‹ Plaies pénétrantes de poitrineChapitre 8 sur 16 · L..., Clotaire, 27 ans, blessé le 16 avril 1947, à · texte numérisé non relu

L..., Clotaire, 27 ans, blessé le 16 avril 1947, à

MAT Mu

20 heures, par éclat d’obus. Hospitalisé à 23 heures (3 heures). On constate une plaie en séton du thorax, orifice d'entrée en arrière, au niveau du bord spinal de l’omoplate gauche, orifice de sortie en avant dans le [II° espace intercostal droit, Dyspnée très forte, pneumothorax double, pouls filant à 130.

Intervention immédiate, fermeture des orifices du séton. Oxygène et toni-cardiaques. Mort le 17, à 5 heures, par asphyxie.

Os. XLVI. — ABSTENTION

C..., Pierre, 32 ans, blessé le 17 avril 1917, à 19 heures, par un éclat d’obus. Hospitalisé à 23 heures (4 heures). On constate un très gros délabrement de l’hémithorax droit, orifice de sortie très volumineux avec fracture des [V®, Ve et VI® côtes. Pas d’hémorragie. T'raumatopnée. Shock extrême.

Abstention. — Pansement ocelusif. Morphine et digitaline. Mort le 18, à 2 heures.

Os. XLVII. — INTERVENTION.

B..., Lucien, 22 ans, blessé le 19 mai 1917, à 4 heures, par un éclat d’obus. Hospitalisé à 7£heures (3 heures). On constate une plaie de 4 centimètres de diamètre en dehors de l’omoplate gauche. Shock extrême, forte dyspnée, érawmatopnée, pouls petit à 130. Pas d’hémorragie. On essaie en vain de relever l’état général. A la radioscopie, projectile volumineux sur le diaphragme à gauche.

Le,

Intervention. — On essaie, après extraction du projectile, de fermer la brèche, cause de la trauma topnée.

Mort le 20, à 3 heures, par asphyxie et sheck.

Ogs. XLVIII. — INTERVENTION.

S..., Jean, 24 ans, blessé 1623 "mai 19177 à 10 heures, par un éclat d’obus. Hospitalisé à 13 heures (3 heures). On constate une plaie en séton de l’hémithorax droit, avec gros délabrements au niveau de l’orifice de sortie, qui est antérieur. Shock extrême, dyspnée intense, traumatopnée.

Intervention (sans anesthésie). Fermeture du thorax après désinfection des plaies.

Décès à 22 heures.

Os. XLIX. — INTERVENTION

M..., Fernand, 29 ans, blessé le 26 mai 1917, à 18 heures, par éclats d’obus. Hospitalisé à 22 heures ‘ (5 heures). On constate : 1° une vaste plaie de la paroi thoracique au niveau du grand pectoral. Dyspnée intense, #raumalopnée, asphyxie, pouls petit à 130; 2° une plaie de l’avant-bras gauche. A la radioscopie, on voit un projectile dans le sinus costo-diaphragmatique, à droite de la colonne vertébrale. Pneumothorax droit, avec diaphragme immobile.

Intervention après avoir réchauffé et remonté le blessé. On désinfecte la plaie thoracique, extraction de l'éclat sous le contrôle de l’écran. Suture de la plaie thoracique. Le 29, ponction évacuatrice de 506 gram-

CNET

mes de liquide hématique. Evacué cicatrisé le 29 juin (33° jour).

O8s. L. — INTERVENTION

D..., Louis, 27 ans, blessé le 24 juin 1917, à 2 heures, par éclat d’obus. Hospitalisé à 8 heures (6 heures). On constate une plaie en séton du thorax, orifice d'entrée sur la ligne axillaire droite, orifice de sortie à gauche du sternum, V® espace intercostal. Traumatopnée intense par l’orifice de sortie. Forte dyspnée. Pouls petit à 140, pas d’hémorragie.

Intervention. — Suture des orifices sans anesthésie. Décès à 17 heures.

- OBs. LI. — INTERVENTION

P..., J.-B., 38 ans, blessé le 18 août 1917, à 8 heures, par éclat d’obus. Hospitalisé à 10 heures (2 heures). On constate : 1° une plaie en dessous du mamelon gauche, large de 3 centimètres environ. Pas d’orifice de sortie, trauwmatopnée formidable, dyspnée intense et cornage, pouls à 130; 2° gros fracas de l'épaule gauche. À la radioscopie : éclat à la base du cou, clarté anormale du champ pulmonaire gauche.

Intervention. — Extraction de l'éclat qui est intratrachéal, dépassant un peu la paroi latérale droite du conduit. Désmfection et fermeture de l’orifice d’entrée.

Evacué guéri le 28 septembre (41° jour), après avoir eu : subasystolie, cyanose, pouls filant, symptômes combattus par la digitaline et l’oxygène.

3 sé

ÉTIOLOGIE ET CLASSIFICATION

Dans la guerre actuelle, les plaies pénétrantes de poitrine sont produites par arme blanche ou par arme à feu. Les plaies par arme blanche sont une rareté, elles causent en effet des blessures tellement graves que la mort s’ensuit avant que le chirurgien ait pu être appelé à soigner le blessé. L'agent vulnérant est le plus souvent la ballle de fusil, la balle de schrapnell, l’éclat d’obus, de torpille ou de grenade.

Il peut sembler logique de classer ces plaies d’après la nuture du projectile, bien que souvent des plaies produites par des projectiles de nature différente présentent les mêmes caractères. De même, on a pu les classer en plaies borgnes, c’est-à-dire ne présentant qu’un orifice avec le plus souvent rétention du projecle dans le poumon ou la cavité pleurale, et en plaies perforantes où transfixiantes avec orifice d'entrée et . orifice de sortie.

Considérant le rôle important que joue la cavité pleurale dans tous les traumatismes thoraciques, nous sommes conduit à attirer l’attention sur deux grandes

variétés de plaies de poitrine, d’un pronostic absolu ment différent :

1° Les plaies avec thorax fermé;

2° Les plaies avec thorax ouvert.

Dans la première variété, les lèvres de la plaie se sont accolées, rabattues, l’orifice n’est plus que virtuel et le poumon reste dans des conditions anatomiques et physiologiques se rapprochant de la normale.

Si au contraire, la plèvre communique avec l’extérieur, 11 y a rupture de l’équilibre mtrathoracique et les troubles sont au maximum.

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