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Les lésions produites par l’héinorragie, violentes et brutales au point où s’est fait la rupture, vont peu à peu en s’estompant quand on s’éloigne des parois de la loge.
La figure 7 a été dessinée sur une préparation d’un des noyaux hémorragiques représentés dans le schéma indiqué figure 9. On y voit comment, insensiblement, le sang qui remplit en totalité, sur la partie droite de la coupe, les alvéoles dont beaucoup ont éclaté, vient peu à peu s’infiltrer dans le
Fig. 9. — Figure schématique dessinée à un très faible grossissement et montrant la forme bosselée de l’hématome péricàvitaire. 1, 2, 3, 4 représentent ainsi autant de noyaux hémorragiques dis^ posés autour de la loge du projectile.
tissu sous-jacent, dont on distingue parfaitement la structure bien conservée.
Dilacération du tissu. — Éclatement du parenchyme. — Dans ces cas, le traumatisme traduit encore ses effets par une hémorragie et une perte de substance plus ou moins considérable. Le résultat en est marqué parfois par les lésions que nous avons représentées (fig. 8).
Cette coupe a été colorée à l’orcéine pour bien mettre en valeur les fibres élastiques. Le poumon a été rompu, la perte de substance a été suivie d’une' hémorragie, qui a dû certai-
nement être brusque et violente. Elle a agi dès lors mécaniquement, comprimant le parenchyme dont on voit les fibres élastiques tassées et aplaties, formant comme une barrière à infiltration sanguine intra-alvéolaire qui est extrêmement minime à ce niveau.
Tels sont les caractères particuliers que peut présenter 1 hémorragie intrapulmonaire. Là ne s’arrêtent pas les lésions du poumon.
, Lésions pulmonaires associées.
Les unes, d’ordre purement mécanique, sont le résultat de la compression qu’exerce l’hémothorax sur le poumon : c est le collapsus pulmonaire auquel se trouvent parfois associées des lésions à'atélectasie ou carnisation pulmonaire (1); d’autres sont de nature ou d’apparence inflammatoire, et se localisent de préférence autour des foyers hémorragiques.
Collapsus pulmonaire. — Nous avons vu que, macroscojDiquement, la compression du poumon pouvait paraître totalele plus souvent elle est limitée et habituellement au lobe inférieur. Dégagé des fausses membranes qui l’entourent parfois et souvent sans qu’il y ait d’exsudats organisés, le poumon déposé sur la table d’autopsie apparaît.flasque, mou, dune teinte grisâtre, la surface extérieure plus foncée par imbibitlon sangnine.
Les alvéoles sont vides d’air, les vaisseaux pulmonaires vides de sang. Le ponmon ne crépite pas sous la main qui le palpe, mais on peut l’insuffler. Seules les portions, lésées primitivement ou secondairement et qui sont le siège d’un^ hématome, gardent une consistance qui pourrait faire penser à de l’induration pulmonaire.
Histologiquement, l’aspect de ce collapsus, qui est souvent
U’iîli ««“fond trop souvent ces deux termes de collapsus et d atelectasie pulmonaire qui correspondent à deux ordres d’aspects histologiques nettement différents.
GRÉGOIRE et COURCOUX
iPlaies de la Plèvre et du Poumon).
Fig. 11. — Alélei'tasie — l.es capillaires soiil ilisiciiclus, la lumière des alvéoies csl 1res réduite, souvent même effacée; à la partie inférieure de la préparaliun on voit un vaisseau rempli de sang.
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beaucoup plus marqué que celui qu’on voit dans la pleurotuberculose primitive à grand épanchement, ne diffère en rien des descriptions qui ont été données par les classiques. La surface extérieure pleuralè est plicaturée, au-dessous les alvéoles sont tassés, aplatis, leur cavité réduite à une fente linéaire, les capillaires vides de sang ne sont plus visibles. Les colorations à l’orcéine sont particulièrement favorables pour rendre compte de ces aspects; le tassement se fait sentir jusqu’au niveau des foyers hémorragiques, lesquels restent incompressibles (voir fig. 10).
Atélectasie. — Carnisation. — Dans quelques cas, nous avons observé su une zone assez étendue mais de consistance ra scope, la coupe montre contraire, distendus par le sang, paraissent turgescents. Les cellules de l’enhothélium alvéolaire, volumineuses, viennent faire saillie dan^la cavité (voir fig. 11). Les vaisseaux sont remplis de sang. Ce sont bien les caractères histologiques de l’atélectasie oXcarnisation pulmonaire. On sait que, pour que pareille lésion se produise, il est nécessaire que la bronche dont est tributaire la région pulmonaire atélectasiée soit oblitérée. Elle peut l’être dans ces cas, soit par compression, soit peut-être plutôt par un caillot sa'nguin.
Lésions peri-bémorragiques. — On rencontre parfois autour des trajets, autour des loges contenant des corps étrangers ou autour des déchirures pulmonaires, des zones du poumon d’apparence rouge foncé, mal limitées, assez Résistantes au doigt, s’opposant à la compression de l’épanchement. La surface de section laisse s’écouler un exsudât rougeâtre peu abondant, le poumon ne crépite pas, surnage mal, et va parfois au fond de l’eau.
Se basant sur cet aspect éxtérieur, beaucoup d’observateurs concluent à des lésions d’hépatisation' et on parle comme d’une chose banale de \& pneumonie traumatique. ;
r la surface d’un poumon en coliapsus rouge violacée, flasque, sans élasticité, ppelanflTchair Inusculaire, Au microdes alvéoles aplatis, les capillaires au
Il nous semble qu’on s’est peut-être laissé guider par des vues théoriques. On sait, et le fait est classique, qu’autour des foyers d infarctus hémoptoïque de Laënnec, on voit souvent se développer des lésions d’hépatisation pneumonique ou bron-' cho-pneumpnique qui peuvent aller jusqu’à la suppuration et même la gangrène. De semblables éventualités peuvent certes se produire autour des foyers d’hémorragie traumatique, d’autant que ceux-ci renferment souvent des corps étrangers septiques. Ces faits seront étudiés à part. Mais les conditions d’infection secondaire qui le plus souvent paraissent être la cause des lésions d’hépatisation qui compliquent parfois l’infarctus de Laënnec, ne se trouvent pas dans l’hématome traumatique. On ne peut comparer ces deux lésions ni dans leur pathogénie, ni dans leur évolution. Assurer que la plupart des plaies pénétrantes du poumon peuvent se compliquer de pneumonie ou de broncho-pneumonie autour de la lésion est une affirmation qui n’a pu être vérifiée par des preuves anatomo-pathologiques.
Les lésions qu’on rencontre autour des foyers hémorragiques sont plutôt d’ordre congestif. Quelquefois, on peut voir des^ portions assez étendues qui offrent les caractères de la splénisation pulmonaire. Les alvéoles, parfaitement distincts, contiennent dans leurs cavités des cellules endothéliales desquamées en plus ou moins grand nombre, mêlées de leucocytes et de globules rouges, mais sans réticulum fibrineux, sans exsudât organisé. Les parois alvéolaires sont souvent élargies, les capillaires distendus. ’
Il ne nous a jamais été donné de constater un vrai bloc pneumonique, autour des foyers hémorragiques.
Dans un cas nous avons observé nn aspect histologique assez particulier.
La lésion datait de huit jours, éclat d’obus ayant traversé la base du poumon droit et étant ressorti au niveau de la dernière côté après avoir traversé le foie. Il existait un foyer hémorragique assez étendu dans le lobe inférieur du poumon. Autour de ce foyer, et s’étendant assez loin dans une zone compacte rouge violacé, on voit au microscope des zones dans lesquelles
anatomie pathologique 29
d’autres placards dans lesq , entrés en. réaction pro-
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liférative et alvéolaires. Une légère trame
plissent en totalité le néoformation si particulière
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qui, en certains ^ 3 e^René Marie dans la pneumonie
les lésions Par J ^ remarquer que
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forment pas un bloc étendu a un lobe.
Réactions pleurales associées. Fausses membranes. Adhérences. Caillot.
riTome ..mm. un. sort, d, b.uchon übrin.nn » n.v.nu d.
mine, voile, «nu e. p.u r«ms.un,, il reconvr. souvent I. poumon d’un, légère tauss. m.mbran. a peine adhérente qui passe sur ses plis lorsqu il est "“P”” Ce. exsudai traduit la réaetion d. ‘l»'
l'hèmotho-ral évolue aseptiquem.nt et en thorax lermé, ce réaction reste minime. Le voile fibrineux ne s organ.s. pas «t. se résorbant à mesure que le jeu pulmonaire revient, il semble
bien disparaître totalement. ,Ae.o.ir Totte
Mais souvent aussi la séreuse est sollicitée ^/éagir Cette réaction de la plèvre est toujours le résultat dune infection locale ou contiguë (ostéite costale par
tion pleurale n’aboutit pas à la suppuration, il s en faut et c’est précisément dans ces cas d’infection atténuée e de durée souvent prolongée que la séreuse prolifère. G est alors qu on voit des fausses membranes se constituer avec une rapidi e parfois surprenante. Les plèvres s’épaississent, des pont filamenteux sont jetés d’une plèvre à l’autre Ces ponts rninc s et peu résistants cloisonnent la cavité pleurale. Ce sont d abord
comme des « toiles d’araignée » tendues, suivant l’expression SI juste de Letulle, puis un tissu conjonctive-vasculaire remplace bientôt la fibrine qni servait au début de trame à ces fausses membranes et des adhérences organisées se constituent. On les voit sur les parties latérales et aux bases principalement, où elles peuvent combler le sinus costodiaphraffmatique. Parfois aussi elles sont limitées, soit à un espace interlobaire, soit à un piint de la surface du poumon et c’est un projectile sous-jacent qui sollicite et localise la prolifération des neo-membranes/
Parfois un gros caillot cruorique se trouve au millieu de ces adhérences ou fausses membranes, rouge dans les.premieres'pêriodes, il peut être plus tardivement d’un blanc grisâtre, paraissant dépourvu de tout globule rouge, mou et flasque, imbibé de sérosité d’aspect mucoïde et comme gélatineux d’autres fois plus compact. Libre dans la cavité pleurale Il n’a aucune adhérence avec les fausses membranes 'et ne tait pas corps avec elles.
Quand les adhérences sont importantes, elles se résorbent difficilement et une symphyse plenro-pulmonaire plus ou ' moins étendue se constitue, symphyse surtout fréquente aux bases, mais qu’on retrouve aussi dans la grande cavité, et parfois localisée au sommet; nous aurons l'occasion de revenir sur ces reliquats pleuraux.
PNEUMOTHORAX
Le pneumothorax, autrement dit l’épanchement d’air dans la cavité pleurale, est un accident qui apparaît d’une façon à peu près constante dans les cas de plaies de poitrine. Cependant il ne prend de l’importance que du moment où la ouantite d air introduite est telle qu’elle gêne l’expansion du poumon, favorise son collapsus et diminue le champ de l’hématose. 11 devieni un accident d’une gravité toute spéciale si la pression intrapleurale provoque des modifications statiques dans les organes du médiastin et les gros vaisseaux du cœur 11 parait d ailleurs très exceptionnel que le pneumothorax.
dans les plaies de poitrine, se présente à l’état pur. A peu près constamment, à l’épanchement d’air dans la plèvre, s’ajoute dans la majorité des/cas l’épanchement de sang. Il serait du reste difficile de comprendre qu’une plaie pulmonaire ou pariétale assez grande pour laisser passer de l’air n’ait pas, en même temps, intéressé un vaisseau assez important qui a laissé
passer du sang. . j u i „ '
Il se fait, entre ces deux épanchements, une sorte de balancement dans un grand nombre de cas. C’est qu’aussi l’air épanché trouve des moyens de résorption bien autrement faciles que le sang.
C’est ainsi que nous pouvons interpréter ces diverses statistiques, si disparates au premier abord. Pf’’! trouve e pneumothorax dans 47 p. 100 des cas. Picqué et Dupérié le signalent eux-mêmes-dans 62 p. 100 des cas. alors que Maillet ne le rencontre que dans 6,2 p, 100.
Ces différences s’expliquent facilement’si on tient compte du moment où le blessé est examiné. Le pneumothorax perceptible cliniquement au début et peu important disparaît rapidement par résorption. De fait, Picqué et Dupérié, qui trouvaient de l’air dans la plèvre dans 62 p. 100 au début, au bout de quelques jours ne trouvent plus que 7 p. 100 de pneumothorax pur. Ce qui est un chiffre sensiblement égal à celui que note Maillet.
L’entrée de l’air dans la plèvre se fait d’ailleurs de diverses façons Nous citerons pour exceptionnel ce cas où l’autopsie montra une plaie de la trachée qui soufflait directement dans la plèvre gauche.
Le pneumothorax se produit soit par la plaie du poumon, soit'plus souvent peut-être par la plaie pariétale.
Quand on étudie les lésions.du parenchyme pulmonaire, on se rend parfaitement compte qu’il faut une plaie bien spéciale pour que l’air puisse passer dans la plèvre en quantité suffisante pour devenir compromettant. Reportons-nous aux lésions que fait un projecTTe en traversant une languette pulmonaire ou la périphérie d’un lobe. Pas une bronche importante n’a été intéressée, ou du moins pas un canal aérien qui ait un
squelette cartilagineux suffisamment résistant pour n’être pas écrasé sinon par le projectile lui-même, du moins par l’hémorragie intrapulmonaire qui', comme nous l’avons vu, se constitue rapidement tout autour du trajet.
Nous avons du reste expérimentalement pratiqué des sec-tiens plus ou moins profondes du parenchyme pulmonaire chez . le chien sans avoir pu constater le passage d’air à travers la plaie si ce n’est quand on arrive dans la région des bronches de troisième division, ce qui est déjà très profond.
Au contraire, la plaie pariétale, à moins qu’elle ne soit tout particulièrement oblique, permet très facilement le passage de l’air, surtout si le projectile atteint la poitrine pendant une inspiration. Bien entendu, nous ne voulons pas parler ici des cas où la plaie est assez vaste pour laisser libre passage à l’air dans les deux sens.
Quel que soit d’ailleurs le point par lequel l’air a pénétré dans la poitrine, le mécanisme par lequel il se produit peut grandement influencer les caractères cliniques auxquels il donne lieu.
L’air a pénétré dans la plèvre par un orifice plus ou moins large, mais où les dispositions des lèvres de la plaie permettent une rapide oblitération. La quantité d’air reste limitée et minime, la tension intrapleurale est faible, d’autaut que cet air va rapidement être résorbé. Le pneumothorax fermé est le cas le plus fréquent et aussi le plus bénin.
Lorsque la plaie pariétale est assez large pour permettre l’allée et venue de l’air dans la cavité pleurale, ce pneumothorax est dit ouvert. Suivant les dimensions mêmes de la communication extérieure, le renouvellement de l’air se fait en plus ou moins grande quantité, et ce va-et-vient continuel s’accompagne d’une véritable danse du poumon qui saute littér alement dans la poitrine à chaque mouvement respiratoire et peut même apparaître pendant l’expiration au niveau de la plaie pariétale. C’est l’associé de la hernie pulmonaire.
A côté de ces deux types de pneumothorax, il faut encore en placer un troisième souvent très grave en raison des phénomènes de compression qu’il entraîne, c’est \e pneumothorax
à hyperpression, appelé encore pneumothorax à soupape ou ‘pneumothorax suffocant. ^
Ici, Fair peut bien pénétrer dans la poitrine, mais l’orifice d’entrée est disposé de façon telle qu’il n’en peut ressortir.
Au moment de l’inspiration, une certaine quantité d’air entre dans la plèvre, mais quand vient l’expiration, il ne peut plus franchir l’orifice dont les lèvres font valve ou soupape. La pression que le poumon subit sur sa face externe augmente donc la gêne respiratoire. D’instinct, le blessé fait une inspiration suivante plus forte. L’air, à nouveau, entre sans pouvoir ressortir, la pression augmente encore et ainsi de suite jusqu’à compression du médiastin, déviation du cœur, gêne de la circulation veineuse de retour et mort par asphyxie. ,
A vrai dire, pour que des accidents de ce genre se pro-cf^J,—^ duisent, il faut que la totalité de la cavité pleurale ait été \ envahie par l’air et que, par conséquent, le poumon et la ' plèvre soient absolument normaux. Le pneumothorax est alors total. ~ ,
Slais souvent des adhérences antérieures ont limité les dimensions de la plèvre. L’air ne peut occuper qu’une certaine zone de la cavité séreuse, il est partiel. Il est bien exceptionnel qu’alors il ait une importance suffisante pour retenir l’attention du chirurgien. /
HEinOTHORAX
Une des conséquences les plus fréquentes de^plaies pleure pulmonaires est l’épanchement de sang dans la cavité 1)leurale.
L’hémothorax est dans la grande majorité des cas limité à un seul côté, on a cependant signalé quelques cas d’hémothorax double (Petit de la Villéon, Picqué etDupérié). Nous en avons constaté nous-mêmes. Mais dans ceux de ces cas qui permettent la survie, l’épanchement est assez minime au moins 4’un côté.
Origine du sang. — Le sang, comme nous l’avons vu, peut
provenir de la paroi ou des vaisseaux du parenchyme pulmonaire. Tout à fait rarement, l’hémothorax a sa source dans des vaisseaux appartenant à des organes voisins : foie, vaisseaux de la hase du cou, etc.
Hémothorax par plaies des vaisseaux de la paroi. — Il était considéré comme rare (Souligoux); il faut, en effet, pour qu’il y ait épanchement sanguin important qu’un vaisseau tel que l’intercostale ou la mammaire interne soit intér ressé. La lésion de l’intercostale ne se produit guère sans qu’il y ait en même temps une fracture de côte. Ceci est presque nécessaire pour l’intercostale à sa partie moyenne, cachée dans la gouttière costale. Souligoux a montré que si cette artère est ouverte, elle doit saigner facilement dans la cavité pleurale, car elle est immédiatement sous-pleurale à peine séparée du feuillet pariétal par quelques fibres du muscle intercostal interne. L’artère intercostale à sa partie postérieure est plus vulnérable. La mammaire interne et principalement l’artère mammaire interne accessoire, qui descend verticalement sur la partie antéro-latérale du thorax, coupant perpendiculairement les espaces intercostaux • (Souligoux), peuvent être la source d’hémorragie qu’on considérait autrefois comme très grave. Il ne nous a pas paru que cette cause d'hémothorax fût fréquente.
Cependant, la blessure d’un vaisseau de la paroi par projectile faisant séton ho doit pas être considérée comme une exception, à plus forte raison quand une côte est fracturée et qu’il existe une brèche plus ou moins large ouvrant la cavité thoracique.
L’hémothorax par plaies des vaisseaux du diaphragme est peu fréquent mais mérite d’être signalé ; nous en avons observé deux cas.
Hémothorax d’origine pulmonaire. — C’est la cause la plus fréquente. L’hémorragie, dans ces cas, n’est réellement abondante.que lorsque les vaisseaux d’un calibre moyén sont intéressés. Nélaton pensait que seuls les vaisseaux qui accompagnent les branches de deuxième ef troisième ordre'
peuvent donner des hémorragies importantes, les ramifications plus grosses saignant trop abondamment pour permettre la survie. Cette opinion est certes trop absolue, mais correspond cependant à la moyenne des faits.
Le calibre du vaisseau n’est qu’un facteur, l'agent vulnérant a uffe grosse importance. Une balle qui traverse un lobe pulmonaire peut ne produire aucune hémorragie. Un éclat d’obus aux bords déchiquetés, entraînant avec lui bien souvent des fragments métalliques, des spiculés osseuses, etc., touchant le poumon au même niveau peut être l’occasion d'hémorragies en nappe, par lésion de nombreux petits vaisseaux, n La situation du vaisseau intéressé est importante.
U Une section nette des languettes pulmonaires antérieures ou inférieures peut ne produire aucune hémorragie. Nous avons pu nous en convaincre expérimentalement chez un chien auquel nous avons essayé de provoquer un hémothorax d’origine pulmonaire.
La section, au ciséau, du lobe inférieur sur un espace de 5 centimètres n’a pas donné une goutte de sang. Le poumon se rétracte avec une facilité extrême et son élasticité assure ainsi l’hémostase.
Les blessures de la base saignent moins que celles du sommet et surtout celles du hile, ces dernières donnent toujours des hémorragies abondantes.
L’hémorragie peut être d’emblée mortelle. Celles qui permettent la survie se font néanmoins dans un temps relativement assez court.
Mais on connaît nombre de cas dans lesquels l’hémorragie e&i retardée, d’autres où elle se fait lentement, progressivement, sorte de suintement sanguin continu. Ces derniers faits expliquent les hémothorax qu’on voit se former peu à peu dans les premiers jours qui suivent la blessure.
La quantité de sang épanché dans la plèvre est rarement très considérable et ne peut être comparée au volume-de certains épanchements séro-fibrineux. Chez les blessés qui parviennent aux ambulances, il est rare que la quantité du sang contenu dans la plèvre fermée dépasse un litre et demi à deux
litres, et ce chiffre est déjà très exceptionnel et d’ailleurs toujours très mal supporté. La quantité moyenne est de 1.200 à 1.500 grammes. Souvent elle est moins abondante, oscillant entre 800 et 1.200 grammes.
Nous ne parlons bien entendu que des épanchements en thorax fermé, et dans les premiers jours qui suivent la blessure, sans préjuger des réactions exsudatives pleurales qui peuvent se faire dans la suite.
L’hémostase pulmonaire est assurée, surtout, par la compression que le sang épanché fait subir au poumon. Compression d’autant plus efficace que la lésion siégera sur les lobes inférieurs. Les vaisseaux comprimés se thrombosent rapidement (voir fig. 5).
Les adhérences pleurales si fréquentes (1) peuvent aider aussi à l’hémostase en limitant dans une poche localisée l’hémothorax.
Par contre, la symphyse pleurale est plutôt l’occasion d’hémorragies diffuses intrapulmonaires ou, si la plaie est ouverte, d’une hémorragie extérieure.souvent très importante.
Physiologie pathologique de ïhemothorax.
L’étude de l’hémothorax soulève des problèmes très complexes et du plus haut intérêt.
Le sang enlevé aux vaisseaux et aux actes physiologiques qui assurent sa vie et ses fonctions doit fatalement subir de profondes modifications.
Contenu dans une séreuse dont la structure n'est pas celle des parois vasculaires, il s’y trouve comme un corps étranger, dont l'organisme doit chercher à se débarrasser, corps étranger singulièrement complexe dont les éléments constituants, avant d’être définitivement éliminés ou transformés, ne restent pas inertes et manifestent leur action tant sur la séreuse qui les
(1) Dans un grand nombre d’autopsies faites pendant une période de grosse activité, l’un de nous a constaté qu’une proportion de 30 p. 100des sujets morts de traumatismes les plus divers avaient des adhérences pleuro-pulmonaires anciennes.
contient que sur l’organisme en général. C’est le résultat des réactions réciproques de la séreuse et du sang épanché, réactiens réglées et influencées par un certain nombre de facteurs plus ou moins importants que nous devons essayer de suivre et de préciser depuis les premières jusqu’aux phases ultimes de l’évolution de l’hémothorax.
Cette étude, nous la ferons nous basant sur deux facteurs principaux dont, il nous semble, on n’a pas tenu assez compte, les dates successives de l’évolution et la contamination microbienne ou non de l’hémothorax.
Hèmothorsx récent aseptique en thorax fermé.
Composition. — Comment se comporte le sang épanché dans la cavité pleurale?
Lorsque dans les vingt-quatre ou quarant.)-huit premières heures on fait l’étude de ses composants on voit que :
’ Les globules rouges sont en nombre à peu près équivalent à celui du sang circulant, 4.681.000; 3.009.000 (obs. I et IH de Dupérié); nous avons trouvé des chiffres analogues.
Leur aspect extérieur (volume, colorabilité) ne paraît en aucune manière modifié.
Les globules blancs plus ou moins nombreux et dont nous étudierons les caractères (voir p. 49) ont, d’une manière générale, les aspects de ceux du sang normal circulant.
L'analyse chimique de la sérosité nous a donné les chiffres suivants, chiffres sensiblement voisins de ceux donnés par Dupérié :
Analyse d’un liquide d’hémothorax ponctionné au douzième jour :
X)ensité à 12“.. . 1-020. Réaction faiblement
alcaline.
Extrait sec à 100°.62,9 engrammesetparlitre.
Sels minéraux.10,2
Chlorure de sodium . . . , 6,9
Phosphates.Traces.
Carbonates.Présence en, faible quantité.
Hémoglobine ....;.. 11,57 par dosage du fer.
Urée.0,15
Pigments biliaires.Néant.
Globuline.Traces.
Sérine ..Abondante.
Dupérié a dosé la cholestérine dans, plusieurs hémothorax, il a trouvé des chiffres qui ont varié entre 0,58 et 1,10 par litre.
Mais, quand après une ponction de 10 à 20 centimètres cubes on laisse déposer le liquide d’hémothorax dans un tube à essai, un phénomène assez particulier se produit. Le liquide se sédimente laissant déposer les globules rouges, et dans la très grande majorité des cas ne coagule pas, la sérosité qui surnage ayant elle-même une teinte rouge plus ou moins foncée dué à l’hémoglobine dissoute dans cette sérosité. Ces phénomènes ont été l’objet d’assez nombreuses discussions et demandent à être précisés.