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CHAPITRE V

TRAITEMENT

Pour un grand nombre de plaies de poitrine l’imminence de la mort est telle que le blessé ne peut arriver assez tôt jusqu’à l’ambulance où il pourrait trouver le secours chirurgical nécessaire.

Beaucoup meurent sur le coup ou quelques instants après. Pour ceux-là, bien entendu, aucune ressource n’est possible. Mais, parmi les blessés gravement atteints qui saignent dans leur plèvre ou au dehors, un certain nombre encore, déclarés intransportables, meurent au poste de Recours ou dans les ambulances de triage.

Ces formations, installées en hâte dans un local insuffisantyne peuvent, la plupart du temps, pratiquer d’intervention et le pourraient-elles, elles sont si rapidement encombrées dès tes premiers moments d’une action qu’elles manqueraient presque aussitôt de temps et de personnel. C’est pourtant dans l’ambulance de triage ou à côt^ d’elle que devraient pouvoir jse pratiquer ces opérations d’extrême urgence.

Cependant le blessé ne sera transporté à l’ambulance de traitement que s’il peut supporter le voyage. Aussi l’indication d’urgence par hémorragie est-elle exceptionnellement constatée dans les formations où l’on pourrait la remplir.

Nous reviendrons plus loin sur les indications'opératoires de cette opération d’extrême urgence qui est l’arrêt de l’hémorragie dans les plaies de poitrine (voir p. 145).

Cette question a donné lieu à de nombreuses et importantes discussions. Il paraîtrait cependant dénué de sens que l’on discutât de l’utilité d’arrêter une hémorragie dont l’abondance

TRAITEMENT

entraînerait forcément la mort. Aussi bien n’est-ce pas là le point en litige.

Qu’il faille lier le vaisseau qui saigne, le fait n’est pas douteux. Mais a-t-on l’occasion de le faire dans les ambulances de traitement qui sont généralement placées à 15 ou 20 kilomètres de la ligne de combat?

Voilà bien le point important et pratique de la question. Les faits semblent bien démontrer qu’un blessé de poitrine qui continue à saigner, même peu abondamment, ne pourra pas, sans de très^aves mqufîs-ée-Tinïtirir en route, faire un voyage aussi lon^iliiivdes routes défoncées, dans des voitures mal suspéndues et jl an's le trim balomont -d’un brancard.

Encore ici, comme pour les plaies de l’abdomen, se pose la question du poste chirurgical sysfématisé et à débit réduit, mais assez près de la ligne de feu pour que ces blessés puissent être opérés.

f ''~TEe^iquement, c’est au poste de secours ou dans son oisinage que l’opération devrait être pratiquée. Gela est-il ossible pratiquement? La question n’est pas si simple à résoudre.

Sans doute, Depage à La Panne a réalisé en rase campagne, en pleine vue de l’ennemi, un poste chirurgical avancé construit non pas sous terre, mais en élévation. C’est là que sont arrêtés à 2 kilomètres des tranchées les blessés du ventre et du thorax.

Mais ce qui est possible sur un front étroit et très calme ne saurait être possible dans une région agitée, et puis plus on se rapproche des tranchées plus les communications parallèles à la ligne deviennent difficiles. Pour être utiles, par conséquent, ces postes avancés devraient être multipliés en nombre presque infini, ce qui n’est guère possible.

Bref, nous ne discuterons du traitement des plaies de poitrine que dans les conditions où nous pouvons les soigner, c’est-à-dire à l’ambulance de seconde ligne.

Nous envisagerons le traitement des plaies de poitrine suivant leur degré de gravité. Nous verrons ensuite le traitement des complications.

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