‹ Plaidoyer de M.O. Desmarais dans l'affaire de Napoléon Demers [microforme]Chapitre 13 sur 19 · PTE ET RE NES · texte numérisé non relu

PTE ET RE NES

vous regardez pas un acte de

un acte de cri- , femme vivait

ime était aussi herché à faire ce ; est-ce que name habile, ve a chambre, la ignant dans le r de ia viande

: était morte, cette viande !

e et s'il veut

cette viande, les assiettes et elle a préparé

our une femme d'y songer !

croire que sa a mettait soulaissée.

aurait laissé

avait pas de te armoire en

n enveloppée, lans l'armoire

ssi bonne, et ñte dans l’ar-

possible.

avait autre

la mettre, il

re croire que e sur l’évier :

: Ma femme il aurait pu précautions.

rle !

de-board.

Hoi MR Se BL SIC ct nn SN LA 1 SL Lo D D PNR MINE er

On vous dit que le Jait est arrivé à six heures, six heure et vingt ; le laitier peut se tromper sur cette chose-là.

Ah! Non; il ne s’est pas trompé ; pour lui, pour lui c’est impossible qu’il lait apporté à six heures, six heures et vingt ; et l'accusé nous dit que quand il est part: le lait n’était pas arrivé ; indice terrible contre lui !

Bien, messieurs, voici cet homme qui est sorti plusieurs fois pour aller chez le boucher. Comme il vous l’a dit, il est sorti la dernière fois pour aller à son travail. Le pot au lait était dans l'escalier, la première fois qu'il est sorti, il n’y avait pas de lait dans le pot. La deuxième fois encore, il ne devrait pas y avoir de lait.

Alors l’accusé est descendu cet escalier dans deux occasions différentes, il a regardé dans le pot et il n’a pas vu de lait.

Mais pour la troisième fois, lorsqu'il est parti pour son ouvrage ; qu’il ait cru avoir regardé ; qu’il ait regardé sans attention ; ou qu’il n'ait pas regardé, sons l'impression qu’il avait regardé et qu’il n’y avait pas de lait, qu'est ce qu’il v a d’extraordinaire là dedans ?

N'est-ce pas qu’il aurait pu descendre sans regarder et croire qu’il avait regardé, s'être trompé. Des hommes plus habiles se trompent sur des faits importants ; des hommes de l’expérience du coroner qui ne se rappeïient pas ce qui leur a été dit au bout de deux minutes ; ils viennent dans l’espace de deux semaines nous dire la même chose d’une manière différente; ils admettent qu’ils se sont trompés, il n’y a rien d’extraordinaire qu’un homme n’ait pas regardé s’il y avait du lait, quand il avait regardé déjà deux fois, et que les deux premières fois il n’y en avait pas. 1

Et il ne devait pas y en avoir, parce que le ait n’était pas arrivé lorsqu'il est sorti la première fois.

Et l’on dit qu'il est allé chercher le lait avant de partir. Et pour faire voir que sa femme n’était pas morte, il a pris le pot au lait, il la mis dans le side-board.

Bien, messieurs, voilà encore un homme qui a commis une faute, cette fois-là racore ; qui n’a pas été aussi habile qu’on voudrait le faire croire ; lui qui veut faire croire que c’est sa femme qui a entré le luit. Il devait savoir que sa femme avait l’habitude de mettre le lait dans le pot de cristal ; pourquoi ne l’a-t-il pas mis dans le pot de cristal, comme les autres fois 1

Il a fait cette maladresse-là. En prenant des précautions il aurait dû les prendre complètes.

Mais enfin, y a-t-il indice de criminalité quelconque dans le fait que l’accusé va dire : “ Je n’ai pas vu de lait quand je suis sorti ” y a-t-il un indice pour faire naître l’idée de criminalité ?

Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de discuter ce fait davantage.

Maintenant, on dit : Oui, mais le lait n’était pas dans le pot de cristal.

On a amené comme témoin Mme Nantel, témoin que l’on amène toujours quand il manque quelque chose, —et elle dit que Mde Demers avait l’habitude de mettre son lait dans le pot de cristal.

Qu'en connait-elle Mme Nantel ?

Je parlerai plus au long de cette femme lorsque j’examinerai son témoigage. Qu’en connaît-elle, pour dire que Mde Demers était dans l’habitude de mettre son lait dans le pot de cristal ; c'était la troisième fois qu’elle allait là. Les deux fois précédentes, le ménage était sans dessus dessous ; la première fois, le side board n’y était pas. Cette femme Nantel nous dit que Mme Demers était dans l'habitude de mettre le lait dans le pot de cristal. On

lui demande combien de fois l’avez-vous vue faire ? Une fois. Elle vient

dire qu’il était dans le sideboard, parce qu’elle était dans l'habitude de le mettre là, dans le pot de cristal ; elle ne l’a vue qu’une fois ; les autres fois, elle ne l’a pas vu faire.

Madame Demers, la victime, n’a pas mis le lait dans le pot de cristal !

Messieurs les jurés, remaquez bien la preuve même des savants représentants de la Couronne. Hier, à la dernière minute elle a amené la femme Nantel qui est toujours témoin des faits qu’on a négligé d'établir, qui a toujours aperçu ce qui manquait ; on amène Mme Nantel pour etablir que l’aqueduc fonctionnait à quatre heures, le matin ; que l’eau qui était arrêtée la veille, après quatre heures, coulait encore.

Mlle Deguise dit que l’eau était arrêtée dans la journée du mercredi. Elle dit que l’eau était en bas, que l’eau coulait en bas, mais que l’eau ne montait pas en haut ; le tuyau de la rue était brisé.

Et le chef de police nous dit que l’eau n’a été arrêtée qu'à dix heures, le jeudi, bien que le tuyau fut kr°." de la veille.

Oui, à l’aqueduc, l’eau n’a ét arrêtée qu’à dix heures, le jeudi ; d’autres maisons pouvait avoir de l’eau, leur position, permettant que l’eau des conduites plus élevées s’y rende mais la pression n’était pas la même chez Deguise, et Boucher vous dit la même chose,

Mlle Deguise dit que la veille Mme Demers est descenaue avec un grani pot blanc et un pot de cristal pour chercher de l’eau.

Pourquoi allait-elle chercher de l’eau ? Bien, c'est parce qu'elle n’en avait pas en haut ; c’est parce que la pression n'était pas suffisante pour forcer l’eau à monter.

Et, Mme Nantel, comme la première fois, est bien disposée : elle nous répond que sur la rue Richelieu l’eau murchait le matin. Ce n’est rien d’ex traordinaire : parce qu’il y à une certaine distance entre la rue Richelieu et la résidence de Demers ; et pour la raison que je viens d'indiquer, elle pouvait avoir de l’eau.

Mais, n'est-ce pas qu’il est établie par Mlle Deguise que la veille au soir Mme Demers est descendue avec deux pots pour aller en chercher ; deux pots pour aller chercher de l’eau ; n'est-ce pas que l’eau n’a été arrêtée aussi

qu'à dix heures de l’avant-midi ?

Pourquoi y avait-il de l’eau chez Deguise et qu’il n’y en avait pas en haut! Parce qu’il n’y avait pas assez de pression pour pouvoir fournir l’eau en haut ; parce qu’on était à faire des réparations ; le tuyau était brisé ; on ‘avait mis des ouvriers au travail après heures ; mais la veille le tuyau était brisé !

Et, Mme Demers est descendue avec son pot de cristal pour aller chercher de l’eau. Vous savez que lorsqu'on transporte l’eau on la conserve. Ei, Mme Demers a gardé son eau dans son pot de cristal, elle n'en avait pas d'autre ; c’est dans ce pot de cristal qu’elle allait chercher son eau ; et elle n’était pas pour la jeter cette eau qu’elle était obligée d’aller chereher ailleurs.

Et, alors, elle a pris son pot de ferblanc où était le lait et ele l’a mis dans le sideboard.

Est ce que ce ne sont pas des choses ordinaires découlant naturellement

‘de la preuve ? Non, dit la Couronne : Tout ça sont des indices de criminalité ; tout cela sont des présomptions.

Messieurs, dans tout ce que je viens de vous rapporter, je ne crois pas qu'on trouve rien qui soit répréhensible. Au moment de l'arrestation, je ne crois pas qu'il y eût rien la justifiant : Dans toute la preuve qui a été ap-

abitude de le les autres fois,

, de cristal !

vants représenené Ja femme blir, qui a toutablir que l’a- ‘tait arrêtée la

mercredi, Elle au ne montait

dix heures, le

eudi ; d’autres l’eau des con- :

ème chez De-

vec un gran]

e qu’elle n’en iffisante pour ée : elle nous l'est rien d’ex e Richelieu et uer, elle pou-

veille au soir rcher ; deux arrêtée aussi

t pas en haut?

nir l’eau en it brisé ; on e tuyau était

* aller cheronserve. Ex, en avait pas eau ; et elle hereher ail-

telle l’a mis

aturellement de crimina-

ne crois pas ation, je ne

i a été ap-

SON D 1 TC RTE

Sn A AT à D NÉS RS GE os US PT SAR PSS

portée par le Coroner, qui a été racontée par lui, on ne peut rien trouver ayant une importance considérable,

Voilà toute la preuve qu’il y avait en ce moment. Y a-t-il rien qui vous indique que quand on à arrêté l’accusé, il y avait des indices quelconque de criminalité

Dans une occasion où un grand crime a été commis ; quand l'excitation est grande, chacun voudrait faire condamner le coupable : c’est ainsi qu’après l'arrestation d’autres témoins ont été découverts.

La Couronne a appelé un témoin important, au moins quand aux faits qu’il rapporte. D'après elle, Arcade Dupuis est un témoin qui prouverait que Demers est coupable du meurtre !

Bien, messieurs, je veux attirer votre attention tout spécialemene sur son témoignage. Il n’est pas très long ; je vais vous le lire :

‘Q. A l'heure où vous êtes passé chez l'accusé, avez-vous entendu quel- ‘“ que chose ?

‘“ R. Comme je dévirais le coin, en passant sur la rue Notre-Dame, j'ai vu ‘ un homme dans le chassis du milieu de la maison de Demers. Il m'avait # l'air à regarder sur le trottoir, Avant d'arriver à lui, il a toussé. Ensuite, ‘ j'ai approché de lui ; il m'a eu l'air malide, surmonté, souffrant. La, j'ai ‘“ entendu un cri dans ce qui m'a paru être dans lefond de la maison. Là, “il a fait un pas en arrière ; j'ai pensé qu’il allait voir ce que c'était ; il à

“ ouvert les bras, je pense comme pour fermer le chassis. J’ai continué ‘“ mon chemin : ça me reprochaiït cette affaire ; je me suis levé sur mon “ siège, j'ai regardé en arrière, jai vu un homme sur le trottoir.

‘# Q. Quelle porte s’est fermée dans ce moment-là ?

‘“ R. Droit en dessous où j'avais vu l’homme.

‘“Q. A quelle distance avez-vous eu l’idée de voir en arrière ce qui en ‘‘ était ?

‘“ R. A peu près cinquante pieds de la rue Atwater.

“ Q. Voulez-vous regarder le prisonnier à la barre et dire si vous pouvez ‘“ le reconnaître ?

‘ Ca m'a l'air que c’est lui ; mais il a l'air plus gai aujourd’hui que quand ‘“ je l'ai vu alors dans le chassis ”?

Voilà trois mois qu'il est enfermé dans un cachot, qu'il est prisonnier ; voilà un mois qu’il est ici éprouvant toutes les émotions les plus terribles, et le témoin trouve que cela lui donne un air de gaité. (Ca prend un témoin bien disposé ; il lui trouve l’air plus gai aujourd’hui. 11 faut avoir une certaine bonne volonté pour trouver au prisonnier un air de gaité.

Enfin, continuons.

Transquestionné.

‘“ Q. Vous êtes bien certain de l’heure à laquelle vous êtes parti ?

“ R. L'heure, juste à la minute, je n’en suis pas certain ; muis je suis bien certain quant à quatre heures et demie, cinq heures dans vingt.

“ Q. Il dépassait cinq heures dans vingt quand vous avez passé devant la ‘“ maison ?

“R, Il ne passait pas einq heures dans vingt.

“ Q. Alors quand vous êtes arrivé devant la maison en question, vous “avez vu un homme à la fenêtre ?

“KR, Oui.

‘# Q. Dans ce temps-là, personne en bas ne sortait encore ?

‘ R. Personne.

‘“ Q. Vous êtes certain que les gens que vous avez vu ensuite n'étaient pas ‘ sortis, dans le moment ?

“ R. Oui, je suis bien certain, quand j'ai passé là. ‘ Q. Et c’est en ce moment-là que vous avez entendu crier dans l’intérieur de la maison ?

“R. Oui, avant d'arriver au chassis, j'ai entendu crier à l’intérieur de la maison ; ça ma paru dans la même maison.

‘ Q. L'homme était à la fenêtre en ce moment-là ? ‘ R. Oui.

‘Q. Vous êtes certain de eela, que l’homme était dans la fenêtre quand vous avez entendu le cri ?

“R. Oui.

‘Q. Rendu plus loin, vous vous êtes retourné ; ça vous reprochait ?

‘“R. Oui.

‘ Q. C’est la que vous avez vu sortir le viellard et la jeune fille ?

‘“R. Oui, monsieur.

‘ Q. Est-ce que le viellard avait l'air de celui qui est ici ?

‘R. Je l’ai vu de côté, tandis que le prisonnier, on s’est vu face à face dans le chassis.

‘“Q. Vous êtes certain qu’apres avoir vu le vieillard et la jeune fille sur le trottoir, vous n'avez rien entendu, ni après avoir vu fermer la porte ? “R. Là, je n'ai plus regardé.

‘“ Q. Le siège de la voiture était couvert ?

“KR. J'ai continué mon chemin ; je n’al rien vu après.

Et plus loin dans sa déposition, il est questionné par le juge.

‘# Q. Quelle espèce de cri était-ce que vous avez entendu ?

“R. Un cri court, fort assez ; un cri mauvais. J'ai cru que l’homme était magané dans cette maison-là, suivant qu’il avait l’air malade ; ça paru comme si ç’avait eusse parlé après le cri ; mais ça paraissait bien plus bas. ‘# Q. Etait-ce un gémissemenv ou un cri fort ?

“R. Un cri fort.

“Q. Avez-vous pu distinguer si c'était un cri d'homme ou de femme ? ‘“R. Non.

#Q. Ca criait fort ?

“R. Joliment fort ; ça pouvait crier plus fort. J'ai bien entendu crier “fort. J'étais dans ma voiture sur la rue.”

Messieurs, c’est avec cela que l’on veut trouver une preuve contre l’accusé. Je trouve que cette preuve ne peut que corroborer les faits rapportés par l’accusé. Elle corrobore sur un point la preuve de Demers.

Quand Demers dit qu'il est allé regarder à la fenêtre avant de sortir, il dit : ‘ J'ai été dans la fenêtre en avant,” et Dupuis dit : ‘ Au moment où “ j'ai aperçu cet homme dans la fenêtre, J'ai entendu un cri fort, un cri mau- ‘ vais, et puis j'ai entendu parler après cela ; je ne puis pas dire si c’est le ‘“ cri d’une femme.”

Ça ne pouvait pas être la personne dans la fenêtre qui assommait cette femme.

Et puis, il a vu le père Deguise sortir après cela. Le père Deguise: et sa fille auraient entendu ce cri.

Messieurs, la couronne ne peut pas supposer que si Dupuis x entendu de la rue ce cri-là, Deguise qui était dans la maison où il entendait tout ne l'aurait pas entendu, surtout si c'était un cri mauvais, si c'était un cri fort.

es

PE CR NS PNR nr ES A RES Ce EE

Gr ain Da Se I rs EE SE TR SES Sn Es

ant

ite n'étaient pas

ier dans l’inté-

intérieur de la

à fenêtre quand

prochait ?

» fille ?

vu face à face

jeune fille sur ner la porte ?

que l’homme alade ; ça paru bien plus bas.

de femme ?

entendu crier

e contre l’acaits rapportés S.

nt de sortir, il u moment où t, un cri maure si c'est le

bommait : cette Deguise: et sa entendu de la

dait tout ne un cri fort.

Ce que Dupuis «a entendu c’est le père Deguise, criant à sa fille de se hâter, et la fille lui répondant qu’elle était prête.

En effet c’est après cela qu’il a vu sortir le père Deguise qui dans le temps se préparait pour aller à la messe.

Arcade Dupuis les a vus sortir ! Et, c’est avec cela que l’on veut faire une preuve de criminalité ; c’est avec cela que l’on veut faire... messieurs, encore une fois c’est avec cela que l’on veut faire juger l'accusé ; que l’on veut amener douze hommes, qui jugeront seulement suivant la preuve, à condamner ; c’est avec cela qu'on veut vous demander d'envoyer un homme à l'échafaud !

Maintenant quelles sont les autres indices que l’on trouve à ce moment:-là ?

Voilà le père Déguise qui est amené comme témoin.

Messieurs, je démontrerai tout à l’heure, dans quel sens il faut examiner son témoignage.

Dans ce moment, nous en sommes à chercher les indices de criminalité. La couronne veut que le crime ait été commis après le départ de Déguise et de sa fille, pendant leur absence.

Ca ne doit pas être à onze heures du soir lorsqu'ils se sont couchés, parce qu'on n’a pas entendu de cris du tout chez Demers. On les a entendus se coucher, et à ce moment-là, on n’a rien entendu, ni durant la nuit. On entendait tout à travers le plancher, et on n’a rien entendu qui puisse indiquer que le crime à été commis pendant la nuit.

Evidemment alors, ce n’est done pas à cette heure-là : c’est après leur départ.

Examinons donc les circonstances ; demandons-nous, en hommes raisonnables, en hommes qui veulent comprendre les choses, en hommes intelligents, si la chose est rationelle. Vous êtes jurés pour juger suivant votre expérience ; vous êtes jurés pour juger, non pas suivant des préjugés, mais sur les faits qui sont mis devant vous ; et pour décider, à la lumière des choses ordinaires de la vie ; vous êtes nommés pour cela. Les faits doivent être appréciés par des hommes qui savent ce qui se passe dans la vie, comment sont les actes ordinaires de la vie.

Alors, voici un homme qui, d’après les prétentions de la couronne, ne se serait pas couché ; qui est entré chez lui le soir, et qui ne s’est pas couché. L'on veut dire cela, messieurs les jurés, qu’il ne s’e: , pas couché.

Je ne sais pas trop sur quel témoignage on s’appuiera pour cela ; mais -nfin, ce sont les insinuations.

Est-il possible que cet homme-là ne se serait pas couché et aurait passé la nuit assis sur une chaise à aller jusqu’à quatre heures du matin pour attendre le moment de ‘tuer sa femme. Voilà un homme qui attend bien paisiblement ;—il n’y a pas moyen de le contester, (Mile Deguise dit qu’elle les a entendus à onze heures du soir) et, qui attend paisiblement jusqu’à cinq heures moins vingt pour tuer sa femme.

Il n’y a pas d’actes violents, puisqu’à ce moment il n’y a pas de scène, on n’a rien entendu ; Mlle Deguise qui entend ordinairement parler, se lève le matin, s'habille et il. n’y a rien qui indique qu'il y ait eu seulement une difficulté. Le calme le plus complet règne toute la nuit chez cet homme qui va tuer sa femme dans quejques minutes, sans provocation, et il commet de sangfroid son horrible forfait. et en fait disparaître toutes les traces, et s’en va, conservant son apparence calme. Il s’en va comme d’habitude : —c'est un assassin prodige ! croire qu’il a commis le crime de cette façon, son pre- ‘mier crime ? Je ne le crois pas ! assassiner sa femme qui sort de son lit, sans

provocation, sans cause, sans motif ; assommer cette femme à laquelle il à

juré fidélité au pied des autels, celle qu’il à choisie pour être la compagne !

de sa vie, pour lui prodiguer son amour, pour être la mère de ses enfants ; et venir tuer cette femme de sa main, sans scène, sans provocation, avec une scélératesse profonde ; tuer sa femme qui dort à côté de cet enfant qui est dans son berceau, de cet enfant, fruit de leur amour : et, là, sans provoca tion, sans excitation, froidement, assassiner cette femme, et s’en aller direc tement à l'atelier pour aller gagner sa vie: partir de chez lui à l’henre habituelle, un peu après six heures, après avoir fait disparaître les traces du crime, et sans en oublier aucune ; prendre la peine d'aller chez le boucher chercher de l4 viande ; passer chez son troisième voisin, l’hôtellier, le saluer en passant: rien dans sa figure ne dénote une émotion quelconque trahissant ce crime, ce forfait qui est pire que celui de Caïn ; il ne laisse rien voir de tout cela, rentre chez le boucher, cause et discute sur la qualité de la viande qu’il voulait acheter : elle était trop dure ! et puis, dans sa figure, on n’aurait rien vu de cela; rien dans sa figure ne trahit son émotion, rien d’extraordinaire dans sa démarche, dans ses paroles ; venir à la maison, manger un peu et partir ; se rendre à son travail à l'heure ordinaire. Ordinairement ça lui prend trente à trente-cinq minutes pour se rendre à sa boutique.— Or, il arrive là vers sept heures moins un quart ; il était donc parti de chez lui à l'heure ordinaire !

Le contremaître voit cet homme arriver ; il ne constate rien d’étrange ; et cet homme qui n'avait jusqu’à présent commis aucun crime, un citoyen respectable, un ouvrier qui gagne honnêtement sa vie avec son travail serait un comédien de cette force ?

Si vous êtes convaincus par la preuve que cet hemme a pu faire cela: il mérite la mort !...

Oui messieurs, si vous êtes convaincus, par la preuve, que cet homme a pu faire cela : il mérite la mort !...

Mais, est-il possible de croire que l'humanité produise des meurtriers comme cela ?

Non; Dieu n’en à pas créé ainsi !

Messieurs, est-il possible de croire que l'humanité se compose de monstres comme cela? Non, Dieu ne nous à pas créés ainsi ; il est impossible de trouver telle chose dans la nature, de rencontrer des monstres semblables. On rencontre des monstres, on en voit quelquefois ; Dieu, quelquefois, en jette dans la vie, mais on les connait, on les voit grandir. Enfants, ils sont eruels ; enfants, ils commettent des fautes ; enfants, ils dénotent qu’ils seront des monstres ; jeunes hommes, ils commettent déjà des crimes ; ils ont tous les vices, ils grandissent au milieu du vice. Muis l'on ne verra jamais un homme respectable, un bon père, un bon fils, un bon époux, on ne le verra jamais tout-à-coup devenir un meurtrier, un assassin, C’est impossible. L'on ne peut se soumettre à cette idée. Et, après le crime commis, ne pas laisser voir d'émotion ! c’est impossible !

Ce crime ne pourrait s'expliquer que chez un homme féroce, doué des ins tincts de la bête fauve, chez le misérable tombé dans la fange. Aussi c’est à peu près le portrait que le représentant de la couronne a tenté de faire de l'accusé en ouvrant la cause,

Dans ce cas-ci la preuve établit que tout l’avant-midi Demers a travaillé : tout l’avant-midi il a eausé avec ses camarades. Il est descendu pour faire tailler un morceau de fer dans le département du forgeron. Son patron luimême à causé avec lui pendant vingt minutes, pour discuter sur les travaux.

Lol 4

en eg Am PR bud ”" bem 6

me à laquelle i] à

re de ses enfants :

vocation, avec une cet enfant qui est là, sans provoca.

t s’en aller direc chez lui à l’henre paraître les traces er chez le boucher hôtellier, le saluer conque trahissant laisse rien voir de alité de la viande 4 figure, on n’au.

ion, rien d’extraaison, manger un Ordinairement à sé boutique, — onc parti de chez

rien d’étrange ; rime, un citoyen on travail serait

ou faire cela : il cet homme à pu

des meurtriers

ose de monstres t impossible de tres semblables.

quelquefois, en Enfants, ils sont dénotent qu’ils des crimes ; ils l’on ne verra bon époux, on ssassin, C’est après le crime

e, doué des ins Aussi c'est à té de faire de

rs à travaillé :

ndu pour faire Son patron luiur les travaux

Mavait laissé à la maison cette morte, ce cadavre? “fconversé avec lui ?

ALERT

Page 1