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Je le prierai de se rappeler que bien qu’il puisse convenir de respecter, dans une législation provinciale, les sentiments d’un petit corps d'hommes d’une autre province, entre autres les sentiments des membres d’une association née et morte en un
jour, il importe surtout de respecter les croyances d'un corps important de la même
province et celles de deux miliions d'hommes dans d’autres provinces.
Qu'il se rappelle surtout que la règle de proportion n’a pas été faite pour le catholique ou le protestant, mais pour l’un et l’autre; pour tous.
Qu'il cesse de vouloir éveiller le paisible protestant de Québec et pousser le protestant satisfait du Manitoba à un confiit avec ceux qu'il a appris à respecter, et qu’il apprenne de celui qu'ii a si longtemps suivi en politique, et non seulement de lui, mais des Mackenzie, des Blake, des Mowat et de tous les grands chefs des deux partis politiques, que le Canada ne saurait jamais atteindre à sa véritable grandeur nationale en exerçant la tyrannie contre des minorités importantes, muis en recourant à l'esprit de justice et à la sympathie qui, portée à son suprême degré, réunira en une seule les religions de l'univers, toutes reposant sur le principe de charité.
En terminant je suis heureux de dire que je tombe d’accord avec mon savant ami pour vous remercier de la patience avec laquelle vous avez écouté cette longue et, pour ce qui me concerne, je le crains, cette ennuyeuse argumentation,
Sir CHARLES HiBBerr TUPPER.—J'aimeruis à vous demander si vous avez étudié quelle forme il faudrait donner à un arrêté réparateur. Vous avez soumis un projet de loi; avez-vous songé à une forme quelconque d’arrêté réparateur ?
M. EwartT.—Jusqu'à un certain point, oui, Je proposerais d'adopter la forme de l’arrêté du Comité judiciaire du Conseil Privé, En tous cas, cette forme, de préférence à celle ordinairement appliquée aux arrêtés du conseil, relatifs à un rapport du comité et À son adoption. Il ne conviendrait pas, je crois, de procéder de cette façon, car je pense que le Comité n’a pas, comme le Conseil, juridiction pour nous entendre.
Hon. M. Ives.—Pouvez-vous donner au Conseil une estimation fidèle du nombre d'enfants qui fréquentent les écoles dans le Manitoba ?
Hon, Sénateur BERNIER.—Il y en a environ 6,000.
M. MoCarTay.—J'ai ici le rapport du département de l'éducation du Manitoba, de l'année 1893, Je ne sache pas que les chiffres soient parfaitement exacts mais ils établissent approximativement quelle était la population fréquentant les écoles de cette année-là.
Sir MACKENZIE BoweLL.—La requête demandée par M. Ewart a été déposée sur le bureau pour son utilité.
M. EwarrT.—J’ignorais que je dus avoir cette requête ce matin, Comme elle est maintenant produite, me sera-t-il permis de dire quelques mots en réponse à l’assertion que je ne représente ici que l'élément français. Je veux parler ici de la première requête qui renferme 4,267 signatures. En parcourant ce document on pourra voir qu'il est signé par des Français, des Irlandais et des Anglais indistinctement, et, la population ‘atholique du Manitoba étant d'environ 15 000, les noms que renferme ce document représentent plus de 25 pour 100 de cette population, hommes, femmes et enfants.
M. MoCanray.—J'allais soumettre au président que relativement à la prétendue 4e liste des droits que l’on dit avoir été introduite dans le procès de La Reine vs Lépine, dont une copie authentique est produite, il conviendrait que le ministre de la Justice fît ajouter une copie de lu preuve.
Sir CHARLES HigBerr Tupper.— Vous voulez parler de la preuve à ce sujet lorsque cette liste fut introduite ?
M. MoCarrTayx.—Oui, lorsqu'elle fat introduite dans la cause criminelle, La connaissance de la chose pourrait avoir quelque intérêt historique,
Sir MACKENZIE BowErL.—Comme l’argumentation est terminée le Conseil va maintenant lever sa séance.
La séance est levée,
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