PRÉFACE
—Le démon de la justice saine, de la raison, de la logique. Je ne vois rien, mais rien de sérieux qui puisse justifier la rigueur que l’on déploie contre ce malheureux.
—Oh! vous ne voyez rien de sérieux, répliquait mon confrère, parceque vous ne voulez pas être de l'avis de tout le monde. Allez done demain à la Cour, regardez Demers, et vous me direz ensuite s’il n’a pas la tête d'un eri minel.
Le lendemain, je vis Napoléon Demers, et j'avoue que son aspect n'éveilla pas en mot la répulsion qu'éveille souvent la rencontre de citoyens bien placés, bien cotés, et bien canailles, en dépit de leur réputation.
—Mais, dis-je à mon confrère, je le trouve très bien Demers. Il n’a pas du tout la tête d’un bandit. Son front est droit, haut, large ; ses traits sont réguliers ; ses yeux, à fleur de tête, sont pour moi un indice de bonté ; quant à de la bestialité chez lui, je n’y croirai jamais, parceque je crois à l'indication fournie par l'angle facial. Et, chez Demers, cet angle est presque droit,
—[L'avez-vous vu marcher ? répliqua mon interlocuteur qui, décidément, avait de l’antipathie pour Demers.
Non.
—Ah ! je comprends vos doutes, alors ! Voyez-le marchcr et vous serez de mon avis,
— Pourquoi ?
— Parce qu’il à LA MARCHE D'UN ASSASSIN !
C’est avec des raisons semblables que l’on a mis Napoléon Demers en accusation.