PRONOSTIC
premier jour, 5 le 2® jour, 4 le 3® jour, puis une moyenne de 1 par jour consécutif.
Ces chiffres démontrent d’une façon absolue que c’est dès l’arrivée que ces blessés réclament toute l’attention du chirurgien et nous pensons que, mieux averti chaque jour, on parviendra à diminuer notablement le nombre des morts du début.
11 nous a semblé que le chirurgien est beaucoup moins bien armé pour lutter contre les accidents septiques. Ceux-ci apparaissent généralement vers le sixième ou septième jour, et nous croyons pouvoir dire que c’est bien là la cause la plus fréquente de mort des blessés de poitrine qui ont pu arriver au centre chirurgical.
Sur les 375 observations de notre statistique, publiée avec G. Gross à la Société de Chirurgie le 7 février 1917, nous comptons 18 décès sur 48 suppurations de la plèvre ou du poumon, c’est-à-dire à peu près 30p. 100 de décès. C est, à notre avis, de beaucoup la cause la plus grande de mortalité chez les blessés de poitrine hospitalisés.
Quand on a paré aux accidents de shock, de compression thoracique par épanchement, tous les efforts du chirurgien doivent tendre à prévenir et à dépister les complications septiques. Si l’on reste bien persuadé que c’est à peu près toujours dans la plèvre que se fait la suppuration et qu’on ne décéléra cette suppuration qu’au moyen du gros trocart de Potain ou du bistouri, et non de l’aiguille de Pravaz, on guérira quantité de blessés qu’on traite trop souvent par erreur pour des complications pulmonaires. Il faut évacuer l’épanchement tôt, avant que ne se soit formé l’abcès de la plèvre, et nous ne doutons pas qu’on voie alors diminuer dans une grande proportion les cas de mort pour plaie de poitrine.
Nous donnons ici, comme preuve de ce que nous avançons, la statistique des cas de plaie de poitrine soignés par nous dans les dernières affaires du front de Verdun, où notre situation nous permettait de recevoir les blessés directement des postes de triage et dans les premières heures.