‹ Plaies du larynx, de la trachée et de l'oesophageChapitre 3 sur 9 · C. Conduit laryngo trachéal ci œsophage. — Les · texte numérisé non relu

C. Conduit laryngo trachéal ci œsophage. — Les

(lj Malgîiigne, p. 840, Mtfd. opérât.

observations qui indiquent la lésion simultanée de ces deux organes ne sont pas très-rares, si l'on accepte de considérer comme œsophage la partie inférieure du pharynx.

11. n est pas douteux qu’un coup de couteau ou d’épée ne puisse perforer ces deux conduits, mais les cas d’ouverture simultanée se rapportent plutôt à des faits d’incisions,

Les plaies longitudinales de l’œsophage et de la trachée se sont rencontrées dans quelques trachéotomies malheureuses. Pour n’avoir pas eu la précaution de changer de bistouri, des chirurgiens, opérant sur de très-jeunes enfants, ont perforé de part en part la trachée, ouvert l’œsophage et introduit la canule dans cette partie du tube digestif.

Les plaies transversales sont assez communes; malheureusement un grand nombre de faits rapportés ne nous donnent pas très- exactement le siège de la blessure. On se contente de dire: la trachée ouïe larynx était largement fendu, sans spécifier le point précis de ces organes où portait la section. Dans ces sortes de plaies, le canal aérien est toujours entièrement traversé et l’œsophage l’est au tiers, à la moitié, aux trois quarts; et dans quelques cas on a pu voir la paroi antérieure de la colonne vertébrale , comme dans les deux observations suivantes. Dans la première, due à Dupuytren , la section de l’œsophage semble avoir été complète ; dans la seconde , la section quoique incomplète était cependant énorme.

Observation Ire. — Bertrand se fit, avec un rasoir, une plaie au cou 5 elle était limitée, de chaque côté, par les muscles sterno-mastoïdiens ; les carotides étaient mises h nu et intactes ; au fond de la plaie se voyaient la colonne vertébrale et les muscles prévertébraux ; supérieurement on voyait le larynx et le pharynx, de môme à lalèvre inférieure ; la plaie avaitporté sur le cartilage thyroïde. L’hémorrhagie , qui avait été considérable, s’était arrêtée complètement; perte de la voix, la respiration ne se faisait plus que par la plaie. En passant le doigt dans la partie supérieure du larynx, le malade fut pris de toux; on vit sortir une grande quantité de mucosités sanglantes ; une sonde fut passée par le nez dans le pharynx; mais l’introduction dans le bout inférieur fut assez pénible.

Suture du cartilage thyroïde; pansement avec une simple compresse assujettie à une bande ; tête fléchie sur la poitrine.

Le troisième jour l’inflammation se développa; la respiration devint difficile, et le malade succomba le quatrième jour.

A l’autopsie, on vit que la trachée était divisée, suivant sa longueur, dans une étendue de 1 pouce et demi. (Dupuytren, Armes de guerre, t. II, page 290.)

Obs. II. — M...., âgé de 26 ans, fut blessé le 7 janvier, dans un bois peu éloigné de Bordeaux, avec un couteau qui coupa en travers le cartilage thyroïde et le paquet des fibres charnues de l’œsophage qui s’attachent aux parties latérales de ce cartilage, de façon que le muscle grand droit antérieur, du côté gauche, apparaissait sensiblement, ainsi que le long fléchisseur du cou. On sent parfaitement que les muscles de l’os hyoïde et du larynx, qui s’attachent au sternum, devaient être coupés dans leur partie supérieure , de même que les extrémités des rameaux d’artères et veines qui vont et reviennent à ces parties. Ce blessé resta dans ce bois sans avoir la moindre assistance de personne pendant quatre jours, ses pieds dans l’eau et la plaie exposée aux injures de l’air.

La justice s’y transporta avec un chirurgien, le 11. Ce chirurgien crut devoir faire à cette plaie cinq points de suture affermis par deux rouleaux de linge passés dans l’anse du fil et dans le nœud qui rapprochaient très-bien les bords. Dans cet état il fut porté à l’hôpital. Mon expérience m’a appris le llorteloup. 2

danger qu’il y a de porter le moindre point d’aiguille sur ces parties; aussi ne manquai-je point de couper celte suture si artistement faite. La plaie exhalait une odeur cadavérique ; sa surface présentait des chairs blafardes et mortifiées. Une boisson que je lui fis prendre passa toute au dehors; je n’en fus pas surpris, car il n’y avait pas la sixième partie du diamètre de l’œsophage conservée. L’air sortait avec force et agitait la flamme d’une chandelle.

Des pansements simples, et le soin de tenir la tête penchée en avant, amenèrent assez promptement la guérison. (Martin. Journal de méd. chir. etpharm., t. XXI, page 148.)

Dans un cas excessivement important et que je citerai plus loin, le mécanisme eut lieu d’une façon toute particulière : ce Avec la main gauche, unfauxmonnayeur se saisit la gorge, la tira en avant ; avec la droite, il saisit un bistouri, dont il tourna le tranchant en devant, il en enfonça la pointe du côté droit, à cette partie du cou qui répond à deux lignes au-dessus de l’union du cartilage cricoïde avec la trachée-artère et à un pouce du larynx. Il pénétra dans le pharynx, traversa de part en part cet organe et fit sortir l’instrument du cote gauche, à peu près à un pouce de distance du larynx. Il coupa la face antérieure du pharynx, la face postérieure du cricoïde, ses faces latérales , immédiatement au-dessous des cornes inférieures du thyroïde la membrane crico-thyroïdienne et toutes les parties molles, qui latéralement et au-devant recouvient le larynx. » (Reynaud)

2° Plaies pratiquées de dedans en dehors. — Les causes qui occasionnent ce genre de lésions sont ou physiologiques ou traumatiques.

Les causes physiologiques agissent d’une façon peu facile à expliquer, mais il est nécessaire de les citer, car elles déterminent des accidents qui présentent une physionomie analogue aux véritables traumatismes.

Pour le conduit laryngo-trachéal, ce sont la toux, les cris. Larrey, dans sa Clinique , cite plusieurs observations de tumeurs gazeuses du cou, formées par de l’air ayant pénétré à travers les anneaux de la trachée ou les pièces du larynx. — Dans son travail, sur les Emphysèmes généralisés , M. Roger a réuni plusieurs faits produits dans un effort de toux ou pendant des cris.

Pour l'oesophage, elles consistent dans des efforts de vomissements, comme dans l’observation du malade de Boerhaave.

Obs. III. — Le baron Vassenaer avait L'habitude de se faire vomir toutes les fois qu’il avait fait quelque excès de table, ce qui lui arrivait souvent. Un soir, après un dîner copieux, pour activer Leffet de Lémétique , il prit une infusion de chardon bénit, et vomit en faisant des efforts extraordinaires. Tout à coup, douleur très-vive augmentée par tout ce qu’il essaya de prendre. Mort après dix-huit heures de souffrances atroces. Les poumons nageaient dans un liquide semblable à celui trouvé dans Lestomac. Rupture transversale de l’œsophage, à trois travers de doigt au-dessus du diaphragme. Les recherches les plus exactes ne firent découvrir ni ulcère , ni érosion de l’organe rompu.

Je n’ai pas trouvé d’observations de plaies du larynx, produites de dedans en dehors, sous l’influence d’une cause traumatique, mais il en existe plusieurs pour l’œsophage.

D abord elles peuvent survenir dans des explorations chirurgicales, tout le monde comprend facilement qu’en passant une sonde dans un œsophage, surtout s’il est cancéreux, on puisse en déchirer le tissu.

M. de Guise, chirurgien de Charenton, a rapporté un fait excessivement original de plaies œsophagiennes, de dedans en dehors.

Obs. IV. — Un aliéné s’introduisit dans l’œsophage le manche d'une petite pelle à feu, qui déchira cet organe un peu au-dessous du pharynx, et alla fracturer la quatrième côte, au niveau de son articulation vertébrale. (Compte-rendu de la Soc. de chir.)

Dans tous les ouvrages classiques, on trouve indiquée l’observation de Levillain ( Journal univ. de méd ., 1820, p. 238), dans laquelle un officier, en faisant des armes, reçut un coup de fleuret dans la bouche. Ce fleuret, dont le bouton était à nu, fut dirigé avec une telle force, que le malade fut renversé et son voile du palais déchiré transversalement. On ajoute que le fleuret vint toucher la paroi postérieure de l’œsophage, vers la quatrième ou cinquième vertèbre cervicale. Mais rien ne prouve que ce siège soit exact, et surtout rien ne prouve , comme l’a admis Levillain , qu’il y ait eu un lambeau de l’œsophage détaché et pendant.

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