FOR
Il existe encore d’autres symptômes d’une constance peu certaine.
L’épanchement de sang amène une réaction notable de la part du péritoine, et cette réaction donne lieu à des vomissements, souvent notés dans nos observations, à des vertiges. La langue est chargée, sale, et le malade se tient le plus souvent courbé, de manière à ne pas tendre son abdomen. De même, pour le laisser au repos, il essaye d’immobiliser le plus possible son diaphragme, aussi ne respiret-il que superficiellement, et sa respiration est thoracique.
Mais tous ces symptômes sont communs à toutes les lésions des organes intra-abdominaux, on retrouve, en effet, dans ces cas, la défense musculaire, la douleur profonde, les signes de shock et d’hémorragie interne, que nous avons signalés. À part l’irradiation de la douleur à l’épaule, dont la présence est sinon contestée (Pœnaru-Coplescu), tout au moins rare, rien ne nous indique que c’est le foie qui est blessé; bien heureux quand il est possible de dire que la plaie a perforé la paroi abdominale, et qu’un organe pourrait être atteint. On cite, en effet, des cas (obs. 2, 10) où l’on n'opère que pour vérifier que la plaie n’est pas profonde et l’on tombe sur une blessure péritonéale, et plus loin sur une blessure hépatique.
Pour faire le diagnostic de blessures du foie, les symptômes sont peu précis.
Le symptôme idéal, pathognomonique, serait l’écoulement de bile par la plaie extérieure. Signalée par Edler comme existant dans 3 0/0 des cas, nous ne le rencontrons pas.
Restent les symptômes dus aux troubles apportés dans les fonctions du foie. C’est ainsi que Claude Bernard signala, en 1855, de la glycosurie. On peut retrouver aussi des pigments biliaires dans l'urine. Biaghi reproduisit expérimentalement ce dernier symptôme. Il injectait dans l'abdomen de chiens de la bile et l'apparition de pigments biliaires dans l’urine avait lieu 30 à 35 minutes après.
L’ictère fut, pour la première fois, signalé par Verneuil, en 1872, nous avons pu en noter quelques cas, mais c’est là un phénomène tardif, plutôt une complication qu’un symptôme ayant une réelle valeur clinique. Quant au sucre et aux pigments biliaires dans l'urine leur recherche n’est pas compatible avec la chirurgie rapide et l’on ne peut perdre un temps précieux pour le malade à faire des réactions dont le succès problématique ne changera en rien la ligne de conduite de l'opérateur.
Que nous reste-t-il pour pouvoir affirmer que le foie a été atteint? Des hypothèses, des probabilités, consistant surtout dans la possibilité d’une plaie du foie d’après la situation de la blessure extérieure.