COMPLICATIONS
L'intervention précoce permet ‘d'éviter bien des complications des plaies de poitrme ; néanmoins, il faut souvent compiler avec elles, les unes survenant assez rapidement après la blessure, complications immédiates d'ordre mécanique, les autres plus tardives d’ordre infectieux.
a) Complications mécaniques. — Elles sont dues à l’effraction du parenchyme pulmonaire ou de la paroi thoracique. C’est un emphysème souscutané ou médiastinal pouvant aller jusqu’à la suffocation et dû généralement à l’embrochement du poumon sur une esquille costale; c’est un pneumothorax ne ressemblant en rien au pneumothorax médical, il'est localisé par la présence d’un hémothorax.
Les hémorragies sont des complications plus graves. Les unes sont foudroyantes et surviennent immédiatement ou peu de temps après la blessure, le blessé meurt au poste de secours ou sur place; les autres surviennent dans les deux ou trois premiers jours, ce sont ces hémorragies retardées que l’on voit dans les
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ambulances de l’avant; hémorragies externes par la plaie, hémoptysies, hémorragies intrapleurales. L’hémothorax existe presque toujours : s’il est peu abondant, il provoque peu de troubles et il faut bien chercher pour le dépister; sl est abondant, on a tous les signes généraux et fonctionnels de la pleurésie avec matité, souffle, égophonie et pectoriloquie aphone. Enfin, il existe des hémorragies tardives souvent très graves qui surviennent vers le 10° ou le 15° jour après la blessure, chez des blessés qui paraissaient en bonne voie de guérison; elles sont. dues probablement à une esquille costale, à un projectile non extrait qui à ulcéré un vaisseau, ou à la chute d’une escarre pulmonaire qui laisse béante une artère où une veine importante.
b) Complications infectieuses. — On peut.
considérer la majorité des plaies par éclat d'obus et même par balle comme des plaies imfectées, non seulement les plaies borgnes avec rétention du projectile, mais aussi les plaies en séton; le projectile entraine toujours avec lui des souillures, des débris vestimentaires. Les fractures esquilleuses des côtes favorisent l’mfection pleurale, ces fractures ouvertes mettent en communication la plèvre ou même le poumon avec l'extérieur et elles sont souvent le siège d’un foyer d’ostéite. À côté de cette infection, qui se fait de dehors en dedans, il y à une infection qui peut se faire de dedans en dehors par la communication directe du parenchyme pulmonaire ou de la plèvre avec les bronches,
SEE - Les mfections profondes, abcès du poumon, gangrène pulmonaire, pleurésie imterlobaire enkystée, bronchopneumonie, sont plus redoutables que ‘les imfections de la grande cavité pleurale ; elles sont ditficiles à diagnostiquer et à traiter. On peut leur rattacher le syndrome hémo-pleuro-pneumonique, décrit par M. Pierry, de Lyon, et qui est caractérisé par la production simultanée d’un processus pneumonique et d’un hémothorax, qui ont une résolution lente. : La suppuration de l’hémothorax est une complication assez fréquente, elle apparait d'emblée avec tous ses signes généraux au maximum, ou s’installe progressivement. Dans les suppurations pleurales tardives et prolongées, le poumon se rétracte, à moins qu’il n’y ait des adhérences, et la plèvre réagit à Pinfection en s’épaississant ; cet épaississement pleural est très Important. Au point de vue fonctionnel dans la suite, la plèvre forme, en effet, une carapace rigide ne permettant pas au poumon de reprendre ses mouvements.
c) Corps étrangers du poumon. — [Les petits projectiles laissés dans le poumon sont assez bien tolérés, le tissu pulmonaire réagit faiblement autour, et il ne se forme pas de pus, cette tolérance est curieuse et fait que l’infection ne se traduit n1 par gangrène, ni par suppuration aiguë. Dans certains cas, cependant, le projectile est mal toléré à cause de son siège, il occasionne des douleurs, des hémoptysies, des foyers de suppuration et on est obligé d'intervenir dans la suite. On peut se demander si la tolérance du
poumon pour un petit projectile est définitive. Nous pensons que les blessés qui sont partis après le 20° jour avec un projectile mtrapulmonaire sans présenter de troubles peuvent être considérés comme ouéris et qu'il. y en aura très peu qui, dans la suite, seront mcommodés par la présence de ce corps étranger. Beaucoup de chirurgiens pensent qu'il n’y à jamais prescription pour l'infection tardive d’un foyer de contusion pulmonaire; pour eux, le projectile provoquera plus tard ou aggravera des troubles pulmonaires, et même s’il n’y a aucune réaction, sa simple présence diminuera le fonctionnement de l’organe. Nous pensons que, dans la plupart des cas, les projectiles intrapulmonaires, même assez volumineux, sont assez bien tolérés et bien que quelques-uns doivent être opérés dans la suite, ils bénéficient souvent de l’abstention.