Acte d'accusation
Le 30 mars de l'année dernière, entre sept et neuf heures Readly mais mscrit a l'état civil de Greenwich sous les
tUambre n» 7 el il avait pour compagnon de voyage l'accuse Rish-Allah, qui était logé lui-même au n« 14 II iiV avait, du reste, à l'hôtel pas d'autres étrangers qu'un cai! aine de navire et sa femme logés au premier éta"e à rau
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Le compagnon de Kealdy était donc le seul qui pût être
roSnt an '''r'!^"*^ '^ "'^"'-^ ^' '^ doiLsti^e lu dTû^iéir étlge"'^'^""''^ P^'"^^"' <!- «-<1'^ '"-"-^ Kish-Allah fut" donc arrêté le 30 mars, mais le iu"e cl instruction crut bientôt à un suicide; l'ac usé fut eu Zt On ï.'nT Tr "■'"■'f '« ' ''"' "' '""'■^ de cause le b mai. R h*^AIl h c?'' ''"',' r'' ''' ^'^'^'y "^^-^il rapportera
Cet intérêt majeur, que l'on était loin de soupçonner, ne
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Unaicet ' ' •''''™" ^*"«"""' belge et Ministre des
AFFAIllE RISll-ALLAll. 17")
l'iit révélé que plus tard pai- une letlie de Londres ; mais Kisli-Allab avait qiiitlé la lielgique depuis le 16 avril et la ielti'e de Londres n'indiiiuait pas sa nouvelle résideiiee ; elle annonçait mènieson prochain départ pour laSyi'ie, de sorte cpiune nouvelle poursuile n'avait, pour ainsi dire, aucune chance d'aboutir. L'allaire élait donc abandonnée pour toujours lorscpi'un nouveau crime fit connaître tout à la fois la résidence de Rish-Allah, ses rapports intimes avec un faussaire de profession et d'autres circonstances, qui permirent de reprendre l'information commencée à Anvers.
Le 1" février dernier, entre deux et trois heures de relevée, un étranger présentait à l'escompte chez MM. Bru^mann fils, banquiers à Bruxelles, deux chèques, numéros 388et 387, lettre H, surle National Bank de Londres, chèques auxquels on avait donnéla forme de deux lettres de change l'une de 200 et l'autre de 130 livres sterling. Toutes les signatures de môme que les griffes d'endossement apposées sur ces lettres de change étaient fausses. Plusieurs de ces signatures se rapportaient à des èlres inconnus, mais celle de MM. Sauvage Vercourt, banquiers à Liège, offraient une ressemblance si frappante avec la signature de celte maison, que MM. Brugmann n'hésitèrent pas à remettre au porteur des deux effets les 8,780 fr. que représentait la valeur.
Ce dernier leur avait aussi exhibé un passeport dont ils n'ont pas vérifié le signalement, mais qui était délivré à un prétendu Charles Readly, et c'est aussi du nom de Readly que le faussaire a signé en leur présence les deux endossements à leur profit. MM. Brugmann réclamèrent donc à Londres le remboursement de leurs titres; mais le National Bank répondit qu'ils provenaient d'un livre à chèques remis en blanc à Uish-Allah, logé au Grand Hôtel de Paris et ({ue ce dernier, les ayant perdus, avait exprimé le désir qu'ils ne fussent pas payés.
Le National Bank envoya, même à MM. Brugmann la copie d'une lettre que Rish-Allah lui avait écrite de Paris, le 31 janvier, pour l'avertir qu'il avait perdu, la veille dans 'a soirée, son portefeuille contenant quelque argent et deux chèques en blanc n°s 388 et 389, et Rish-Allah écrivit luimême à MM. Brugmann en réponse à une demande de renseignements, qui lui était adressée, qu'après s'être pro-
r(> PLAIDOYERS DE M^ LàCIIâUD.
mené sur les boulevards, il était rentré à rhôlel e( s'élnit aperçu de la perle de son portefeuille.
Mais il était assez singulier que deux chèques perdus en blanc sur les boulevards de Paris, dans la soirée du :jOjanvier, fussent précisément tombés entre les mains d'un faussaire assez habile et assez expéditif pour apposer sur chacun d'eux, pendant la seule journée du 21 janvier, six fausses signatures et deux fausses grifles d'endossement, et pour s'être trouvé ensuite chez MM. Brugmann à Bruxelles entre deux et trois heures de l'après-midi. Il était encore plus singulier que le porteur des deux chèques prétendus perdus par Rish-Allah eût en sa possession un passeport qui reproduisait, à deux lettres près, le nom de Charles Ueadly, l'infortuné compagnon de Rish-Allah à Anvers. Le parquet de Bruxelles s'adressa donc à la préfecture de police pour obtenir des renseignements sur la moralité de Rish-Allah, puisqu'il n'était pas impossible qu'il eut remis les deux chèques àun faussaire au lieu de les avoir perdus, la nuit, sur les boulevards.
Les renseignements, sur lesquels nous reviendrons au sujet de la mort de Readly, furent excessivement défavolables, et mirent sur la trace du faussaire, qui avait escroqué la maison Brugmann ; ils signalèrent en effet Rish-Allah comme ayant vécu à Paris dans la plus grande intimité avec son co-accusé Osman, qui avait été condamné à Londres pour faux, en 1858, à six années de servitude pénale; qui est poursuivi à Londres et à Paris pour deux autres faux et ({ui avait été condamné à Triesle, en 1845, à quinze années de travaux forcés [carcere duro) pour vol, tentative d'incendie, et tentative d'assassinat.
La liaison des deux accusés était même si intime, que Hish-Allah était venu retenir une chambre pour Osman, le 23 janvier, rue Castiglione, n" 9, à Paris ; qu'ily avaitamené Osman vers quatre heures, qu'il était resté à dîner aveclui, qu'il venait l'y voir presque tous les jours, qu'il y déjeunait et dînait très souvent avec lui et à ses frais, qu'il se niellait même quelquefois à table et qu'il déjeunait sans atlendre son ami qui payait cependant les deux déjeuners.
C'est d'ailleurs Osman, qui avait retiré du greffe d'Anvers, pour le compte de Rish-Allah, tous les effets et le passeport de Readly. Or il est certain qu'Osman se trouvait à Bruxelles
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1(3 !"'■ l'évrior, (miIi-o deux ol liois heures, au inonienl où lo i'aussiiiix; se prôscnlait chez MM. Hrn^nnanii, pnisnue Osman expéthaiL de la slalioii du Midi, à trois heures Irciite-deux minutes, un télégramme à Risli-Allah logé au Grand Hôtel, à Paris et que le dernier ti-ain, qui aurait pu l'amener de Paris, était arrivé à Bruxelles à une heure trente-deux minutes.
Ce télégramme porlait : (( J'arrive, Je serai à Paris après quatre heures du malin » et il y avait en effet, à cette époque, un train qui partait de Bruxelles pour Paris à cinq heures vingt-cinq minutes du soir et qui arrivait à Paris à quatre heures cin(iuante-cinq minutes du malin. Aussi Rish-Allah est-il venu déjeuner avec Osman, le 2 février, rue Castiglione, quelques heures après son rerour de Bruxelles.
Il est vrai que le télégramme du \^^ février désignait comme expéditeur un M. Efîendi, dont il portait également le nom. Mais Osman, qui s'appelle en réalité Joseph Ruscowitch, avait l'hahitude de s'attribuer ceux d'Osman Yussuf et d'Osman Etlendi. 11 importe donc peu que ce télégramme soit signé Elîendi ou Osman, d'autant plus qu'il est entièrement écrit de la main de l'accusé, comme le prouve l'expertise jointe à la procédure.
MM. Brugmannont parfaitement reconnu le faussaire dans la photographie d'Osman, qui a été aussi reconnu à Paris et à Londres pour les deux autres faux, dont il s'est rendu coupable.
C'est donc bien l'ami de Rish-Aliah, qui s'est présenté le !«'' janvier, entre deux et trois heures de l'après-midi, chez MM. Brugmann avec les deux chèques prétendus perdus. Quant au passeport de Readly qu'Osman avait retiré du grelï'e d'Anvers pour le compte de Rish-Allah, on ne l'a retrouvé ni chez ce dernier à Paris, nidans ses papiers ouceux d'Osman à Londres. Osman l'avait donc nécessairement gardé par devers lui, et il lui avait suffi d'un moyen bien simple et bien connu pour faire disparaître de cette pièce la signature et les deux dernières lettres du nom de Readly pour les convertir en celui de Charles Read et pour y apposer ensuite une signature de fantaisie parfaitement semblable à celle qu'il a apposée à Bruxelles en dessous des deux endossements au profit de la maison Brugmann. La culpabilité d'Osman est donc évidente.