‹ Pilules apéritives à l'extrait de Montaigne, préparéesChapitre 13 sur 34 · INTRODUCTION XXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXI

chapitres des Essais n'a souvent aucun rapport avec la matière traitée. Montaigne n'attachait qu'une importance tout à fait secondaire aux divisions qu'il avait créées dans son texte, aussi bien au moment où il écrivait que lorsqu'il corrigeait les épreuves des éditions successives. « Les noms de mes chapitres, dit-il, n'en embrassent pas toujours la matière ; souvent ils la dénotent seulement par quelque marque... Je vois au change indiscrettement et tumultuairement : mon style et mon esprit vont vagabondant de même. »

On a dit de Montaigne que c'était le type du vaniteux. Cette opinion n'est pas nouvelle; elle avait cours déjà au temps de Pascal et de Malebranche et paraît avoir été inspirée surtout par la passion religieuse. Je ne me lancerai pas dans la discussion de cette opinion que le docteur J. -F. Payen a combattue et réfutée {Recherches sur Montaigne, Paris, i856), avec sa connaissance parfaite du sujet; plus d'un, je le crains, l'a acceptée sans contrôle personnel ; c'est un cliché et même, à mon sens, une légende.

Le docteur Helme, qui a beaucoup fréquenté Montaigne, a eu Tobligeance de me signaler la soutenance d'une thèse récente relative à Montaigne à la Faculté de Médecine de Lyon, thèse dans laquelle il est fait allusion à l'existence possible de relations homosexuelles entre Montaigne et la Boétie ! Le professeur Lacassagne a bien voulu, sur ma demande, m'adresser cette thèse inspirée et présidée par lui, et soutenue par le docteur Delacroix, son élève ^ J'ai eu le plaisir de constater que les conclusions définitives de M. Dela-

I. Raymond Delacroix, Montaigne malade et médecin, in-8, 1 1 2 pages. Rey, Lyon, 1907. — Le docteur Delacroix, médecin au Val-de-Grâce, a eu l'extrême obligeance de m'offrir récemment un exemplaire de son travail : qu'il me permette de lui adresser ici mes remerciements.

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