V. Séquelles pulmonaires. — Divers cas sont à envisager
Ou bien- ces séquelles ne donnent lieu à aucun trouble fonctionnel et ne sont découvertes qu’à l’examen physique ou même seulement à l’examen radiologique; ce sont, à proprement parler, des cicatrices. Ou bien elles se révèlent par un ensemble de symptômes plus ou moins fournis et dont l’interprétation est parfois délicate.
1“ Dans certains cas, il n’existe aucun trouble fonctionnel.
SUITES ÉLOIGNÉES
Belot a ainsi montré qu’il était possible de déceler les> altérations consécutives au passage du projectile dans le poumon. Le procédé le plus simple pour bien repérée un trajet rectiligne est d’orienter le faisceau des rayons de telle façon qu’il passe par les deux cicatrices cutanées. On peut ainsi distinguer à l’écran une traînée ou une bande scléreuse. E. Sergent et Lechevallier, Ribadeau-Dumas ont signalé de semblables faits. Ledoux-Lebard a vu lui-même un certain nombre de cas chez lesquels l’aspect radiologique présenté pouvait être considéré ajuste titre cornme-une cicatrice pulmonaire due au passage du projectile. Dévie et Cordier sont moins affirmatifs en ce qui concerne ces bandes ombrées.
Ces cicatrices sont parfois plus importantes, mais, comme elles ne gênent en rien le fonctionnement pulmonaire et ne s’accompagnent d’aucun trouble, elles ne sont que d’un intérêt relatif.
D’autres fois, l’examen radioscopique fait découvrir un projectile inclus, absolument latent, ne se révélant par aucun trouble subjectif ni signes physiques.
2“ Plus souvent, les séquelles pulmonaires se manifestent par des symptômes plus ou moins complexes revêtant des allures cliniques assez diverses.
a) Dans un premier groupe de faits, il s’agit de manifestations qui ne sont, en somme, que la marque de lésions pulmonaires encore en évolution. Lésions traînantes que le malade garde depuis longtemps, telles que : foyer de suppuration pulmonaire entretenu par un projectile, un débris vestimentaire, un corps étranger quelconque.
b) Ou bien il s’agit de grosses attritions pulmonaires, dont 'la réparation est très lente et qui, après une période plus ou
moins longue, arrivent peu à peu à la guérison. Ribadeau- Dumas en a montré des exemples intéressants sur des blessés, chez lesquels de grosses lésions pleuro-pulmonaires en voie de cicatrisation étaient accompagnées de lésions thoraciques toujours étendues.
c) En d’autres cas, au cours de la convalescence ou parfois à une période beaucoup plus éloignée, alors que le blessé
paraissait guéri, on voit réapparaître des accidents pulmonaires qui, le plus souvent, sinon toujours, sont dus à la présence d’un corps étranger. Parfois, il ne s’agit que de phénomènes inflammatoires, sorte de fluxions congestives avec fièvje, atteinte de l’état général, reprise d’hémoptysies, douleurs, etc. Ces poussées congestives souvent tenaces sujettes à récidive, comme l’ont montré Eschbach et Lacaze, peuvent réapparaître à intervalles plus ou moins éloignés.
D’autres fois, la réaction septique aboutit à la suppuration. En effet, les corps étrangers, débris vestimentaires, projectiles, esquilles osseuses, etc., peuvent être tolérés sans incidents pendant fort longtemps, on en cite journellement des exemples, mais ceci ne prouve pas que ces corps étrangers puissent toujours rester inoffensifs, et d’assez nombreux faits démontrent que les accidents tardifs, septiques, sont toujours à craindre.
L’examen radioscopique dans tous ces cas est indispensable, il ajoutera un complément d’information précieux.