‹ Plaidoyers de Ch. LachaudChapitre 18 sur 21 · III. — (Même numéro) : « On se souvient seulement · texte numérisé non relu

III. — (Même numéro) : « On se souvient seulement

<iu'en 18ol, aide de camp du général de Saint-Arnaud, ministre de la guerre, il avait été l'un des collaborateurs en sous-ordre du coup d'Elat du 2 décembre.

« Ces attributions mirent dansles mains du lieutenantcolonel Trochu l'exécution des décisions rendues par les commissions mixtes, et les souvenirs contemporains affirment qu'il n'entrait pas alors dans ses sentiments d'en tempérer la rigueur, au contraire ! »

IV. — (Numéro du 27 janvier) : « Le général Trochu arriva de Paris au camp de Chàlons le 16 août, en même temps que l'Empereur y arrivait de Metz. La conférence solennelle du lendemain 16 août est trop connue pour qu'il soit besoin de la raconter ici. Il suffit de rappeler que le général Trochu y reçut de l'Empereur le gouvernement de Paris, qu'il lui adressa ces paroles textuelles: « Sire, dans « la situation pleine de périls où est le pays, une révolution « le précipiterait dans l'abîme; tout ce qui pourra être fait « pour éviterune révolution, jeleferai... » et qu'il embrassa deux fois l'Empereur en protestant de sa fidélité.

« Il réclama de la Régente, à défaut de l'Empereur,

un décret qui consacrât immédiatement sa nomination. « Mais, général, objecta l'Impératrice, je ne suis qu'une « Régente constitutionnelle, et je n'ai pas le droit de donner « ma signature sans qu'elle soit couverte par celle d'un (( ministre responsable. — Madame, répartit avec véhé- <( mence le général Trochu, les plus grands malheurs peu- « vent résulter de votre refus. J'ai donné ordre aux 12,000 « mobiles de la Seine de quitter le camp de Châlons et de « se diriger sur Paris parles voies rapides; ils seront ici

354 PLAIDOYERS DE W LACIIAUD.

« demain. [Is n'ont confiance qu'en moi. Si, à leur arrivée, <( ils ne trouvenl pas placardé sur les murs le décret qui me- (( nomme Gouverneur de Paris, ils se croiront trompés, el je (( ne saurais répondre des conséquences. »

<( Devant ces menaces peu déguisées, l'Impératrice, malgré sa fermeté d'âme, céda. »

Page 1