PRONOSTIC
Avant de voir ce que deviennent les blessés de poitrine évacués dans le territoire, il nous faut jeter un regard ■ d’.ensemble sur les résultats obtenus dans l’ambulance de traitement. A peu de choses près, les statistiques se ressemblent et l’on peut dire que 15 à 20 p. 100 des blessés hospitalisés succombent dans ces formations.
Si donc nous faisons une récapitulation d’ensemble de la mortalité qui entraîne la plaie de poitrine, nous arrivons à un chiffre véritablement effrayant.
Aujourd’hui qu’il a été possible d’étudiar plus strictement les statistiques des plaies de la plèvre et du poumon, on s’étonne des chiffres que donnaient les chirurgiens qui ont vécu ■ les guerres modernes précédentes, ceux-mêmes qui ont écrit au début de cette guerre donnaient des chiffres si rassurants que la plaie de poitrine paraissait des plus bénignes. Nous sommes loin aujourd’hui d’avoir la même opinion.
Déjà nous avons vu, sans qu’on puisse établir une proportion même approximative, qu’une grande quantité de ceux qui restent sur le terrain de combat succombent à des plaies du thorax. Les médecins régimentaires estiment qu’avec les blessures du crâne, celles de la poitrine sont les causes les plus fréquentes de la mort immédiate sur le champ de bataille. Mais laissons de côté une approximation qu’il est matériellement impossible d’établir.
La mortalité va en diminuant, du poste de secours à la zone de l’arrière, et cela se conçoit facilement puisque, à chacun de ces échelons, les médecins chargés du triage arrêtent etretien- ♦nent dans leur formation les blessés les plus gravement atteints. Beaucoup cependant ne dépassent pas le premier échelon sanitaire qui est le poste de secours. On estime qu’environ 25 p. 100 des plaies du thorax meurent, au poste régimentaire avant d’avoir pu être évacués..
Ces 75 blessés, qui sont allés plus loin, ne dépasseront pas tous l’ambulance divisionnaire vers laquelle ils seront dirigés.
Durant le trajet, quelques-uns succombent, d’autres sont arrêtés comme intransportables, et en fin de compte 15 à 20 p. 100 meurent encore à cette nouvelle étape des services sanitaires.
Il n’y aura donc sur les 100 blessés, partis du poste de secours vers l’arrière, que 55 à 60 d’entre eux qui atteindront les ambulances de traitement.
C’est le résultat du traitement fait à ces 60 blessés qu’il nous.faut maintenant rechercher.
Nous ayons déjà vu que 15 à 20 p. 100 meurent encore malgré le traitement. Ces chiffres sont incontestablement des plus relatifs. Mise de côté toute question d’opportunité et de^ sagacité thérapeutique, la situation occupée par l’ambulance de traitement entre pour une large part dans la valeur du pourcentage.
Les conditions du terrain ou de l’activité du front permettent d’installer certains centres chirurgicaux si près des lignes, qu’ils fonctionnent à peu près dans les conditions d’une ambulance divisionnaire, d’autres sont assez loin pour pouvoir être considérés presque comme des hôpitaux de l’intérieur.
Il faut donc, pour se faire une idée d’ensemble, considérer le total et non les résultats de chaque centre pris isolément.
Il est bien certain, tout d’abord, que la mortalité est surtout grande dans les deux premiers jours qui suivent l’entrée des blessés. Pierre Duval a r.éuni les chiffres donnés par Gatelier et Barbary, Depage et Janssen, Maisonnet, et nous les reproduisons ici en raison de leur intérêt.
Gatelier et Barbary sur 20 morts en comptent 7 (un tiers le premier jour), 8 (un tiers) le 2» jour, 2 du 3“ au Séjour, 3 après 8 jours.
Maisonnet sur 22 morts note 11 morts (moitié) dans les deux premiers jours, 0 du 3“ au 7% 4 du 7® au 10, 6 après 10 jours.
Depage et Janssen sur 59 morts en comptent 30 (moitié) le