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Prix de revient du façonnage des briques

Le façonnage à la main, dans les briqueteries de cam-

pagne, peut varier dans d'assez grandes limites. Peu élevé dans le Nord de la France, en Belgique, il est plus coûteux dans d'autres régions. Si l'on admet une moyenne de 2 francs à 2 fr. 5o le mille pour les régions citées, on peut admettre le double pour la Normandie, par exemple. Dans ces prix, la préparation de la pâte est comprise, ainsi que l'ébarbagc, la mise en haie et la surveillance jusqu'à la raiselau four. L'extraction de la terre est un travail spécial payé à part.

D'après M. Lefèvre, auquel nous empruntons ces renseignements, dans une usine travaillant à la main, mais préparant sa pâte mécaniquement et utilisant une locomobile pour actionner ses malaxeurs, on arriverait à 3 francs de façonnage par mille.

Dans une fabrique travaillant mécaniquement, c'est-àdire employant des machines à humecter pour réduire la terre enî'pâte, des malaxeurs pour la préparer, des machines à filières^et une machine à vapeur de [\o chevaux, on arriverait, avec^ les frais d'extraction, à 6 fr. 85 le mille avec le rebattage. Ceci s'appliquant à une usine produisant de 26 à 3o 000 briques par jour. En faisant le calcul pour la fabrication en pâte sèche, le même auteur arrive à 6 fr. 65.

D'après des renseignements personnels communiqués par M. Czerny, d'autre part, le façonnage à sec ne serait applicable, d'une manière rémunératrice, que pour une production annuelle d'au moins trois millions de briques. Les frais de façonnage ne seraient plus que de 2 fr. 83 par mille, il est vrai que, dans le pays pour lequel le calcul a été faii, le prix de revient du façonnage en pâte molle ne serait que de 3 ït, 70.

Il ne faut considérer ces renseignements que comme

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des aperçus très généraux qui permettent de se rendre compte très superficiellement de la question.

La belle brique, bien faite, de bon aspect et bien régulière, aura évidemment le pas, sur le marché, sur une brique grossière. Elle pourra donc supporter une plus value.

Si nous comparons la fabrication en pâte sèche avec la fabrication en pâte molle, en France,- nous voyons que la première coûte plus cher de façonnage, mais, en revanche, elle supprime les séchoirs et bien des manœuvres.

Les pi'ix communiqués par M. Czerny s'appliquent h la fabrication totale et justifieraient assez cette manière de voir.

§ 2. — Dessiccation des rriqles

3o. — Le séchage des briques se conduit de deux manières essentiellement difterentes : le séchage sans apport de chaleur artificielle, ou séchage à l'air libre, et le séchage artificiel, dans lequel on met à contribution de l'air chaud que l'on envoie sur les briques.

Autrement dit, on peut sécher des briques au moyen d'un grand volume d'air à la température ordinaire ou recourir à l'emploi d'un volume d'air limité à température plus élevée que l'air ordinaire.

Le séchage étant dû à l'évaporation de l'eau renfermée dans les briques ne peut se produire sans absorption de -chaleur. On sait que la quantité d'eau en vapeur que peut ranfermer l'air varie avec la température. Cette quantité d'eau ne peut dépasser un maximum établi pour chaque température et quand cette quantité est atteinte, autre-

ment dit quand l'air est saturé, sa capacité d'entraînement vis-à-vis de l'eau est nulle. Si à un certain moment même la température de cet air venait à être réduite, une partie de la vapeur d'eau se déposerait immédiatement. La quantité d'eau perdue par l'air correspondrait à celle en excès par rapport au poids de vapeur capable de saturer l'air dans les nouvelles conditions de température.

L'air employé comme agent desséchant ne peut donc enlever aux corps pouvant lui céder de l'eau et avec lesquels il est en contact, que ce qui lui manque pour être saturé. Comme l'air a une capacité de saturation d'autant plus grande que sa température est .plus élevée, on comprend aisément que l'air enlèvera aux corps humides d'autant plus d'eau qu'il sera plus éloigné de son point de saturation.

En introduisant un corps humide dans une atmosphère chaude, l'humidité sera d'autant plus vite enlevée que l'atmosphère sera à température plus élevée. L'humidité se dégagera jusqu'à ce qu'un nouvel état d'équilibre soit obtenu. Ou bien le corps humide sera desséché complètement, ou bien le corps et l'eau qu'il renferme, l'air et la vapeur d'eau qu'il contient atteindront une température uniforme et, dans ce cas, l'air sera complètement saturé de vapeur d'eau et, par suite, incapable d'en absorber de nouvelles quantités.

Pour donner une idée rapide de la quantité d'air que peut saturer i kilogramme de vapeur d'eau, nous allons donner les volumes d'air qui, sous la pression de 760 millimètres, contiendront cette quantité à l'état de saturation de 5° à 5o°.

DESSICCATION DES BRIQUES 5l

Température

Air en kilogrammes

Volume du mélange

lO

On Yoit combien la quantité nécessaire d'air pour entraîner l'eau à l'état de vapeur diminue rapidement.

Dans la troisième colonne du tableau, nous avons incJîdiqué les volumes correspondants.

L'air saturé de vapeur d'eau est notablement moins lourd que l'air sec, ainsi, si nous calculons les poids d'un mètre cube d'air sec et saturé à i5", nous trouvons : I kg. 280 et I kg. 218 sous la pression de 760 millimètres.

L'air, tel qu'il nous entoure, renferme toujours plus ou moins d'humidité, ordinairement, il renferme 60 °/o de la quantité nécessaire pour la saturation. Dans les temps humides, la saturation peut être atteinte, mais dans les temps secs, on n'arrive jamais à la sécheresse absolue et l'air, dans ces conditions, contient encore fio ^/^ de la quantité nécessaire pour la saturation. 11 est fort rare que la quantité d'eau soit inférieure à cette limite de /|0 "/^ de la saturation.

Dans le séchage à l'air libre, il faut considérer que l'air, sans aucun secours calorifique extérieur, devra enlever les trois quarts environ de l'eau contenue dans la brique.

PIEUIIES ET MVTKRIVUX ARTIFICIELS

Une brique contient, en moyenne, i kilogramme d'eau, il faudra doTic vaporiser 750 grammes. A i5°, celte quantité d'eau réclame /1/17 calories pour son évaporation. Avec I cal. 2/1 par heure, apportée par l'air, il faudrait quinze jours pour atteindre la dessiccation complète. Pour obtenir cette quantité de chaleur, en admettant que la température s'abaisse de 1°, il faudra 0,00287 étant la chaleur spécifique de l'air

soit 5 kg. 23 d'air pour fournir la quantité de chaleur par heure. Un semblable poids d'air correspond à 4""^, 25 à 16". En supposant que la brique ait une section de 200 centimètres carrés, la vitesse de l'air devrait être de 2 12"', 5 à l'heure, vitesse beaucoup trop rapide. Si, de plus, cet air renfermait 60 "/o d'humidité, il en contiendrait 68 après avoir passé sur les briques en s'abaissant de i".

On voit, par ce calcul, que la dessiccation à l'air libre doit être fort longue.

3 1 . Dessiccation à l'air. — On pose les briques, aussitôt leur fabrication, sur l'aire dont nous avons parlé et on les abandonne à sécher jusqu'à ce que leur raffermissement soit assez avancé pour que leur maniement puisse se faire sans déformation. Cet inconvénient ne se produit pas avec les briques pressées qui sortent de la machine avec une résistance suffisante.

Au bout d'une période qui varie de douze heures avec un beau temps à quarante-huit heures avec un temps couvert, la dessiccation préliminaire des briques moulées

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est suffisante. Elles ont acquis la consistance du cuir. On les pare alors en enlevant les bavures et les fi-appant sur toutes les faces avec une batte. Quelquefois, les briquetiers de campagne rebattent ces briques à la machine. Ils se servent, pour cela, d'une presse à rebattre (voir la fabrication mécanique) qui provoque un serrage puissant de la masse et donne une forme bien régulière.

Les briques ne sont pas encore assez sèches pour subir la cuisson. On les dispose alors len haies ou gambettes.

Les haies ne sont pas édifiées directement au ras du sol. On fait une banquette de terre, surélevée de loà 20 centimètres, ayant de I mètre à i",20 de large et sur laquelle on dispose les briques. La surélévation évite, en cas de pluie, le mouillage des pieds des briques. On commence par poser trois à quatre rangs de briques seulement. Une charge, plus grande, au début, amènerait l'écrasement des rangs inférieurs.

On laisse sécher un peu ces premiers rangs, puis on continue d'élever des couches de briques jusqu'à seize ou dix- huit rangs au maximum. La pluie aurait naturellement une action néfaste sur des briques crues, aussi a-t-on le soin de recouvrir le sommet •avec des paillassons ou bien encore avec des tuiles. On

donne au toit, ainsi formé, une petite inclinaison en diminuant chaque rang d'une brique. Ces haies ont, ordinairement, 2 mètres de hauteur sur une largeur de quatre briques en longueur.

Cette dessiccation en plein air est évidemment très économique, mais elle n'est sûre que dans les contrées chaudes et sèches. Dans les régions froides et humides, on est donc exposé à de fâcheux mécomptes si une pluie trop abondante ou trop prolongée vient ramollir les briques mises à sécher.

Dans quelques briqueteries de campagne, assurées de travailler pendant une période suffisante dans le même lieu, on perfectionne le matériel de séchage en installant de petites hallettcs sous lesquelles on séchera les briques avec plus de sécurité. Ces hallettes sont construites en bois plus ou moins bien équarri et couvertes en chaume.

Le séchage en haies, quand il est pratiqué dans une usine fonctionnant régulièrement, demande certains frais qu'il ne faut pas croire négligeables.

Le prix d'installation d'un champ de haies, pour une production d'un million de briques par an, varie de 3 à 5 ooo francs suivant l'installation. Le totnl des frais annuels est rarement inférieur à 5oo francs. De plus, les intempéries et la manipulation amènent des détériorations dans les briques qui ne peuvent guère être réduites à moins de 5 "/o de la fabrication.

La manipulation des briques et leur transport reviennent à '2 fr. 5o au minimum par mille, ce qui fait que le travail que l'on doit effectuer depuis que la brique a quitté le moule ou la machine jusqu'au moment d'entrer dans le four, coûte bien de 3 francs à 3 fr. oo par mille.

Quand on sèche les briques sous des hangars, il est

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important de ne pas multiplier les étagères, car on accumulerait trop d'humidité et, par conséquent, on retarderait lai dessiccation.

Pour installer les étagères, on prendra des planches de 70 centimètres qui pourront contenir 7 briques de champ espacées ou bien 5 briques posées à plat. Ces planches seront portées par des bouts de lattes fixés sur des montants verticaux. On pourra construire l'étagère avec neuf étages. Pour une longueur de 5 mètres, on aura environ 766 briques.

La hangar, de /i6 mètres sur 1 1 mètres, pourra abriter une soixantaine de ces étagères, ce qui lui donnera une capacité de /|5 36o briques. Les briques étant supposées rester trois semaines au séchoir, on pourra sécher, par semaine, i5 120 briques et, par an, 35o 000 briques.

Un hangar de ce type coûte 5 francs le mètre courant, ce qui fait 2 000 francs pour le type indiqué, non compris les étagères.

01- Séchage artificiel. — On peut sécher des briques dans des appareils spéciaux reposant sur différents principes. Voici à quels types principaux on peut les ramener :

I" Emploi de chaleur fournie par circulation, c'est-àdire d'air chauffé dont la température s'abaisse et qu'on renoiîvell-e ou réchauffe partiellement quand il est chargé d'humidité ;

2" Emploi de chaleur fournie par conductibihté, c'est-àdire par contact des produits avec la source de chaleur, l'air étant fourni légîèrement chauffé pour absorber l'humidité ;

3" Emploi de chaleur fournie par rayonnement de sa

source, en fournissant de l'air à une température modérée pour dissiper l'humidité.

Dans la pratique, c'est la seconde manière d'opérer qui fut adoptée Ja première, puis on combina la seconde et la première dans la pratique. Actuellement ce sont les propositions I et 3 qui sont le plus en vogue et que l'on utilise soit seules, soit combinées.

Il est facile de calculer la quantité de chaleur nécessaire pour évaporer l'eau contenue dans la brique.

En partant d'air à o°, considéré comme sec et chauffé à 25% puis supposé sortir du séchoir à 12" on trouve que l'évaporation de i kilogramme d'eau nécessite ig i kil. 12 d'air et que la chaleur nécessaire pour élever la température de l'air de o" à 26° est de 1 i5o calories. Cette quantité de chaleur ne sert qu'à échauffer l'air et comme il y a les briques à échauffer en plus on voit qu'elle est déjà trop faible.

Le tableau suivant indique les quantités de chaleur et d'air nécessaires pour enlever i kilogramme d'eau à ^l'état de vapeur entre deux températures déterminées.

Entrée

Sortie

Poids d'air

Chaleur nécessaire

if)4, 1 2 kilogs

I 1 5o calories

I OoO »

En pratique, la quantité de chaleur indiquée par ce tableau doit être augmentée de 5o "/o pour permettre le ré-

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chaulTement des murs du séchoir, compenser les pertes par rayonnement et réchauffer les briques. De plus il n'est pas possible d'obtenir la saturation de l'air sortant du séchoir.

Pour arriver à provoquer le mouvement de l'air on est obligé de munir le séchoir de cheminées d'appel pour aider à l'évacuation de l'air chargé d'humidité et d'employer également des ventilateurs pour vaincre les diverses résistances offertes au passage de l'air.

Les dispositifs donnés aux séchoirs peuvent se ramener à trois types principaux :

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