‹ Plaies du Foie apr Armes blanchesChapitre 20 sur 69 · A 0 PES · texte numérisé non relu

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Malgré ce manque de sympiômes, par principe:

Intervention le 4 octobre 1909, à 9 heures du matin (11 heures après l’accident). On agrandit la plaie pour voir si elle est pénétrante. À ce moment, l'estomac sort dans un mouvement respiratoire, on utilise la plaie pour faire une laparotomie latérale parallèle au bord du grand droit et passant au travers de ce muscle, et allant en haut jusqu'aux fausse côtes.

Sur la face antérieure de l’estomac se trouve une petite coupure superficielle suturée par deux points au catgut. Puis, à ce moment, un jet de sang noirâtre s’écoule, venant du côté du foie.

On voit alors, sur la face antérieure du foie, près du bord, une plaie de 3 centimètres suturée par deux points au gros catgut double. Puis, relevant la face concave, on s’aperçoit que l’arme a traversé le foie, et que près du bord postérieur se trouve une plaie de 5 à 6 centimètres. On parvient, mais très difficilement, à poser trois points de catgut double.

Puis, partant de l’incision verticale, on fait une incision transversale, pour s'assurer qu’il n’y a pas d’autre hémorragie. Rien à l’épiploon gastro-hépatique, ni à l’estomac, ni au côlon transverse.

On fait alors un tamponnement sous hépatique avec une mêche double, au niveau de la plaie, et léger tamponnement sus-hépatique avec une mêche simple.

Fermeture par surget péritonéal, sauf un point laissant passer les mêches.

Trois fils d'argent.

Draînage de la paroi (drain n° 9 ou 10).

Suites. — Pas de température.

Le lendemain matin, pouls à 106, le soir à 107; pas de vomissements, mais quelques hoquets.

Les mêches sont sorties le huitième jour et, à partir de ce moment, le malade se nourrit. Légère suppuration superficielle.

Drain sorti le 14 octobre, et le malade sort guéri le 30, vingtet-un jours après l’accident.

PSS

OBSERVATION III (Résumée et Inédite).

(Service du professeur LANELONGUE.)

(Due à l’obligeance de M. le D' CHARRIER, chirurgien des hôpitaux.)

Jeune homme, 19 ans, entre salle 17 pour une plaie de l’hypocondre droit; deux heures avant son entrée à l'hôpital, s'amusant avec un de ses amis et simulant, un fleuret à la main tous les deux, un assaut d’escrime, il reçoit, dans un brusque mouvement en avant, un coup de cette arme non mouchetée dans la région du foie.

Pâleur, lypothymie, puis entrée à l’hôpital.

A ce moment, nous examinons la région et trouvons un tout petit orifice, à peine de la dimension d’une tête d’épingle noire, et située immédiatement sous les fausses côtes droites; la paroi, localement, est fortement rétractée; c’est d’ailleurs le seul symptôme qui nous frappe. La percussion et l’examen de l’abdomen ne révèlent rien d’autre. Le pouls est bon, lent, mais le visage est très pâle. Après quelques instants d’hésitation, et parce que nous doutons du caractère de pénétration de la plaie, nous décidons l’intervention.

Chloroforme.

Nous trouvons: 1° un hématome du côlon transverse gros comme un petit œuf; 2° une plaie de la face inférieure du foie longue de 5 centimètres, saignant modérément; 3° quelques caillots sous le foie peu importants. Suture du foie; points en U, suture facile sans incidents; néanmoins, l’hémostase ne paraissant pas parfaite, nous ajoutons un léger tamponnement à la gaze de la face inférieure du foie.

Guérison sans complications. +

Here

OBSERVATION IV (Résumée et Inédite).

(Service du professeur LANELONGUE.)

(Due à l’obligeance de M. le D' CHARRIER, chirurgien des hôpitaux.)

Louis X.…, 22 ans, reçoit, au cours d’une rixe, un coup de couteau dans l’hypocondre droit. Il est amené ‘trois heures après à l'hôpital, salle 17, où nous l’examinons. Ce jeune blessé est très pâle, répond ävec peine à nos questions; dans l’hypocondre droit, il porte une plaie de 3 centimètres environ, verticale et placée exactement à 2 centimètres sous les fausses côtes, au niveau du bord externe du grand droit; un peu de sang coule par la plaie. Les muscles abdominaux sont, du côté droit, fortement rétractés; matité du foie augmentée, matité dans la fosse iliaque droite.

Un seul vomissement alimentaire, sans hématémèse; pouls fréquent, facies anxieux, douleur à l’épaule droite.

Intervention immédiate sous chloroforme. — On trouve:

1° Plaie du côlon transverse de 3 centimètres, sur le bord libre, mais sans ouverture de la cavité intestinale; la muqueuse a été seule épargnée. Suture immédiate.

2° Du sang liquide, des caillots et un peu de bile.

3° Une déchirure du fond de la vésicule biliaire qui est suturée sans difficultés.

4° Une déchirure en V du bord antérieur du foie. Points en U. La suture n’est pas hémostatique, et le dernier point coupe le parenchyme de l’organe; nous recommençons la suture de la même façon, elle tient convenablement, cette fois,

mais laisse sourdre du sang en petite quantité.

Toute la région sous-hépatique est soigneusement isolée par un tamponnement à la gaze, tant à cause de l'écoulement du sang que de la septicité possible de la bile.

Suites opératoires normales.

Un peu de modena huit jours après.

(OBSERVATION V (Inédite).

(Due à l’obligeance de M. le D GENEVRAY.)

Matelot, 33 ans. Entré le 11 octobre 1912, sorti le 5 décembre 1912.

Dans une rixe, le blessé reçoit un coup de couteau dans labdomen. Il est apporté à l’'Hôtel-Dieu, de Rouen, une demi-heure après. La plaie est obstruée par un torchon qui, de même que les vêtements, est complètement ensanglanté.

L’état général du malade est très mauvais; la face est exsangue, les extrémités sont froides. le cœur bat faiblement, et le pouls est à peine perceptible. Devant la crainte d’une syncope probable on fait une piqûre d’éther, une de caféine, une de 7 centimètres cubes d'huile camphrée et une injection de 900 grammes de sérum.

Le tampon formé par le torchon est enlevé, un jet de sang rouge abondant s'écoule de la plaie. Celle-ci, longue de 3 à 4 centimètres, siège dans la région épigastrique, à 4 centimètres à droite de la ligne médiane, au-dessous du rebord costal. Le canal de la plaie se dirige en haut et à droite. On désinfecte la plaie avec de la teinture d’iode, et après avoir tamponné, on voit le foie blessé d’où Le sang s'écoule.

Le malade refuse la laparotomie.

On fait alors immédiatement un tamponnement profond et serré avec une mèche aseptique, compression à la main pendant une demi-heure. À ce moment, trois syncopes suc-

OT cessives, puis petit à petit, amélioration dans l’état général du malade qui se recolore et se réchauffe. L’hémorragie semble arrêtée. On fait un pansement compressif sur le tampon.

Suites. — Situation aléatoire, frissons tous les trois jours environ avec température variant entre 38° et 39°.

Formation, dans la gaîne du grand droit, d’un décollement purulent. Incision, le 26 octobre, avec pansement à la gaze iodoformée. Le 4 novembre, phlébite de la jambe gauche. Le 5 décembre, le malade sort guéri.

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