rats en paille , et il suffira que vous m'appeliez Sire. » ^ Le duc d'Epernon avait poussé les préparatifs du siège avec une grande activité. Il n'avait rien négligé pour le succès de son entreprise : son armée était nombreuse et bien disciplinée, et son courage égalait ses talents militaires. Pourtant, ce fut en vain qu'il fit tonner d\ibord sa plus grosse artillerie ; son trop grand éloignement l'empêchait d'atteindre les remparts, et Rieux, ironique témoin de ses efforts, ne répondait même pas à son feu.

Le duc d'Epernon se rapprocha. Déjà son artillerie avait joué avec quelque succès, et avait endommagé plusieurs tours, quand Rieux, semblable à un tigre blessé, se redressa de toute sa force et de toute sa colère ; il démonta les unes après les autres les batteries du noble assiégeant et l'obligea à regagner la plaine.

Mais ce premier échec ne pouvait décourager le duc d'Epernon ; il revint à diverses reprises attaquer l'aventurier qu'il avait mission de combattre et de vaincre ; il enflammait ses soldats par son exemple, et fut pourtant forcé d'abandonner la place, après avoir reçu une blessure au menton.

Alors l'audace de Rieux devint extrême. Toujours en campagne à la tête de ses bandits, il rançonnait nobles

et vilains, ne se faisait aucun scrupule d'arrêter les convois , les voitures publiques , et se portait partout où la Ligue réclamait ses services. C'est ainsi qu'il entra dans Noyon, avec raille des siens, pendant que Henri IV investissait la ville, et qu'il parvint à prolonger le siège de vingt-et-un jours.

Le roi refusa de comprendre Rieux dans la capitulation , ce qui importait peu au hardi partisan ; il se sauva la nuit par-dessus les murailles, se glissa comme un serpent dans les fossés, et regagna son château de Pierrefonds.

Cependant , Henri IV voulait en finir avec ce sacripant. Persuadé que le duc d'Epernon n'avait dû son échec qu'à sa blessure, il détacha de son armée le maréchal de Biron , avec un train de grosse artillerie, et lui enjoignit d'aller mettre aussi le siège devant Pierrefonds. Le maréchal fit placer ses batteries le plus avantageusement possible, et commença l'attaque par un feu des plus terribles. Mais Rieux répondit avec vigueur, et sur huit cents coups de canons tirés par les assiégeants, cinq boulets seulement atteignirent les tours : les autres, suivant l'expression d'un auteur contemporain, ne firent que blanchir les murailles. Voyant qu'il perdait beaucoup de monde, et que ses batteries étaient démontées après leur premier feu , le maréchal jugea prudent de lever le siège.

Ce second avantage de Rieux ne fit que grandir son crédit auprès des partisans de la Ligue, 11 ne sut plus garder aucune mesure, et donna plus que jamais carrière à sa vie d'aventures et de rapines. Pendant quinze mois,

il fut maître de tout le pays. Malheur à qui passait sur ses terres; il ne connaissait pas d'autre justice^ que la sienne, pas de puissance qui lui fut supérieure. Un jour du mois de janvier i 593 , ayant appris que Henri IV devait traverser la forêt pour se rendre chez Gahrielle d'Estrées, Rieux se posta en embuscade avec bon nombre de ses gens dans Fintention de s'emparer du monarque. Heureusement, Henri iV fut informé par un paysan du projet conçu contre lui, et put échapper à un grand danger.

Un mois plus tard, les chefs de la Ligue convoquèrent à Paris , sous le prétexte d'États-Généraux, leurs partisans les plus distingués. Rieux fut reçu avec honneur dans cette assemblée. C'est à cette occasion que les auteurs de la satyre Ménippée lui ont fait tenir le singulier discours que nous avons rapporté , et qui convenait si bien à son caractère et à ses habitudes.

Mais , Rieux devait avoir une fm digne de sa vie. Ses succès accumulés l'avaient rendu peu circonspect; il courait au-devant de tous les dangers. Comme il se disposait, par une. belle nuit, à arrêter deux diligences, un détachement de la garnison deCompiégne, qui le surveillait, s'empara de sa personne ; on lui fit promptement son procès , et il fut pendu haut et court sur la place de l'Hôtel-de-Ville , aux applaudissements d'une foule enthousiaste.

Quand Saint-Chamant apprit l'arrestation de Rieux, il courut en toute hâte à Pierrefonds et en prit lui-même le commandement II eut bientôt à soutenir plusieurs attaques très-vives de la part de François des Ursins ,

que Henri iV avait envoyé contre lui avec une partie de l'armée chargée du siège de Laon. Après avoir épuisé toutes ses ressources militaires, après avoir perdu l'espoir de vaincre, des Ursins tenta la voie des négociations, Saint-Chamant s'y prêta d'autant plus volontiers qu'il craignait qu'en son absence on ne lui enlevât le château de La Ferté-Milon. Il demanda donc, pour livrer la forteresse, qu'une indemnité en argent lui fût accordée, qu'il pût retourner à La Ferté-Milon avec sa troupe , ses équipages , et sortir avec tous les honneurs de la guerre. Ces conditions ayant été acceptées, un traité intervint, et ce traité fut signé par le roi le 15 août 1594, et enregistré au parlement le 7 janvier suivant.

En considération des services rendus par le brave des Ursins , Henri IV n'avait pas cru devoir faire détruire le château de Pierrefonds ; on le regretta bientôt. Des Ursins eut pour successeur dans son commandement le marquis de Cœuvres, vicomte titulaire de Pierrefonds, qui peu scrupuleux, à ce qu'il paraît, embrassa le parti des mécontents. Après avoir renforcé la garnison, il confia la défense du château au capitaine Villeneuve , homme entreprenant et hardi. Les munitions de guerre étaient assez abondantes, mais il n'en était pas de même des approvisionnements de bouche. Aussi, pour nourrir ' ses soldats, Villeneuve se vit-il obligé d'explorer les environs et de s'emparer de tout ce qui se trouvait à sa convenance. Ce qu'il lui fallut faire d'abord par nécessité, il le fît bientôt par habitude et avec passion. Digne imitateur de Rieux , il exerçait le vol à main armée , s'en

prenait aussi aux voitures publiques, arrêtait les convois de vivres , de vin et de fourrages qu'il pouvait découvrir, rançonnait tout autour de lui , et n'inspirait que terreur et dégoût. L'Ile-de-France et la Picardie étaient infestées de ses brigandages. Jamais les sombres cachots de Pierrefonds ne furent plus remplis que de son temps, car après avoir dépouillé les gens , il aimait encore à les retenir prisonniers, dans Tespérance d'une rançon.

Un tel état de choses devait avoir un terme. Des plaintes nombreuses s'élevaient de toutes parts , et comme Villeneuve avait tenté de surprendre Grépy, le roi tint un conseil spécial dans lequel il fut décide que le corps d'armée commandé par Charles de Valois, comte d'Auvergne, irait assiéger Pierrefonds. Ce corps comprenait quatorze mille fantassins et trois mille chevaux ; on y joignit dix compagnies de gardes-françaises avec trente pièces d'artillerie.

A la fin de l'année , le comte 'd'Auvergne « ayant » rassemblé tous les secours qu il espérait , marcha sur » Pierrefonds. Il reconnut que le château était impre- » nable vers les remparts, et résolut de l'attaquer du » côté le plus fort, par la langue de terre qui confinait à » la plaine du Ghône-Herbelot.

» Il dirigea ses premières attaques sur les ouvrages » avancés, Villeneuve répondit par un feu terrible de » toute son artillerie; il fit jouer beaucoup de pièces qui » ne devaient avoir d'autre effet que celui d'intimider le » comte par le fracas. Charles de Valois ne prit pas le » change. Considérant qu'il avait affaire à un ennemi » dissipateur qui ne savait pas ménager son feu et ses

» munitions , il excita pendant quelques jours sa bra- » voure indiscrète , et dés "qu'il s'aperçut que le feu » des assiégés tombait et que leur première ardeur était » ralentie , il redoubla son activité ; il emporta Tépée à » la main quelques ouvrages garnis de palissades et ruina » avec son artillerie , deux petits forts qui défendaient » un emplacement commode pour placer son canon et » battre en brèche le grand donjon.

» Le comte usa de ses avantages, sans donner à son » ennemi le temps de se reconnaître. 11 fit avancer sa )> grosse artillerie, et dressa une batterie de ses plus » fortes pièces dans une espèce d'angle formé par le che- » min qui conduit à l'entrée du château, et par Fextré- » mité d'une chaîne de montagnes qui aboutit au côté » droit de ce chemin,

» Charles de Valois foudroyait ce poste important de- » puis six jours lorsqu'il l'enleva. Profitant de cet avan- » tage , il pointa de nouveau son canon contre une ma- » gnifique terrasse qui soutenait les fondements du grand « donjon. Il vint aussi à bout de placer une seconde bat- « terie qui devait agir contre une des grosses tours laté- » raies qui défendaient la porte d'entrée du château.

» Ces deux batteries jouèrent en même temps avec » tout le succès possible. La première composée des » plus grosses pièces, sapa la terrasse dans ses fonde- » ments et fit une brèche par laquelle on connut que ces » fondements avaient peu d'épaisseur. La seconde bat- » terie , moins éloignée de la tour d'entrée que la pre^ » mière ne l'était du grand donjon, agissait sans relâche, » de manière que tous les coups portaient sur le milieu

» de cette tour. Villeneuve comptant sur la force des i murs qui avaient quinze et dix-huit pieds d'épaisseur, » occupé d'ailleurs à répondre au feu des ennemis , fut » frappé de frayeur, lorsque la moitié de cette tour tomba » avec un bruit effroyable. Comme le grand donjon cou- » rait risque de manquer par les fondements, dés que » les assiégeants auraient ruiné la terrasse qui leur ser- » vait d'appui, il demanda à capituler le sixième » jour (1). »

Charles de Valois aurait contraint Villeneuve à se rendre à discrétion, sans la crainte qu'il avait de le voir secouru d'un instant à l'autre par le marquis de Cœuvres et le duc de Mayenne. D'ailleurs , 'il entrait en possession de la forteresse ,. l'unique but de son entreprise était atteint, et il lui paraissait inutile de prolonger une lutte où le sang de ses soldats n'était pas épargné.

Ce siège fit honneur aux deux partis. On loua beaucoup la prudence, l'adresse, la sage conception des plans du comte de Valois; quant à Villeneuve, qui n'avait eu à opposer à une armée de dix-sept mille hommes, qu'une faible garnison composée de bandits et de troupes légères, on dut reconnaître le courage et l'habileté qu'il avait déployés. Avec des pièces d'un plus fort calibre et des munitions suffisantes , il eût pu triompher de son terrible adversaire aussi facilement que Rieux et Saint-Chamant avaient triomphé des leurs.

Ce siège mémorable devait être le dernier pour le

(1) Hist. Valois , tome 3 , page 30.

château de Pierrefonds. La féodalité touchait à son déclin , et quelques années plus tard , Richelieu qui avait juré d'affermir le trône royal aux dépens de la noblesse, ordonnait la destruction de l'orgueilleuse forteresse. La démolition présenta de telles difficultés qu on ne put la mener à fin On fut obligé de se borner à raser les ouvrages extérieurs , à enlever les toits , et à pratiquer dans les murs les entailles profondes qu'on voit encore aujourd'hui.

On a beaucoup écrit sur Pierrefonds. Tous les auteurs , sans exception , ont dû , à défaut d'autres documents, se servir plus ou moins de Dom Carlier, Thistorien du Valois. Les uns l'ont audacicuscment pillé et dénaturé; d'autres, ne lui empruntant que le fond de ses récits, ont su donner à l'histoire, par leur verve , leur esprit, un style brillant et coloré, l'intérêt du roman. Je citerai parmi ces derniers M. Léon Ewig, auteur d'une histoire de Compiègne trés-estimée. Qu'il me soit permis de citer ici la partie la plus heureuse de son travail sur Pierrefonds :

« Reportons-nous un instant par la pensée au comnien- » cernent du quinzième siècle, exhumons les débris de » ce château, et figurons-nous-le au soleil levant, lors- B que ses galeries extérieures reluisaient des armures » de ceux qui faisaient le guet , et que ses tours se mon- » traient toutes brillantes de leurs grandes grilles » neuves ; figurons-nous tous ces hauts bâtiments qui n rempfissaient de courage ceux qui les défendaient, et » de frayeur ceux qui étaient tentés de les attaquer.

» La porte se présentait toute couverte de têtes de

» sangliers et de loups ; flanquée de deux tourelles et .' couronnée d'un haut corps-de-garde. On avait à fran- » chir plusieurs fossés, plusieurs ponts-levis pour entrer » dans la grande cour carrée où se trouvaient les ci- » ternes, les écuries, les poulaillers, les colombiers » les remises. Les caves, les souterrains, les prisons » étaient par-dessous, et ces prisons étaient creusées » comme des puits au-dessous de la région de l'air et » du jour ; par-dessus se trouvaient les logements et » par-dessus les logements les magasins, les lardoirs ou " f.? '* ''' arsenaux. Tous les combles étaient bor- » dés de mâchecoulis, de parapets, de chemins de ronde .. de guérites. Au milieu de cette cour s'élevait maies- » tueuseraent le donjon, qui renfermait les logements » du duo et de son châtelain, les archives et le trésor » Il était profondément fossoyé dans tout son pourtour' » et Ion n'y pouvait entrer que par un pont presque » toujours levé. Bien que les murailles eussent , comme » celles des tours, une très-grande épaisseur, il était » revêtu, jusqu'à la moitié de sa hauteur, d'une clie- » mise ou second mur en pierre de taille. Rien de plus » somptueux que les appartements, que les salles de » parade, que les chambres de parement, qui prenaient » le nom particulier des couleurs ou des représentations » des précieuses tapisseries dont elles étaient tendues » Dans quelques-unes, les piliers et les poutres qu'ils » soutenaient étaient incrustés de filets et de fleurs d'é- » tain; dans d'autres, des personnages de grandeur na- » turelle peints sur les murs portaient dans leurs mains, » ou tenaient à leur bouche des rouleaux sur lesquels

» de belles sentences se lisaient au grand profit de la » morale,

» Des lits de dix pieds, des cheminées de douze pieds » de large, proportionnés à l'état des maîtres, de » grands guéridons à bas-reliefs représentant l'enfer et » le purgatoire ; de grandes armoires en fenêtres d'é- » glises , de grands bancs h dossiers grillés , de vingt » pieds de long, avec housses traînantes de draps bro- » dés et armoriés, décoraient ces grandes chambres » voûtées à croisées ogives, à vitres de verre peint, et ») ces salles pavées en carreaux de diverses couleurs.'

» Tout dans ce château était en harmonie avec la » grandeur de ses tours , de ses murailles ; dans les cui- » sines, les pincettes ou tenailles, les pelles ou traye- » feu n'étaient maniés que par deux hommes; les che^ » nets ou contre-hâtiers ne pesaient pas moins de cent » livres, les trépieds moins de quarante livres. Des bro- » ches de onze ou de douze livres se garnissaient do » deux ou trois veaux, de deux, trois, quatre moutons; » le gibier, la volaille, la venaison y rôtissaient à-la-fois » devant des âtr^s de quinze pieds de largeur. Sans dis- » continuer, les caves , les celliers, les huches, les lai- » teries, les fruiteries s'emplissaient et se désemplis- » saient avec une profusion qui annonçait la magnificence » en môme temps que la richesse; y prenait qui voulait, » quand il voulait, et tant qu'il voulait, et à peine » toutes ces provisions trouvaient-elles leur écoulement » malgré le grand nombre de chevaliers , d'écuyers , de » fauconniers, de veneurs, de pages, de gens de Tof- » fice, de la sommellerie, de la boulangerie, le grand

» nombre de serviteurs, d'ouvriers, de fourriers, de » concierges , de portiers , de soldoyers, de gardes. De » toutes parts venaient encore des parents , des alliés , » des voisins, des amis, des pèlerins, des voyageurs, » qui tous séjournaient plus ou moins, qui tous s'en ï» retournaient rassasiés comme au lendemain d'une noce » ou d'une fête patronale.

» L'emploi de chaque jour était très-varié. Le matin, » la cour se remplissait d'écuyers, de piqueurs, de pages, )) qui faisaient faire à leurs clievaux milles différentes » voltes. Quelquefois les damoiseaux, dont plusieurs » étaient de vrais prodiges de force , de jeunes Sam- » sons, assaillaient ou défendaient pendant plusieurs » heures, avec leurs longues piques ferrées, un petit » carré de fumier, une petite butte de terre , aux ap- )> plaudissements de tous les spectateurs. Après le dî^ » ner, qui ne se faisait guère que vers le milieu du jour, » les barres , les quilles , le palet et plusieurs autres )> divertissements tels que les papegais , les singes , le )> fou du seigneur, les jongleurs, les sauteurs, les con- » certs de flûtes, de clialumels, de tambours, de » trompes, de sonnettes, de rebecs, occupaient agréa- » blement les nombreux hôtes, qui le soir à la veillée » écoulaient attentivement les histoires de l'aumônier » ou du pèlerin nouvellement arrivé de la Terre-Sainte.

» La vie de ce château aurait été trop heureuse si , » comme toute autre, elle n'avait été mêlée d'anxiétés » et d'alarmes; mais quelquefois, au moment où Ton » s'y attendait le moins, pendant le repas , au milieu du » sommeil, le guet sonnait la cloche, on entendait un

» cri ; à cette alerte tout s'animait : les ponts étaient

» levés, les herses tombaient, les portes se fermaient ;

1) tout le monde quittait précipitamment la table, le lit '

» on courait aux créneaux, aux machecoulis, aux meur-

» trières, aux barbacanes... Et malheur aux vaincus! »

Mais, que ces ruines sont donc pleines de majesté, qu elles témoignent bien d'une grande force et d'un grand génie ! A l'aspect de ces hautes tours , de ces épaisses murailles , de ces mâchicoulis , de ces restes de parapets , de chemins de ronde que la mine et le temps n'ont pu faire disparaître, ne se sent-on pas pénétré d'admiration pour le passé? Partout, que de chefs-d'œuvre d'architecture!

Ces souterrains , ces caves , ces prisons où l'on est conduit la lampe à la main , ne vous glacent-ils pas d'effroi? ne craint-on pas d'y rencontrer à chaque pas des ombres menaçantes? On veut sortir en toute hâte de ce vaste tombeau , on veut échapper à la mort , et quand on a quitté cette atmosphère humide et pénétrante , quand on revoit la verdure et le soleil , c'est comme un beau réveil après une nuit de mauvais rêves 1

Si nous aimons les panoramas enchanteurs , gravissons les 100 marches de ce petit escalier qu'on a établi dans la tour la mieux conservée , et arrivons sur la plateforme plombée, d'où la vue se perd bien loin à l'horizon. Regardez î... c est l'église de Pierrefonds, avec son clocher italien (1); l'Hôtel des Bains, au milieu de ses riants

(1) L'église, qai est placée entre la colline du Rocher et l'étang fie la ville, est celle de l'ancienne collégiale de Saint-Suîpice. C'est un vaste édifice compose de deux nefs , d'un chœur et de deux chapelles latérales, formant trois absides polygones, dont l'intermédiaire est de beaucoup plus longue.

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jardins baignés par le lac ; tout le village avec ses maisons saines et coquettes, et plus loin, le vallon de

Cette partie de l'église recouvre une crypte cruciforme à voûtes méplates sans moulures, terminées en cul-de-four vers Pabside ; les angles saillants des murs vers le centre sont rachetés par des colonnes dont les fûts ont disparu, mais dont les chapiteaux courts, carrés, chargés de feuillages variés, assignent incontestablement à la construction une date romane 5 les transepts de cette crypte ont des voûtes et des chapiteaux pareils à ceux du chœur, et dessinent avec lui trois arcs semi- circulaires qui soutiennent les absides polygones de rédifice supérieur. Des escaliers, aujourd'hui comblés,' débouchant dans les latéraux , faisaient communiquer les deux étages.

On voit au milieu de cette église souterraine une fontaine , dite de Saint -Sulpice, dont l'eau est réputée pour la guérison des fièvres.

La crypte a des portes à plein-cintre , paraissant modernes , qui ouvrent sur le jardin de l'ancien prieuré.

Les fenêtres du chœur supérieur sont des ogives simples, allongées, ainsi que celles des chapelles. Les grandes arcades sont franchement romanes avec des colonnes massives et de gros chapiteaux.

On descend cinq marches du chœur à la nef qui est divisée en deux par cinq piliers cylindriques soutenant de larges arcades ogives. E!le a sur le côté nord deux hautes fenêtres Iriparlites, à ogiveUes tr^flées , puis une porte surbaissée , ornée de canelures , de nîcluis h dais pyramidaux , de panneaux et d'un fronton chargé de griiîons ; une rose à huit rayons est pratiquée au-dessus ; à côté est une autre Tenêtre à double ogive.

La faç<de présente deux parties couronnées chacune d'un pignon, ayant une balustrade commune à jour, trois contreforts , trois gargouilles, une tourelle à l'angle nord. La section du même côté est percée d'une grande ogive et d'une petite porte en arc surbaissé. L'autre montre un portail richement orné , à large ogive, encadrant une porte carrée à moulures, quatre ogiveltes tréflées, une rose à huit feuilles; les arcs extérieurs de cette ogive sont l'un à feuillages, l'autre à festons; les contreforts ont des niches à dentelles.

Le clocher, placé au côté nord de la nef près du chœur, est carré, à deux étages d'ogives géminées bouchées. La partie supérieure , bâtie en 1^52 , est couronnée par un élégant belvédère à toit en calotte.

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Palesne el les hautes futaies de la forêt. Est-il un plus riche spectacle? Tâme la moins poétique, en le contemplant, ne se sent-elle pas remplie d'une douce extase?

Dans cette même tour qu'il nous faut à présent descendre, que d'empreintes ne voyons-nous pas sur la pierre ? Au milieu de tant de noms obscurs , n'est-on pas heureux de rencontrer ça et là quelques noms connus et aimés , qui sont venus , eux aussi , admirer les ruines célèbres (1), et y trouver une source d'inspirations nouvelles.

Toute l'église est lambrissée ou plafonnée.

La cryple et les parties romanes du chœur datent de 1050 , époque de !a reconstruction de Saint-Sulpice par Nivelon 1 ; ce seigneur fut inhumé dans la chapelle droite de la crypte , que Cartier {Hist. Valois, tom. 1, pag. 239), indique à tort comme un caveau extérieur attenant le collatéral. La base du clocher, ainsi que le.^ fenêtres du chœur et des latéraux, appartiennent à l'époque des ogives primaires, et en elTet , Garlier assure que les religieux aggrandirent leur église et renouvelèrent presque tous leurs bâtiments pendant les premières années du treizième siècle. La nef et la façade sont au contraire de la fin du style ogival j elles ont dû précéder de peu le couronnement du clocher, qui est dans le goût de la renaii-irEstice.

Il y a plusieurs pierres tombales du quatorzième siècle, el des \itraux en grisailles qui paraissent du même temps.

Les bâtiments du prieuré ont été convertis en une ferme moderne tenant au côté sud de l'église. Il reste quelques portions d'arcades ogives étroites ornées de tores, et des parties du cloître avec des chapiteaux romans. Des caves très- belles sont voûtées à plein-cintre; on communiquait de là au premier château sjUié sur ïa montagne par un boyau dont on a rencontré dernièrement les traces.

Kn défonçant près de là en 1820, on a découvert (rente à qua ranle sarcophages. (M. Graves. Précis statisligne sur le canîon dAuichy, p. 96.)

(1) Les ruines de Pierrefonds furent comprises jusqu'à la révolution de 1789 dans l'apanage de la maison d'Orléans comme dépendances du duché de Ya"~'~ '

C'est au pied de ces ruines, que s'étend le gracieux établissement des Eaux minérales , dont nous allons nous occuper.

Elles furent adjugées au sieur Longuellc vingt -huit veiicléniiairc an sept par l'administration centrale du département , pour la somme de huit mi lie cent francs.

Longuet ayant essayé en vain d'en tirer des matériaux , les échangea le quatre prairial an neuf avec M, Canis, propriétaire à Compiègne ^ qui les vendit le seize floréal an dix , moyennant quinze cents francs, à M. Kadix de Sainte-Foix.

M. Arnoult , gendre et héritier de Sainte-Foix , les revendit à M. Heu , des mains duquel l'Empereur tes retira le quinze février 1813, pour la somme de deux miUesept cent cinquante francs.

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Pierrefoiids fait partie de rarrondisscment de Compiègnc et du canton d'Atticliy. Sa population est de 1,500 habitants environ. Il y a trente ans , il n'était connu que par son ancienne forteresse et par ses ruines grandioses : c'était un pays presque perdu au milieu des bois. On n'y arrivait que par des chemins tortueux et raboteux , dans lesquels nos brillants et légers équipages n'auraient pu se risquer sans danger. Il fallait y aller en patache , à cheval , ou à pied , et à cause de la difficulté du transport , beaucoup se privaient souvent d*une excursion qui déjà cependant ne manquait pas de charmes pour le poète et pour l'artiste.

Le bourg se ressentait naturellement du peu de moyens de communications; il était pauvre, triste, presque abandonné, rempli de masures en chaume. Les ruines elles-mêmes n'étaient pas d'un accès facile comme elles

le sont aujourd'hui. On n'y pouvait pénétrer que par des sentiers escarpés et rapides, où la pierre se mêlait aux épines et aux ronces : c'était d^une extrême sauvagerie, d'un pittoresque indescriptible et merveilleux.

Il n'y avait alors à Pierrefonds qu'une seule auberge — et quelle auberge ! — elle portait pour enseigne, je crois, à Saint-Laurent! Ce brave saint était, bien en^ tendu , sur le gril — comme tous ceux que la nécessité condamnait à s'arrêter chez l'aubergiste.

Il fallait donc être un amant bien passionné de la nature et des arts pour courir après ces hautes tours, ces épaisses murailles, qu'on ne peut voir sans une sorte de respect et d'admiration pour le passé.

Mais , il était réservé h un noble artiste — à un jeune talent qui recherchait pour exercer ses pinceaux, des lieux agrestes et excentriques ~ d'être le bon génie du pays perdu , d'y découvrir tout ce qu'il pouvait renfermer d'éléments prospères , et de consacrer une partie de sa fortune et de sa vie à son bien-être , à sa transformation, à son avenir.

Le Jeune artiste s'était d'abord rendu à Pierrefonds une première fois ; il y était retourné une seconde , puis une troisième , ne pouvant se lasser d'admirer la richesse et la variété des sites. Et, plein d'imagination et d'enthousiasme , il s'était dit : Il y a là quelque chose à faire ! Cet artiste , ce poète , attiré sans cesse vers Pierrefonds comme un amant vers une maîtresse adorée, se décida à y fixer sa tente. Dès-lors , l'art devait embellir la nature , une ère nouvelle allait s'ouvrir pour le modeste et souffreteux pays !

Peu-â-peu l'aspect de Pierrefonds changea de physionomie ; de nouvelles constructions s'élevèrent ; de meilleurs chemins furent ouverts en même temps dans la forêt ; les visiteurs des ruines se montrèrent plus nombreux; enfin, on en parla davantage.

A l'auberge de Saint-Laurent avait succédé une autre auberge moins grossière, devenue depuis V Hôtel des Rîunes, On y pouvait lire cette inscription surmontée d'un drapeau tricolore :

CONNÉTABLE-TERJUS

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