XX INTRODUCTION
cédents (Coste, Naigeon); elle donne une traduction soigneuse des innombrables citations latines icitations quej'ai supprimées de propos délibéré pour alléger mon volume), avec l'indication de l'auteur et de la source ; elle comporte une table analytique très complète; elle contient la série des XXiX sonnets de la Boètie et la plupart des lettres de Montaigne connues au milieu du dix-neuvième siècle.
La reproduction de citations latines des Essais aurait pu cependant me fournir l'occasion de combattre une opinion assez répandue sur Montaigne, opinion dont, à la vérité, il est lui-même seul responsable. A plusieurs reprises, Montaigne revient dans ses Essais sur son défaut absolu de mémoire. Malgré les. arguments donnés par M. le docteur Payen contre M. Grun dans ses Recherches sur Montaigne (i856), je crois bien que c'est là simple coquetterie d'auteur. Comment concilier le manque de mémoire avec ia fidélité des innombrables citations latines insérées dans \qs Essais?
Admettra-t-on que pour chacune Montaigne quittait son cabinet « poly» et s'en allait dans sa librairie consulter la source et copier la citation ? Mais il faut encore de la mémoire, et beaucoup, pour se souvenir qu'un auteur peut fournir un passage formant citation, là combien pénibles sont les recherches lorsqu'il s'agit de remettre le doigt sur le passage dont le souvenir est resté vague ! Je croirais plus volontiers que Montaigne avait toutes ses citations au bout de sa plume, qu'elles en coulaient sans effort. Montaigne a presque constamment laissé à ses éditeurs le soin de rechercher l'auteur et la source de ses citations. Phénomène bien particulier pour un amnésique, presque toutes ces citations ont été reconnues exactes ! Il est difficile d'admettre, comme preuve de cette infidélité de sa mémoire ce fait, qui a été mis en avant, que le titre des