CHAPITRE V
Division ENTRE TOTEUHS ET PUPILLES (l),
D'&^PRÉs cette -division, chaque en&nt aranoé dans sa classe , e$t assis à côté de cefai qui lui est donné comme pupille; il lui explique ce qu'il sait déjà un peu plus que lui; il lui évite par-là de grandes difficultés , et il appreud lui-même mieux sa leçon , docendo docetur. L'amour-propre de IW est excité par cette prééminence qu'on lui a donnée sur son voisin, et l'émulation de l'autre l'est également pour sortir de cette espècede tutelle et devenir bientôt lui-même gouverneur d'un de ses camarades. Heu est ainsi dans la société. Quel est le grand enfant, nommé homme ,*qut n'a jamais joui avec un certain orgueil de la science qui lui a coûté hiea des larmes à acquérir au collège? Or, l'en&nt connaît déjà ce plaisir lorsqu'il est autorisé à enseigner ce qu'il vient d'apprendre ; il le fait avec autant de charme qu'un précepteur y trouve de dégoût. Je dirai plus, il le fait mieux ; car, étant plus près de la difficulté , il connaît mieux le moyen de la vaincre dans un autre. Il ne sait pas sa leçon mieux que son maître, mais il la sait autrement; il la sait dans la proportion de son intelligence et de son
(.) Dr. B.
. ^e^ et U la transniet à on antre de cette manière/
Tontes les mères de famille qui ont des enfans
de difTérens âges , ont observé combien Us aiment
à se reprendre l'on l'autre, à se corriger, et com-
1 bien les grands joaissent avec une sorte de pro-
I tectîon et de boute des maladresses des petits. Dans
I les famille» pauvres, les enfans «élèvent eux-mê-
I mes, se soignent , s'habillent, s'instroîsent , tandis
I que leurs parew sont occupés des travaux de leof
I profession.
I 11 est extraordinaire qu'un ^>ectacle que tout le I inonde a toujonre sous les^yeux, n'ait pas doninië I i^us tàt l'idée de l'appliquer à l'éducation publique/ I Je me rappelle qu'étant plus jeune , je demandais I à l'abbé de Tersan , savant distingué et modeste^ I ouelques reiiseignemens sur un point dîflicile d'ao- |,tiquîtéj il me répondit :*« Si yous voulez bien I connaître ce sujet , écrivez dessus. » Ce propos ^ K qai a l'air d'un paradoxe , a pourtant une sorte de I taison. En eflel, l'intérêt que l'on prend à une I fbose qu'on doit enseigner , oblige de l'étudiCT* m k fond, et fait oublier la peine que donnent les rer dierches. Il est tel de ces enfaus auxquels on en * donne un autre à instruire , qui étudie .■ïeul sa leçon pour être à même de l'apprcudre â son camarade , et qui l'eût peut-être négligée sans cela. Cette métUode 3 de plus l'avantage d'établir une surveilbnce d'individus à individus, qui facijite la surveillance géaéraK.