‹ Pilules apéritives à l'extrait de Montaigne, préparéesChapitre 9 sur 34 · INTRODUCTION XVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XVII

Montaigne, dit sa fille d'alliance, était « fort opiniâtre en la haisne et au mespris de la doctrine des médecins; antipathieàlui héréditaire »; maisil se méfiait tout autant des gens de loi, et se vantait de n'avoir jamais eu de procès, en quoi il s'était nettement distingué de sa famille, très processive. Son testament en engendra pourtant une série qui se sont succédé sans interruption pendant deux cents ans. Il eut d'ailleurs le pressentiment de ces difficultés si l'on en croit l'anecdote suivante * : « Feu Montaigne, auteur des Essais, sentant approcher la fin de ses jours, se leva du lit en chemise ; prenant sa robe de chambre, ouvrit son cabinet, fit appeler tous ses valets et autres légataires, et leur paya les légats qu'il leur avoit laissés dans son testament, prévoiant les difficultés que feroient les héritiers à payer ses légats. »

Le plaisir éprouvé à la lecture des Essais tient sans doute à la simplicité, à la sincérité de la pensée, au naturel' du style. Montaigne s'observe, s'analyse et il consigne le résultat tout franc de son auto-observation ; que ce soit au point de vue psychique dans les Essais, ou au point de vue physique dans les parties qu'il a pu dicter de son Voyage en Italie, le procédé reste le même. « Le charmant projet que Montaigne a eu de se peindre naïvement comme il l'a fait ! car il peint la nature humaine, écrit Voltaire -. Un gentilhomme campagnard du temps de Henri III qui est

1. Bernard Authomne, Commentaire sur les coutumes générales de la pille de Bordeaux. Bordeaux, 162 1, cité par J.-F. Payen.

2. Cette note de Voltaire est une réplique à ce qu'a écrit Pascal sur Montaigne dans ses Pensées. Nous donnons plus loin les opinions formulées par quelques auteurs du dix-septiéme siècle sur les Essais. Il est curieux de

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