SI CE N'ES PAS LUI LE COUPABLE, QUI EST-CE
Voilà l'argument sous le poids duquel on écrasait quiconque élevait la voix en faveur de Demers
Plus le mystère se faisait impénétrable autour de cette affaire, plus le public, inconsciemment féroce, accusait le malheureux époux de la victime.
Il était inutile de plaider en sa faveur ; le fatal: ‘Si ce n’est lui, qui est-ce?” terminait toutes les tentatives que les esprits non prévenus essayaient dans le but de soustraire l’accusé, qu'ils croyaeint innocent, à l’aveugle fureur d’une population qui ne voulait pas prendre la peine de raisonner sur les faits ou même de les examiner.
Toutes les incertitudes de l’enquête, à commencer par les incertitudes de l'expertise médicale, furent accueillies comme des preuves, alors que les témoignages solides de la famille Bergeron, témoignages qui établissaient un alibi indiscutable, furent systématiquement repoussés et les témoins qualifiés de visionnaires.
Dans ces conditions, la tâche du défenseur était extrêmement difficile. Convaincu de l'innocence de son client, il s’attacha à détruire les accusations de la Couronne et à démontrer l’inanité des preuves de circonstances, ou
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