DEUXIÈME PARTIE
Contrairement à ce qui se passe pour la très grande majorité des plaies de guerre, il semble que jusqu’à un certain point la poitrine résiste davantage â l’infection. On est frappé du très grand nombre de corps étrangers restés inclus dans la plèvre ou le poumon et que l’on retire dans les formations' du territoire, alors qu’ils n’auraient certainement pas été tolérés si longtemps s’ils avaient occupé toute autre région..
Sur 335 cas de plaies de poitrine suivis spécialement par nous, nous ne trouvons que 56 exemples de suppuration secondaire pour laquelle nous ayons été contraints d intervenir. Encore les accidents infectieux immédiats ont été la grande exception, puisque cinq de nos blessés seulement firent des complications septiques dans les premières heures de leur blessure.
Il est bien certain qu’à ce point de vue, il faut tenir compte à la fois du tissu blessé et de l’agent microbien introduit.
Les recherches de Policard et Phélip ont nettement établi que presque tous les projectiles introduisent avec eux du perfringens en même temps que des microbes ordinaires de la suppuration. C’est aussi le perfringens qui se développe le
premier dans la plaie inoculée et cela plus de vingt heures, avant que les autres agents virulents aient eu le temps de pousser. /
Mais le perfringens est un microbe essentiellement anaérobie et il ne peut être de plus mauvais terrain de culturel pour lui que le tissu pulmonaire si particulièrement chargé d’air et d’oxygène.
De fait, nous plaçant au point de vue purement clinique, nous voyons l’infection consécutive aux plaies pénétrantes de poitrine, se manifester à des époques assez nettement distinctes et cette division, nous paraît de première importance dans l’étude symptomatique, pronostique et thêrap'eutique des complications infectieuses.
L’infection peut apparaître d’emblée, être en quelque sorte primitive; toujours grave, à allure rapide, qùelquefoi's même brutale et massive, elle agit souvent à la manière d’une véritable gangrène gazeus e pleur o-pulmonaire. L’action cbirur- gicale à y opposer devra être aussi rapide que possible, pour garder quelque espoir d’être efficace.
D’autres fois l’infection se manifeste comme une complication secondaire, soit dlune manière assez précoce dans les huit premieré jours, soit plus tardivement.
L’infection précoce esfl^ours grave.
Par contre celle qui ifâllparaît qu’après le sixième bu huiitième jour est souvent plus insidieuse, risque de passer ina[ perçue, demande à être dépistée, mais il importe alors de nè poser l’indication opératoire qu’à bon escient et d’éviter) d'intervenir pour une suppuration que l’on craint mais qm n’existe pas.
Toutefois, lorsque au bout de trois ou quatre semaines un blessé de poitrine n’a fait aucune complication infectieusq, ceci ne' veut pas dire qu’il est débarrassé de tout danger et ne fera pas ultérieurement, quelquefois dans un avenir assea lointain, quelque manifestation septique. Maipon n’a-t-il pâa trouvé autour de corps étrangers depuis longtemps retenus dans le poumon de petites collections qu’aucun phénomène clinique ne permeltait'de prévoir.