INTRODUCTION XIX
exemplaire émaillé de signes abréviatifs dont les casses actuelles sont veuves.
L'édition de Leclerc contient, avec ses notes personnelles, celles des plus notables parmi les éditeurs pré- Pierre de Rrach avait transporté toutes les modifications et additions de l'exemplaire personnel de Montaigne.
A mon grand regret, j'ai été mis en relations avec le professeur Strowski. de Bordeaux, trop tard pour pouvoir profiter de ses conseils éclairés. D'après lui, j'aurais dû préférer l'édition des Bibliophiles (Motheau et Jouaust, 1877) qui donne une orthographe plus rationnelle. jMais elle était si libre alors que l'édition de 1002 diffère déjà notablement de celle de iSgS, du même éditeur !
J'en étais à la correction des épreuves de cette Introduction lorsqu'en recherchant dans les Historiettes de Tallemant des Réaux des documents sur Dumonstier, auteur du portrait de Montaigne dont je parle plus loin, je rencontrai sous la plume de Paulin Paris, éditeur des Historiettes, des considérations si conformes aux motifs que j'invoque ici, pour me rapprocher du texte original, que je ne puis résister au plaisir de les transcrire. « J'ai donc, dit Paulin Paris, autant que les corrections définitives du prote d'imprimerie me l'ont permis, respecte ces archaïsmes, qui pourront bien d'abord déplaire au lecteur et l'indisposer contre moi, mais auxquels il s'habituera facilement, s'il veut bien accorder que chez les écrivains de valeur, comme est notre des Réaux, la façon de rendre les pensées tient par des liens délicats à la forme et à la prononciation des mots. En imposant aux contemporains de Voiture etde Balzac l'orthographe de Voltaire ou de M. de Lamartine, on donne au style élégant et facile des premiers je ne sais quel ton criard et quel air emprunté qui les enlève à leur temps et ne les met pas encore du nôtre. Tous les bons littérateurs ne re:onnaissent-ils pas l'inconvénient d'imprimer à la moderne les Marot, les Rabelais, les Montaigne ? La nouvelle orthographe rendroit pourtant ces auteurs plus intelligibles : mais que gagnerions-nous à ne pas respecter l'orthographe et l'accentuation qui suffisaient aux meilleurs écrivains du grand siècle, puisque cette réforme prétendue ne sauroit ajouter à la facilité de les entendre. »