‹ Plaies pénétrantes de poitrineChapitre 12 sur 16 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

L’abstention opératoire fut dans la pratique civile une des règles du traitement des plaies pénétrantes de poitrine. Depuis plus d’un an, la Société de Chirurgie voit ses séances remplies de discussions sur le traitement des blessés du thorax. Les interventionnistes gagnent du terrain et pourtant les chirurgiens ne sont pas encore d’accord sur la ligne de conduite à suivre.

C’est dans ces conditions qu’il nous a paru intéressant de rapporter 51 cas de plaies de poitrme, traitées depuis avril 1917, et arrivant directement du poste de secours.

Ces blessés ont été opérés d’une façon précoce (24 heures au maximum et bien souvent 2 à 5 heures après leur blessure). Quels sont ceux qui ont été opérés?

1° Les blessés présentant une plaie pénétrante borgne avec projectile dépassant le volume d’une noisette ou menaçant par sa localisation un gros vaisseau ; R

2° Les blessés avec large brèche thoracique (plaie borgne ou plaie en séton), gros délabrements et sur-

tout fractures des côtes, de l’omoplate ou de la clavicule ;

3 Les blessés à dyspnée asphyxique consécutive à un pneumothorax ou à un hémothorax abondant, ou présentant des hémoptysies répétées (obs. XX VIIT).

Notons que jamais on a eu à intervenir pour de grandes kémorragies ; les blessés arrivant 5 heures au maximum après leur blessure, ceux qui ont présenté une hémorragie externe abondante ou des gros vaisseaux sont morts pendant leur transport ou sur place ; les autres ont fait un hémothorax qui a toujours été respecté pendant 48 heures au moins, même s’il y avait une autre indication d'intervenir (projectile), parce qu’on a constaté que l’hémostase se faisait spontanément dans un thorax fermé.

L’abstention a été tentée dans tous les autres cas: plaie en séton ou plaie borgne avec projectile d’un volume mférieur à celui d’une noisette. C’est ainsi que 23 blessés ont guéri simplement, c’est-à-dire ont été évacués entre le 30° et le 40° jour en général, quelquesuns du 12° au 20°, sans avoir présenté d’élévation thermique appréciable, et ne présentant à leur départ aucun signe de lésions pleuro-pulmonaires, ni à l’examen clinique, n1 à l'examen radioscopique. Dans 4 cas, le projectile, bien que petit fut mal toléré et il fallut intervenir secondairement entre le 15° et le 30° jour. Sans aucun doute, l'intervention ainsi retardée fut plus difficile (adhérences multiples) et les suites plus longues (suppurations pleurales).

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