JUGEMENT DE QUELQUES AUTEURS XXXI
si heureusement et d'une telle na'iveté dans son fonds qu'il est malaisé de les juger pour autres que siennes'.
Juste Lipse. — Ita indegetavi Michaeli Montani librum gallicum Gustuum titulo : prohum sapientem et vaide ad meum gustum.
BxLzxc, Dissertation critique. — Montaigne sçait bien ce qu'il dit : Mais sans violer le respect qui lui est deu. je pense aussi qu'il ne sçait pas toujours ce qu'il va dire. Mais l'importance est qu'il s'égare plus heureusement qu'il n'alloit tout droit ^.
Pascal, Pensées, ch. XXVIII et XXIX. — Les deffauts de Montagne sont grands. Il est plein de mot sales et deshonnétes •'. Cela ne vaut rien. Les sentiments sur l'homicide volontaire ^ et sur la mort sont horribles. Il inspire une nonchalance du salut sans crainte et sans repentir...
Le sot projet que Montaigne a eu de se peindre et cela non pas en passant et contre ses maximes, comme il arrive à tout le monde de faillir, mais par ses propres maximes et par un dessein premier et principal.
1. Pasquier ajoute quelques critiques. Il reproche à Montaigne d'avoir donné à ses chapitres des titres qui ne se rapportent pas à la matière : « Celui des vers de Virgile, il pouvoit à meilleur compte l'intituler Cocq à TAsne. » Il blâme ses néologismes et raconte l'avoir chapitré aux États de Blois. dans la cour du château, pour lui faire supprimer ses gasconismes ; ce ne fut pas réalisé sur l'exemplaire d'après lequel Marie de Gournay donna l'édition de iSgS.
2. Balzac se montre acerbe contre Montaigne et l'accuse de vanité, parce qu'il parle quelquefois de son page 1