X INTRODUCTION
à sa clientèle spéciale ; c'est ce que j'ai voulu indiquer dans le titre : ad iisiim medici. Le lecteur ne s'étonnera pas de trouver dans ce recueil quelques passages qui eussent été expulsés sans merci d'éditions classiques universitaires. Mes choix ne contribueront pas, je le crains, à accroître aux yeux des lecteurs pudibonds la bonne réputation de Montaigne ; il se serait aisément consolé de cette déconvenue comme il s'était consolé de la mise à l'Index de ses Essais; mais il est à souhaiter qu'aujourd'hui les lecteurs timorés se montrent d'esprit aussi large que le fut, en i58i, le Maestro del sacro pala^-yO, chef de la Congrégation de l'Index. « Il faut laisser aux femmes, dit Montaigne en manière d'excuse pour un passage un peu libre, cette vaine superstition des paroles. » Non seulement donc je ne m'excuserai pas, mais je dirai tout nettement mon espoir qu'alléché par ces morceaux, parfois un peu court-vètus peut-être, le lecteur, et en particulier le médecin, se laissera convaincre qu'il lui faut, pour son agrément, entreprendre de lire tout Montaigne. S'il se laisse persuader, la table des matières de ce volume est disposée de façon à lui permettre de retrouver dans l'ouvrage original le complément du fragment qui l'aura séduit. Certains chapitres de Montaigne ont, il est vrai, de telles proportions que les recherches resteront forcément un peu pénibles même avec cette table.
Les dictionnaires biographiques me donneraient toute facilité d'insérer ici une notice d'apparence savante sur Montaigne; ce travail de compilation me paraît superflu. Je me bornerai à consigner quelques détails sommaires recueillis dans des publications moins banales que les biographies universelles, dans les éditions