‹ Pilules apéritives à l'extrait de Montaigne, préparéesChapitre 18 sur 34 · XXVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVIII INTRODUCTION

en Italie, en supprimant le chapeau. Mais le mouvement est faux, la tête disproportionnée et mal attachée. Chéreau a fait là un décapité parlant.

La gravure de Desrochers est évidemment inspirée encore de celle de Jaspar Isaac.

En 1772, Ficquet, l'un des graveurs les plus estimés du dix-huitième siècle, revient à la source première, et reproduit d'un burin délicat le tableau de Dumonstier.

Le même document inspire à Allix, en 1778, une eau-forte en couleurs dont je possède une épreuve d'essai; la reproduction que je place en frontispice donne idée de la qualité de cette épreuve, tout à fait exceptionnelle.

Un peu plus tard, Lebeau, graveur du duc de Chartres, donne une autre gravure du même tableau, fait qui semble témoigner que ce portrait était alors dans la collection de la famille d'Orléans, dont il ne serait plus sorti que pour être légué à llnstitut.

Le deuxième portrait à l'huile de Montaigne, celui qui aurait été exécuté en Italie pendant le voyage, a été gravé en 1774 par Saint-Aubin pour servir de frontispice au Journal du Voyage de Montaigne en Italie. Cette gravure au chapeau a depuis lors été reproduite et imitée par une foule d'illustrateurs.

Un document moderne fort intéressant est la lithographie exécutée au milieu du dix-neuvième siècle à la demande du docteur J.-F. Payen, d'après le tableau à l'huile qu'il possédait, pour servir de frontispice à une brochure consacrée à Montaigne.

Enfin, le portrait de Versailles, copie de celui du comte de Kercado, a été reproduit en Angleterre et dans la collection du Diagraphe de Gavard, dont les planches existent encore à la chalcographie du Louvre.

Grâce aux travaux du docteur J.-F. Payen, je puis encore joindre aux documents figurés la signature de

ICONOGRAPHIE DE MONTAIGNE

Montaigne, son cachet avec ses armes, et des vues de sa maison et de la tour où il s'enfermait pour écrire.

Il m'a été impossible de rencontrer aucun portrait de La Boétie ; le Père Lelong n'en signale pas. Je me borne à reproduire la signature donnée par le docteur Payen d'après une quittance datée de i555.

Par contre, je puis donner la reproduction d'un bon portrait de Pierre Charron, l'auteur du Traité de ta sagesse, ami assez intime de Montaigne pour que celui-ci lui ait permis par son testament de porter ses armes.

J'y ajoute, à titre de curiosité, une perspective cavalière de Paris due à l'illustre graveur Léonard Gaultier, datée de 1601. On voit Paris sur ce document tel que Montaigne l'a connu et aimé. Cette gravure aura ainsi cette destinée singulière d'illustrer des livres n'ayant aucun rapport avec Paris, car elle servit, à l'origine, de frontispice pour un ouvrage d'un des auteurs de la Satyre Ménippée, Jean Passerat (Commentaires sur Tibulle... Paris, 1008).

JUGEMENT DE QUELQUES AUTEURS DU SEIZIEME ET DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE SUR MONTAIGNE ^

La Croix du Maine et du Verdier, sieur de Vau- PRiVAS (Le^ Bibliothèques frajiçoises, 1584; réimpression par Rigoler de Juvigny, Paris, 1772). — Je dirai librement que les Œuvres qu'il a mises en lumière sont tellement suffisantes pour témoigner de sa grande doctrine et jugement émerveillable, et encore de sa diverse leçon, en variété d'auteurs qu'il a lus, qu'il n'est besoin en ceci d'en parler plus avant, à l'endroit de ceux qui auront considéré la structure de ce beau Livre, qu'il a intitulé Essais.

Si Plutarque a été estime seul entre les sçavants, duquel les œuvres dussent demeurer is'il arrivoit que la perte se fît de tous les autres auteurs) je di que celui qui l'a suivi et imité de plus près, doit être le plus recommandable après lui.

Etienne Pasquier, Lettre à M. Pel<j^c, maître des comptes. — C'est un autre Sénèque en notre langue. Les Essais sont un vrai séminaire de belles et notables sentences, aussi belles qu'en toute l'ancienneté, dont les unes sont de son estoc, et les autres transplantées

I. La plupart de ces juf^ements sont empruntés à Coste, préface de son édition des Essaiii, London, i 724.

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