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LA FORME DES ÉCRITS DES GLOSSATEURS

cernent du travail d'ensemble appartient à Justinien. Les glossateurs se croient en effet obligés, en vertu d'un texte du Code, à suivre pas à pas le Corpus dans leurs commentaires, tout autre travail juridique autre que les « paradtla » — expression fort obscure au Moyen-Age — étant interdit.

Les grands traités des glossateurs qui nous paraissent former un tout, so:it donc, en réalité, des recueils de petits travaux sur divers titres du Corpas. L'indépendance de chaque élément dans l'œuvre d'ensemble explique pourquoi des travaux antérieurs y sont incorporés et pourq loi, même sans intention de plagiat, un jurisconsulte peut compléter son œuvre par celle d'un prédécesseur.

Cependant les premiers glossateurs ont aussi publié des ouvrages de longue haleine où la composition paraît absolument indépendante des travaux de Ju^^tinien. Les traités sur les actions et la procédure en donnent les plus nombreux exemples. Aussi, Placentin ne cite jamais un titre de son travail s'ir les actions comme formant par lui-même une summa. Le travail en entier porte seul ce nom et jamais il n'emploie le pluriel — Summae — pour le désigner. C'est que l'œuvre est systématique dans son ensemble aussi bien que dans chique partie; la division et la composition paraissent appartenir à l'écrivain. En réalité, par leur origine ces travaux sont encore exégétiques. Les Instituts, puis le Code, ont servi de modèle et le plan de composition s'est transmis d'un jurisconsulte à l'autre, se modifiant d'après l'état de la science.

Ainsi à l'époque de Placentin, toute œuvre écrite est encore une émanation de la forme primitive, la glose. Malgré l'influence de la scholastique, on y retrouve toujours l'exégèse.

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