‹ Pilules apéritives à l'extrait de Montaigne, préparéesChapitre 7 sur 34 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

L'aïeul de Michel, Ramon Eyquem, était marchand (de harengs, dit Scaliger) et bourgeois de Bordeaux; son fils, Grimon, grand-père de Michel, anoblit la famille par l'acquisition, réalisée vers la fin du qumzième siècle (1477), ^^ '<^ terre de Montaigne. <<. Le châteati de Montaigne, dit de Querlon. est situé dans la paroisse de Saint-Michel de Montaigne, à 2 ou 3oo pas du bourg, à une demi-lieue de la Dordogne et à deux lieues de la petite ville de Sainte-Foi \ 11 est en bon air, sur un terrain élevé, grand et solidement bâti. Il y a des tours et des pavillons, avec une grande et belle cour-. » L'ornement placé en tète de cette introduction reproduit, à dimension réduite, celui de l'édition des Essais de Pierre Coste (Londres, 1724). On reconnaît, croyonsnous, dans le motif central de l'ornement la maison de Montaigne avec ses tours, au sommet d'une petite colline^ dont la Lidoire baigne le pied. Ce serait le document figuré de la maison de ^Montaigne le plus ancien que nous possédions.

Lorsque la terre de Montaigne sortit de la famille au début du dix-neuvième siècle, elle fut vendue 120.000 francs. Michel jouissait d'environ 6.000 livres de rente, somme considérable pour l'époque.

Le nom de Eyquem, dit Paven, semble d'origine llamande et signifier le v, hameau du chêne ■». Les relations entre Bordeaux et les Flandres étaient alors très suivies, comme en témoignent les nombreux connais-

1. Dite aujourd'hui Sainte-Foy-la-(jrande, patrie du professeur Paul Reclus et de mes bons amis les docteurs Bkoca, Festal, J.-L. Faure, Savariaud.

2. Journal du voyage de Michel Montaigne en Italie — Discours préliminaire, p. 2, note. — Voiries reproductions jointes au présent volume.

3. Comparer avec la reproduction que je donne en planche d'un croquis de la maison de Montaif^ne fait par M. Lacour vers 17H9.

INTRODUCTIQN XV

sements notariés que signale Malvezin pour des expéditions par mer de Bordeaux à Anvers. Néanmoins cet auteur pense que la famille Eyquem était originaire de Blanquefort, près Bordeaux. A partir de i568, on ne trouve plus dans les actes de la famille anoblie le nom de Eyquem, car elle tenait à se distinguer des nombreuses familles roturières de la région portant le même nom.

Pierre Eyquem eut dix enfants ^ Sept garçons : deux morts jeunes probablement, Michel qui devint, par la mort de ses aînés et après le décès de son père, seigneur de Montaigne, Thomas sieur de Beauregard et d'Arsac, Arnaud dit Saint-Martin, Pierre sieur de la Brousse et Bertrand sieur de Mattecoulon, qui accompagna Michel dans son voyage en Italie. Trois filles : Jeanne de Lestonnac, Éléonore de Camam et Marie de Cazalis du Freysse.

Bien que le mariage ne le tentât guère, et qu'il eût fui, dit-il, d'épouserla Sagesse, Michel de Montaigne épousa en i565, à trente-trois ans, Françoise de la Chassaignc; il en eut six filles dont seule survécut Léonor de Montaigne. Les autres moururent toutes en nourrice.

Montaigne portait « d'azur semé de trèfles d'or, avec une patte de lion de même, armée de gueules, mise en fasce 2 ». 11 fut nommé par Charles IX, le i8 octobre iSyi, chevalier de l'ordre de Saint-Michel. Cette nomi-

1. Précurseur de Berlitz, Pierre Eyquem fit élever Michel parun Allemand qui n'avait aucune connaissance de la langue française et ne parla jamais que latin à son élève. « Michel avoit plus de six ans avant qu'il entendît non plus de François ou de Pén^ourdin que d'Arabesque. » {Sommaire de la vie de Montaigne^ par Marie de Gournay, édition des Essais de i635.)

2. Certains portraits de Montaigne portent des armes de fantaisie qui ne sont nullement celles de l'auteur des Essais. (Portrait de Jaspar Isaac [édition CamusatJ, de Chéreau.j

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