CHAPITRE VI
NOMINATION DES JNSTRUCTEURS ET DES 4S6ISTANS .mSTRUCTEDRS (l).
C'est de la nomination à ces 4eux fooctions que dépendent beaucoup les progrès que peinent faire les classes ; et le devoir des maîtres d'école est de s'assurer que les enfans qui y sont appelés sont en état de les bien remplir. Ils sont pour la classe entière ce que le tuteur est pour un seul individu. Leur office consiste à tenir les regards fixés sur leurs élèves, pendant qu'ils étudient, à les faire répéter ensuite , à savoir reprendre à propos ceux qui manquent , à encourageji les faibles , réprimander les paresseux , de manière à sccâlérer les progrès de tous., • ,
Dans la première formation d'une école , le tea' cher, ou instructeur, est choisi par les enfans euxmêmes^ qui connaissent ordinairement celui qui en sait plus qu'eux et qui est le pluâ capable de les instruire ; mais ensuite les nominations se font surl'in- .dication de l'instructeur de chaque classe. Celui-ci te choisit alors l'enfant qui peut le mieux l'aider
fODr.B.etL.
comme assLstant, et sitôt qu'il passe dans une autre classe, l'assistant le remplace comme instructeur, et se choisit à son tour an collaborateur. Les instructeurs qui mettraient peu d'intelligence ou de zèle flans leurs fonctions doivent être sur-le-champ replacés dans une classe supérieure , et on procédera h. un nouveau choix. Une objection â été faite contre cette méthode j c'est que les eufans qui doivent exercer l'enlplmd'instnicteur dans leur classe jusqu'à ce qu'il se im'me de nouveaux sujets capables de les remplacer, c'est-à-dire professer environ six mois , - perdent par-là leur temps, et tte suivent pas leurs études; mais il est facile de voir, au contraire, que cet exercice les confirme si bien dans l'étendue des connaissances de leur classe qui approchent beau- . coup de ce qu'ils doiveut apprendre après, qu'ils se trouvent bientôt au fait des études de la classe suiyante. On remarqué en effet que l'enfent qui a été ÎDStmctAir rattrappe ceux de la classe suptirieure au bout de très-peu de terni*, et qu'en somme il arrive âussitùtquelesautresàlafindesesétades.D'ailIem^, il est d'usage que le maître d'écoleautojtise les instruc- I teurs, qui sont des enfans plus rangés et plus sages ^ que les autres , à emporter chez eux les livres des ' classes supérieures, qu'ils étudient à leurs momens ! perduSj et qu'ils n'ont plus besoin que derépéter quel- 1 "quefois. Dans une école bien conduite , chaque en- ^t d' une classe supérieure doilêtre en état de diriger une classe inférieure. Mais comme il faut, outre Tins-
truclion, le talent d'enseigner, il n'y a qu'un certain nombre d'enfens qu'on choisit de préférence pour cet emploi. Les instructeurs indiquent à leur classe la leçon qu'elle doit e'tudier à chaque intervalle de temps. Les leçons doivent être très-courtes , afin de pouvoir être apprises et répétées prompteraent , el
B-iue l'attention des enfans ne soît pas fatiguée par une ongue étude. On remarque en efTet qu'ils apprennent plus facilement dix leçons courtes que deux longues, et qu'ils les retiennent mieux. Sitôt que les enfans sontrestéssur leurs bancs le temps nécessaire , iVÎls se rangent en rond , ainsi qu'il est marqué sur le Bplan , ayant les maios derrière le dos et tenant leurs ivres à l'endroit de la leçon. L'instructeur fait alors de commandement avec la main , et à ce igné les enfans tirent tous leurs livres et les portent evant eux. L'instructeur dit : Commencez ; l'enfant iii est à la tête de la classe dit le premier mot de la içon jusqu'à ce que l'instructeur dise : jéu suivant; t aloi-s l'enfant qui suit continue jusqu'à un pareil )mmandement , à moins que l'instructeur ne dise : Talte ; et alors tout cesse. Souvent l'instructeur intrrompt un enfant pour faire continuer la leçon par n autre qui ne vient pas après lui , ce qui les oblige sus à être attentifs; mais ce qui les y porte encore lus, c'est le droit qu'ils ont de se reprendre quand disent mal ou quand ils hésitent. Alors l'enfâiit i a repris se met à la place de l'autre , et gagne auant de places qu'il y a d'enfans entre lui et celui
tni*n a corrigé , si toutefois auctoi n'a prU ta parole pour faire la même correctioD. Cet usage tient en baleine toute la classe, et fait an véritable jeud'one étude sérieuse etpéiuble. D éloigne cette laogueur, cette perte de temps et ces distractioDs fréquentes qui ont lieu dans les andennes écoles (i). La leçon une fois dite, si elle est bien sue, c'est-à-dire, s'il ne s'est pas commis de fautes par plus de trois enfaos , la classe reioome à son banc pour en apprendre une 4utre i sinon , elle retourne également , mais pour étudier la même, et cela jusqu'à ce qu'elle soit pai^ ' fâîtement sue. De cette manière la totalité des enfàns marche du même pas , et il n'en est aucun , comme nous TaTonsdit (3) , qui ne sorte de l'école aussi instruit que les autres. La règle à observer pour les instructeurs et pour les maîtres d'école , est que les leçous données à apprendre aux élèves , dans quelques classes qu'ils soient , soJt qu'elles consistent ea mots, en lignes ou en phi-ases, ne tiennent pas plnt
(1) Si oD ralcubil le lemps que l'on perd au collège, pcDcbiU leï (l«&sts , ï faire des raiurds avec du papier , des bateaux , do lalières , à attraper des moudies qu'où tàcbe après avec un peOI
morceau de
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ÔDtr des figures qui ont une grosse tète de proGI aT face et de petites jambes , et beaucoup d'autres pi; celle force , ou verrait qu'un tiers eovirou^u Icmps consacré 1 TAude pa»c de U sorte.
faj Dr. B, et I,.
^de dix minutes à retenir , de nianière à ce qu'il n'y Uit pas un instant de perdu pour l'écolier et pour le fmaltre. Un des principaux devoirs des instructeui-s 'est d'avoir un registre où ils portent le nom des i,absens et de ceux qui viennent tard a recelé , qui négligent d'apprendre ou qui reçoivent mal les remontrances. Ce même registre doit comprendre également le nom de ceux qui méritent des récompenses et de l'avancement ; il est remis tous les jours après ]esclassesàrinspecteur,quiprcnd le résuméda toutes les classes , et fait un rapport général au maître d'école.
L'instructeur a soin également de marquer sur les cartes ou livres qui servent à sa classe , le jour du mois où les cartes et livres ont e'té commencés ; et l'état de ces livres comparé avec celui des r^istres donne la véritable situation des élèves et les progrès que chacun a faits. Ces registres ou états doivent être écrits sui- des cadres imprimés ou il n'y ait que le nom des élèves et la note qui les regarde à écrire enm^rge, ce qui se lâitpromptement : cette mesure sert à la fois aux enians instructeurs à apprendre l'ordi'e et la tenue de toute administration quelconque, et au maître à se rendre compte des progrès de chaque classe et de l'état de toute l'école.