CHAPITRE IX
EDUCATION DES FILLCS.
Si le système d'éducation que nous proposons es avantageux pour les garçons, eu leur apprenant proraptement, et commeparune espèce de jeu, tout ce qu'il est utile à un homme de connaître, il est encore plus important pour les filles de pauvres gens dont toute la fortune dépend des connaissances qu'elles acquièrent et des services qu'elles peuvent rendre dans les maisoas oii elles se placent. A l'exception de la servante commune, employée exclusivement, dans un grand établissement, à puiser de l'eau et à laver les corridors , et qui peut à peine suffire à cette fonction, il n'est pas une seule condition qiii ne laisse à une femme le temps de coudre, de travailler, et qui ne lui procure beaucoup d'avantages si elle peut se partager entre les soins du ménage, l'éducation des petits eufans , la tenue du linge et des magasins." Une femme peut alors gagner davantage el apporter en même temps une grande économie à ceux
I qui l'emploient , qui auraient besoin sans elle de
I deux personnes pour leur maison.
Dans les pays peu civilisés ou dans les colonies ,
I, les gens aisés ont un nombre considérable de do-
L mestiques; c'est -sans doute parce qu'ils ont les
, moyens de les entretenir , mais c'est aussi parce que les domestiques n'ont pas fe talent de les sci-vir. Il leur faut alors la quantité pour suppléer à la qualité. Chaque individu ae sait que la cliose à laquelle il s'est appliqué , l'un à fendre du bois, l'autre à laver la vaisselle. Cette multitude d'individus, se divisant le service auquel un seul su£ttrait , ressemble au genre de musique usité en Russie chez quelques grands seigneurs, où chaque musicien ne fait qu'un son ; l'unestleyàdièze de M, le comte de ***, l'autre le si bémol de M. le duc ***. Si un de ces malheureux faiseurs de notes est renvoyé de la maison où il sert, i! ne sait plusoiise placer, à moins que par hasard il n'y ait un son pareil vacant dans un autre endroît,ou qu'il ait le courage d'appi-endre une^utre note ; et il est toujours diflicile àcînquatite aus d'apprendre quelque chose, ne fût-ce qu'une note de musique. La division du travail , avec raison si vantée par les économistes , est en effet très-avautageose dans les travaux des champs ou dans les manufac-r tures où tout le temps est employé ; mais elle est la source de la fainéantise et du dérèglement dans les autres conditions de la vie. i . '. /
Les écoles des filles , comprenant l'apprentissage desdifférentes occupalionsdu ménage, doivent avoir une division différente dans les heures de travail. Il parait convenable de consacrer le raalîn , où il fait plus clair , au travail de l'aiguiiie , et le soir seulement à la lecture et à l'écriture. Les classes seront
aussi moins nombreuses, alia d'être plus facilement instruites.
Sitôt que ces enfkns seront assez avancés pour exécuter parfaitement un ouvrage quelconque , comme ourler, coudre des chemises, marques, faire des reprises , etc. , il est vraisemblable que les hafaitans des environs leur donneront de l'ouvrage de préférence , et les parens auront en peu de temps la sattsËiction de voir leurs en&ns s'instruire et commencera profiter^e leur Instruction. Il est à désirer qu'il se forme partout, comme en Angleterre , des comités de dames de la ville ou des environs qui veulent bien visiter souvent ces établîssemens et voir par elles-mêmes si les enfans sont divisés en autant de classes qu'il est nécessaire pour leur instruction ; si les surveillantes ou înstructrices font leur devoir j si elles reçoivent les récompenses qu'elles ont droit d'attendre , et si on fournit à l'école les aiguilles et chiffons nécessaires pour enseigner aux
■ plus jeunes.
Du reste tout ce qui a rapport à la discipline et '^
\ i'oi^anisation de ces écoles est semblable à ce qui se
' 'pr&tique dans celle des garçons.